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dimanche, 27 novembre 2011

1969, 6 décembre, le cauchemar d'Atlamont

Gimme shelter ; donne-moi un abri.

Il y a eu le festival de Woodstock, 3 jours de musique d’amour et de paix. Ou du moins, peut-être ce que l’on a bien voulu nous montrer. ***Woodstock s’inscrivait dans la lignée du désert vivant et le monde du silence, en plus le sujet était à la mode. n’ayez plus l’air d’un con, allez voir Woodstock, vous pourrez causer avec votre voisin de palier.*** SACHA REINS BEST N°32..

Il y a eu Atlamont !!!! Les Rolling Stones effectuent une tournée aux Etats Unis, la 6ème. Gimme Shelter (film sorti en cassette vidéo) montre les principales étapes de cette épopée. Et surtout relate cet incroyable festival d’Atlamont en Californie.

Jumping jack flash. Nous sommes au Madison square garden de New York. Mick Jagger, coiffé d’un haut de forme aux couleurs américaines, un foulard de soie rose autour du cou. La salle est archi-comble. Tout se passe à merveille ; I can’t get no Satisfaction. Il y a Satisfaction, toujours Satisfaction.

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Gimme shelter montre les 5 compères dans les hôtels, prenant possession de leurs chambres avec beaucoup d’agitation. Ils répondent aux questions des journalistes d’une façon désinvolte lors des conférences de presse. A la question êtes-vous satisfaits de votre carrière, Mick Jagger répond « du point de vue sexuel ou philosophique ? Un des grands moments de ce documentaire, c’est la séance d’enregistrement de Sticky fingers. Les Stones écoutent la bande. Les images nous montrent des musiciens amoureux de leur musique. Scène fantastique quand Keith Richard, allongé, les yeux mi-clos mime Wild Horses que chante Jagger. Il y a aussi le passage, sans doute le plus beau, où la poésie des Stones est savamment exploitée. Mick Jagger chante Love in vain, les images défilent au ralenti, découpant les gestes du chanteur que l’on voit en superpositions de face, de profil. La musique traîne, douce, merveilleuse.


Puis ce sont les préparatifs de ce concert gratuit qui devait avoir lieu à San Francisco et qui se voulait un nouveau Woodstock. On change plusieurs fois de cites (les autorités de la ville ayant refusé la permission de jouer dans le parc attenant au Golden gate bridge). Les avocats et autres hommes d’affaires des Rolling Stones s’affairent. Il y a les problèmes administratifs qui paraissent insurmontables (assurances, parkings, sanitaires, etc…), ça va très mal. Enfin l’autodrome d’Atlamont est choisi. Le propriétaire offre gratuitement le circuit de vitesse, à la seule condition de bénéficier de la publicité. Le podium est monté à la hâte. Les jeunes américains (the boys comme dit l’avocat à l’énorme cigare) sont déjà en route pour ce concert gratuit. Ce concert qui est un remerciement des Stones pour l’accueil triomphal qui leur a été réservé durant cette tournée. Des files de voitures s’étalent sur plusieurs kilomètres. Une foule immense qui marche pour se rendre là-bas. Les vendeurs d’herbes.
Le service d’ordre est assuré par les redoutables Hell’s Angels californiens ! Ces hirsutes barbus motorisés qui rappellent les sinistres nazis qu’ontconnu nos Parents. Ces individus qui ont pour dieu un monstre d’acier avec un moteur sans âme, et pour religion la violence sauvage et gratuite. Dès le début du concert on se sent mal à l’aise (pourtant, nous ne sommes que dans une salle de cinéma !),les Hell’s Angels se croient obligés,en pire que leurs homonymes policiers d’état, à faire respecter l’ordre ! Ils frappent notamment le chanteur de Jefferson Airplane qui assurait une première partie de ce show. Ils occupent constamment la scène arrogants, plein de suffisance, daignant de temps à autres, laisser un peu de place pour que les musiciens puissent jouer ? Les Hell’s Angels armés de queues de billard frappent systématiquement, avec rage, tous ceux, qui à leur goût, s’approchent un eu trop près du podium.

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Les Stones sont enfin sur scène. Il fait nuit. L’atmosphère est de plus en plus lourde, de plus en plus explosive. Nous sommes bien loin, très loin de cette ambiance de paix et d’amour que voudrait voir planer Mick Jagger (nous sommes le 6 décembre 1969, à quelques jours des fêtes de fin d’année). Les Stones jouent apparemment sans conviction, le cœur n’y est plus, la peur est sous-jacente. Sympathy for the devil ! On se bat devant le podium. Les stones arrêtent de jouer une première fois ! Mick réclame le calme en essayant quelques mots de plaisanterie « nous avons toujours des ennuis avec le diable ! ». les morceaux se succèdent mais Mick le showman, le violent, le rocker est immobile. Il ne saute pas comme il le fait à chaque concert. Les Stones sont nerveux, les Stones ne maîtrisent pas ! Rien ne va plus, ils ne sont plus maître du spectacle. Que faire ? Arrêter de jouer ou continuer le show ? Ils optent pour la continuation du concert. Ont-ils fait le bon choix, il fallait se décider vite. Interrompre le show c’eut peut-être, sûrement déclencher le détonateur qui aurait donné libre court à une gigantesque explosion de violence. Under my thumb. Ce qui va se dérouler est hallucinant. Le drame, ce Noir, vêtu d’un costume vert, qui revolver en main se précipite. Un Hell’s Angel le maîtrise, un autre a un poignard, il l’utilise, frappe. Un mort ! les Stones essaient vainement de ramener le calme. Ils sont crispés.

