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jeudi, 08 octobre 2009

1982, Les Stones .... Retour en FRANCE !!!

Cette fois, c’est vrai…

Ils arrivent
Enfin, l’Europe est annoncée par Mick Jagger

… C’est le 28 avril 1982, au cours d’une conférence de presse à la discothèque de Beat Route à Londres que Mick jagger annonce très officiellement la tournée européenne qui débutera en juin à Rotterdam. Ils se rendront en Hollande, en Allemagne, en Irlande, en Suède, en Grande Bretagne, en France, en Belgique, en Suisse et en Italie. Il aurait été demandé aux Stones de bien vouloir aller jouer au Portugal, en Yougoslavie ou en Hongrie ?
A noter que cette tournée aura lieu en même temps que la coupe du monde de football et que cela risque de poser quelques problèmes de disponibilité des stades dans certaines villes, notamment à Barcelone (concert annulé pour raison de sécurité ?), à Madrid (concert annulé puis déplacé) ou à Lyon (décision restée incertaine pendant plusieurs jours)!
C’est en fait le 26 mai qu’elle démarre en Ecosse, à Aberdeen ; le 2, ils sont à Glasgow, le 28 à Edimburgh ; le 31, une petite halte dans un club de Londres où ils jouent devant 400 personnes, manière de se mettre en jambes. Le 2 juin, ils débarquent enfin sur le continent et se produisent à Rotterdam, où ils donnent un second concert le 4, puis un troisième le 5. 6 et 7 juin les voient à Hanovre, puis vient le tour, le 8 de Berlin et les 10et 11 juin… Munich.

1982, PARIS,
L'hippodrome d'AUTEUIL


Le passage des Stones est annoncé à Paris pour les 13 et 14 juin à l’hippodrome d’Auteuil, avec en première partie Téléphone, J. Geils band, et George Thorogood.
La presse parisienne, cette fois ne tire plus à boulets rouges sur le groupe et va même jusqu’à nous offrir quelques éditos assez sympathiques. C’est ainsi que courant mai un quotidien annonce la venue des Stones avec ce titre assez rigolo :*** A chacun ses anglais. JOUEZ LES PREMIERS MESSIEURS LES STONES.---Faut-il haïr les Anglais ? Ils débarquent. Tout le monde aux abris : un monde fou a envahi les sous-sols du Forum des Halles pour prendre ses places. Ils débarquent, mais ce n’est pas la guerre, rien à voir, ils viennent comme ils sont déjà venus, pour notre bonheur, tous les cinq ou six ans, et ça fait un bail que ça dure, presque vingt ans.------ Les Rolling Stones viennent à Paris les 13 et 14 juin et c’est chaque fois pareil, on se met à raconter sa vie, parce que ces pierres qui roulent ont amassé nos souvenirs, si bien qu’à travers eux, et pour longtemps, toute une génération se reconnaît, se reconnaîtra. Une génération qui n’a donc aucune raison de haïr les Anglais. C’est à chacun les siens. Les nôtres, malgré leur nom, sont moins de pierre que Mme Tatcher. Pas assez Stoned, Mme Tatcher ? Ils ne vivent plus en Angleterre depuis un moment. Ce sont des Anglais pourtant et on leur doit tout. Alors du calme. Ecoutez plutôt. Messieurs les Stones, jouez les premiers. Vous restez les premiers.***Maurice Achard, NOUVELLES LITTERAIRES, 27 mai 1982.

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Un peu plus tard, dans d’autres colonnes éditées en juin, ce même hebdo rappelant à ses lecteurs la venue prochaine des Stones titre : *** ILS N’ ETAIENT PAS VENUS DEPUIS SIX ANS. ***. Suit un savoureux article que l’on aurait pensé plutôt lire dans des bouquins comme BEST ou ROCK et FOLK. *** “And now ladies and gentlemen, the world’s greatest rock n’roll band... The Rolling Stones !” Cela commencera comme ça. Cela commence toujours ainsi. Dans les cris et la fureur. Et lorsqu’ils attaqueront le premier morceau, vous n’entendrez rien, les hurlements couvriront tout. Mais ce ne sera pas important. Parce que les Rolling Stones, on ne va pas les écouter, on va les voir…. Jagger en train de faire sa folle, Keith Richard titubant, maintenu en équilibre par sa seule guitare, Bill Wyman comme absent, Charlie Watts, méchant et renfrogné, sans oublier Ron Wood et son air crétin. Imaginez un peu le chambard. Colossal. Indescriptible. Absolu. Apocalypse now. » Entrer dans une salle de concert, c’est comme débarquer en pleine guerre de Crimée. Les gens halètent, les seins jaillissent, les nanas suffoquent, les infirmières s’amènent en ambulance. Ca n’a l’air de rien, mais cent orgasmes qui parlent en même temps, ça fait un drôle de pétard. C’est bien simple, ça couvre la musique », explique Keith richard. Les Rolling Stones sont donc en ville pour deux jours. Et c’est un événement. Tremblement et excitation croissent. A la FNAC, on fait la queue pour acheter son billet…la nervosité atteindra son point culminant trente secondes avant le début. Jamais un groupe de rock n’a encore été capable d’engendrer une telle tension. Cela dure quelques secondes à chaque fois, mais c’est un rendez-vous dont on peut difficilement se passer. Là, palpables, il y a l’ivresse, la rébellion, le bonheur, la douleur, le jamais et le toujours, l’instant et l’éternel. Bien sur au fil des ans, les Rolling Stones sont entrés dans le rang, troquant, la quarantaine proche, leurs oripeaux de rebelles sans véritables causes pour des habits de gentlemen riches et cossus. Les voyous arrogants, libres et insolents se sont transformés en businessmen solides et compétents. Un peu de magie s’en est allée. Depuis quelques années, la musique n’a évidemment plus la même impétuosité, la même vigueur. Les Stones ne surprennent plus. Ils sont entrés dans la légende. Mais justement reste cette capacité à perdurer, ce génie à surfer sur le temps qui passe, pour sentir, avaler, digérer le moindre mouvement et ensuite se l’approprier. L’espace d’une génération. Plus que le « meilleur groupe de rock n’ roll du monde », ils sont le rock.. Allez les voir, c’est renouer avec ses racines.*** YANN PLOUGASTEL, NOUVELLES LITTERAIRES, 9 juin 1982.

Et ce même journaliste de demander à Mick jagger à la fin de son interview publiée ce jour-là : « Vous êtes désormais un homme d’affaires avisé. Vous faites du cinéma. Avez-vous encore quelque chose à voir avec le rock ? » eut la réponse suivante : « C’est toute ma vie. J’en fais depuis dix-huit ans, je ne fais pas de cinéma ni du théâtre, je ne fais que du rock n’ roll. L’argent, c’est important pour moi, mais la musique passe avant tout. ». Le micro ouvert fût tendu pour cette occasion vers certaines célébrités françaises « parisiennes » afin d’obtenir quelques mots après la grande question du moment : *** LES ROLLING STONES DEBARQUENT QU’EST-CE QUE CA VOUS FAIT ? » *** NOUVELLES LITTERAIRES.

Antoine De Caunes pense qu’un concert des Rolling Stones représente toujours beaucoup pour lui ; il dit que c’est toujours un événement quand ils viennent. C’est une institution qui ne peut être remis en cause que par la critique. Il dit aussi avoir appris l’anglais en lisant les paroles de leurs chansons. Pour sûr il ira les voir. Quant à Sylvie Vartan, elle trouve que ça prouve qu’ils tiennent le coup et que leur musique réunit toujours autant de monde, jeunes et moins jeunes. Etant de la même génération qu’eux, elle aimerait être aussi populaire. Attirer après vingt ans tant de monde est encourageant dans un métier comme le nôtre. Les Beatles, les Stones, elle aime les deux groupes. Elle ne sait pas si elle ira voir les Stones. Michel Jonasz, lui, les a vus pour la première fois en Grande Bretagne alors qu’ils étaient inconnus. Il aime en eux le blues mais n’a jamais été fou des Stones. La venue des Stones pour Pascal Sevran ne représente strictement rien pour lui. Même avec une place tranquille il n’écouterait que 2 ou 3 chansons --- la limite du supportable étant pour lui : 5 chansons --- Il y a vingt ans dit-il j’aimais déjà les chansons, donc je n’aimais pas les Stones. Les Stones c’est du rock… En revanche, il se serait volontiers déplacer pour aller voir si Mick était toujours aussi mignon !