Ce groupe qui depuis ses débuts déclenche l’enthousiasme, voire l’hystérie des foules, est là, abasourdi. Les Stones sont stupéfaits, désemparés face à cette masse incontrôlable, indomptable. Ils sont pourtant rôdés aux publics houleux et à certains débordements. Les Stones, les Grands ont dû se sentir bien petits ce triste 6 décembre 1969. Le spectacle s’achève dans une atmosphère d’angoisse. Ce sont des Stones complètement affolés qui fuient cet endroit en s’engouffrant à qui mieux-mieux dans l’hélicoptère surchargé et les emmènent loin de ce cauchemar d’Atlamont, dont malheureusement il sera très souvent question dans les médias. *** l’hélicoptère personnel des Stones qui emporte le groupe après le concert semble quitter la terre où grouille une forme difforme, droguée, hurlant à la violence et à la mort, pour une planète lointaine où les dieux impuissants à aider le bonheur des mortels, pourront connaître l’indifférence en toute quiétude. Malheureusement, la planète lointaine n’est qu’une salle de montage où les dieux, solitaires et silencieux, revivent les évènements avec stupéfaction et dégoût. *** JACQUES PRAYER, EXTRA SEPTEMBRE 1971.
Les dernières images du film nous montrent un Mick Jagger visionnant le meurtre.

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Il mesure sans doute son impuissance, lui, le leader charismatique du groupe de rock le plus célèbre et le plus fascinant du monde depuis Elvis Presley. Ce film laisse une impression malsaine. Ces Hell’s Angels qui apparaissent sur leurs chevaux d’acier. Cette poignée de brutes saoules qui sèment la terreur envers des milliers depersonnes, venues se distraire. Cela amène à nous poser des questions qui dépassent largement le cadre d’un simple concert des Rolling Stones. Qu’est le fascisme, et où commence-t-il ? La principale cause du succès de l’aboutissement de ce fascisme naissant n’est-elle pas la passivité des individus ? *** Les protagonistes de Gimme Shelter ne sont pas, contrairement aux apparences, les Rolling Stones, mais une foule apathique, exubérante, mais jamais dangereuse, se laissant imposer par une minorité d’Angels, une loi de haine et de violence.*** JACQUES PRAYER EXTRA SEPTEMBRE 1971.

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Gimme shelter, donne-moi un abri ! d’accord, mais il faut se battre pour le garder cet abri.

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Commentaires

vraiment bien ton recit

Écrit par : pierrot le zygo | lundi, 17 avril 2006

Sauf que c'est le plus mauvais souvenir sur les ROLLING STONES....

Écrit par : Rockin'Daddy | lundi, 17 avril 2006

Salut, et bravo pour ton blog vraiment bien documenté, fouillé... du vrai boulot de passionné... j'étais aussi à nice et à marseille... et quel pied ! - je t'invite à faire un petit tour sur mon blog où je parle d'un groupe de potes: STICK-UP qui sont d'avignon et ont fait de la cover des Stones pendant plus de 20 ans: ils ont réalisé un super album qui sonne Stones, qui a le goût des ambiances des Stones (des compos perso) et que je t'encourage à découvrir... ci-joint l'adresse de leur site avec des extraits mp3... merci de ta future visite et encore bravo @+ http://www.time-waitsfornoone.blogspot.com/

Écrit par : Time Waits For No One | mardi, 12 septembre 2006

j aimerai avoir une affiche poster des annee 1969 1968 de la sortir du disque let it bleed de chez decca le poster et marquer decca et il et en couleure un des rolling ston a la pied en l air et la main sur le genoux en couleur

Écrit par : christian | dimanche, 05 août 2007

tjrs parfait!!
je savais pas que altamont est une piece close......par contre je ne crois pas que ce soit le chanteur de jefferson airplane qui a ete frappe car, c'est une chanteuse, et celui qui s'est fait frappe est le guitariste ... enfin je crois.....!!!


d'ailleurs les hells etaient aussi a woodstock, a hyde park et je crois que c'est JA qui a dit aux stoens de les embaucher.... enfin je crois....!!!

enfin , il y a tjrs une polemique sur le fait que meredith hunter est sorti une arme ou le couteau en question !

Écrit par : tom | vendredi, 19 juin 2009

Les commentaires sont fermés.