Et enfin Philippe Manœuvre : *** C’est un grand soulagement. Ils nous boudaient depuis six ans. Ils étaient devenus une machine industrielle qui tournait uniquement aux Etats-Unis. C’est un des moteurs essentiels du rock. Quand ils sont loin, le rock est flageolant. Les Stones sont un baromètre qui prend la température du rock. Il n’y a personne d’autre : on ne peut plus compter sur les Sex Pistols ; il n’y a que le groupe Clash ; les Beatles ont disparu. Sans eux le rock va mal. Je suis très content de les revoir à Paris. J’ai toujours conspué leur tentative de vendre leurs albums en France sans jamais y faire de tournées : sans concert, ce groupe est mort. J’invite tous et toutes à y aller ; on ne peut pas leur tourner le dos, leur tirer la langue. Il faut y aller.*** Propos recueillis par CORINNE SCEMAMA, NOUVELLES LITTERARIRES, 9 juin 1982.

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V.S.D. (souvenez-vous, Vendredi, Samedi, Dimanche), ne voulant pas être en retrait, se joint à ses confrères et y va d’un petit papier :*** MICK JAGGER, KEITH RICHARD…. ET LES AUTRES.------ les Rolling Stones sont des survivants, des rescapés. Vingt ans après, de tous ces groupes qui, au début des années 60, balbutiaient une musique dont l’audience ne faisait que croître, ils sont les seuls à avoir tenu le choc. Les autres se sont séparés, ont sombré dans l’oubli, parfois les deux. Andrew Oldham, leur premier manager, l’homme qui a « fait » les Rolling Stones, avait écrit au dos de la pochette de leur premier disque : « Les Rolling Stones sont d’avantage qu’un simple groupe, ils sont une façon de vivre. » Le secret de la réussite des Stones réside peut-être dans cette phrase. Ils ont su rester unis.------ « Un pour tous, tous pour un » n’est sûrement pas leur devise. Mais que vous écoutiez leur premier ou leur dernier disque, une constante demeure : un titre des Stones, vous le reconnaissez à coup sûr. Il sonne d’une façon inimitable. Jagger et Richard pourraient composer et enregistrer seuls. Mais ils ont besoin des autres pour avoir la magie… Les Rolling Stones existent depuis vingt ans. Pour combien de temps encore ? *** YANN PLOUGASTEL, VSD, 10 juin 1982.

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La veille des deux concerts parisiens, c’est LIBERATION qui nous fait sa première page SPECIAL STONES avec les honneurs de la plume du boss, Serge July.*** A chaque fois, c’est l’évènement. Même les blasés, même les docteurs es-rock, qui depuis plus de dix ans s’en vont répétant c’est fini, doivent régulièrement rendre les armes : les Stones passent encore. Mieux, leurs scores en termes de foules vont s’améliorant avec le temps. Et chaque tournée est une reconquête : celle de l’Amérique puis celle de l ‘Europe. Une reconquête victorieuse. Une sorte de boule de neige incandescente qui traverse les pays occidentaux avec la puissance démiurgique d’un ouragan. L’armada des Stones qui a pris le vent à Philadelphie le 26 septembre dernier vient d’accoster en France. Et à nouveau, il a fallu inventer le lieu le plus gigantesque pour l’accueillir : Car les Stones en effet ne cessent de grandir.------ Le rock, la drogue et l’énergie, plus l’esprit d’entreprise c’est la recette des Stones, un miroir qui semble encore plus lumineux encore qu’hier. Et somme toute, plus réfléchissant. Chacun a en mémoire le slogan publicitaire de cette eau minérale « Buvez ! é-li-mi-nez ». Un concert des stones c’est l’élimination assurée d’un certain nombre de miasmes musicaux. C’est la santé bondissante pour la bonne et simple raison que le rock c’est d’abord la santé. Succès « naturellement » assuré dans les hippodromes. Reste la musique. Terriblement efficace et aussi intacte que ceux qui la jouent : et les dizaines de milliers de spectateurs qui se pressent à chaque concert aimeraient bien vieillir ainsi tout en restant intact, inaltéré par le temps, les déprimes, les fatigues et les abandons qui sont le lot quotidien de tout un chacun. “ that’s only rock n’roll, but we like it “*** .SERGE JULY, LIBERATION 12.13 juin 1982.

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Commentaires

bonjour,, je ne me souviens plus de la 1ere patie des stones en 2007 ;;,?? merci

Écrit par : perrin | samedi, 09 juillet 2011

bonjour,, je ne me souviens plus de la 1ere patie des stones en 2007 ;;,?? merci

Écrit par : perrin | samedi, 09 juillet 2011

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