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mardi, 01 mars 2016

1966, de nouveau la France

La France accueille les Rolling Stones

En février 1966 ils se rendent à New York où ils participent à l’émission de télé-vision Ed Sullivan Show. Ils s’embarquent ensuite pour Sydney. Les Rolling Stones sont fêtés sous tous les horizons, U.S.A, Australie ou Nouvelle Zélande.

Mars 1966, les créateurs de Satisfaction effectuent une tournée européenne qui les conduit d’Amsterdam à Bruxelles, à Paris, Marseille, Lyon ou encore Stockholm ou Copenhague.

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En France, que ce soit à Paris,

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à Marseille ou à Lyon, l’accueil est enthousiaste. Il faut dire que dans les trois villes, les salles sont trop petites pour contenir les milliers d’amateurs des Rolling Stones voulant se rendre à leurs concerts.

Lyon ! 31 mars…..

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Il est 17 heures. Nous sommes, nombreux, devant le Palais d’hiver. En stationnement, il y a sept cars de C.RS et une Jeep avec radio. Que se passe-t-il ? Va-t-il y avoir dans les heures qui suivent une manifestation de rue organisée par un mouvement syndical ou politique ? Non, rien de tout cela. Il y a simplement à l’intérieur du Palais d’hiver trois à quatre mille spectateurs qui sont venus entendre et voir les Rolling Stones qui se produiront une première fois cet après-midi et donneront un second concert à 21 heures.

Vingt deux heures. Ils sont là. Mick, avec des lunettes noires (il a été blessé la veille à Marseille. Les spectateurs medium_1966_marseille.jpgont lancé des chaises sur la scène ???).

Brian avec son foulard de soie ressemble à une poupée ; il a l’air très fragile et sourit continuellement.

Keith, pâle et assez mince est à gauche de Mick qui saute et trépigne.

Bill est immobile, imperturbable, il mâche inlassablement son chewing-gum en toisant d’un air hautain et indifférent le public.

Charlie, là bas à sa batterie sur cette grande scène du Palais d’hiver (Dieu qu’elle a du leur sembler bien petite quelques années plus tard !).

Ils ont succédé à Antoine, lui qui se prenait pour Dylan et qui déclencha le délire des filles et de quelques garçons. Le spectacle se déroule dans une ambiance démentielle. Il y a des banderolles de bienvenue (dont la notre).

Not fade away, les Rolling Stones semblent en pleine forme. Il y a des chemises à fleurs plein la salle. Time is on my side, Think, les derniers succès sont écoutés pour la première fois en direct (live!). C’est sauvage, c’est bon , ça bouge. Beaucoup de garçons dansent sur les tables (même que certains tournent le dos à la scène).I’m alright, Jagger agresse la salle qui n’attend que ça bien sur. The last times, communion établie avec les Idoles. Brian Jones est ravi, Keith Richard ne fait pas de geste inutile.

Chez les Stones, tout paraît précis : la musique, le rythme. La batterie de Charlie Watts marque le tempo et annonce Get off of my cloud (fous le camp de mon nuage).

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Et puis, OUI, le tube ;

Satisfaction… I can’t get no!.... I can’t get no !

No... No...


Le rideau se ferme, la chanson n’est pas terminée. Et c’est alors que l’incroyable se produit. Le cordon de flics qui étaient devant la scène avancent en rangs serrés et nous chargent pour faire évacuer la salle. Il est hors de question de rester assis car les coups tombent. Les forces de l’ordre invitent gentiment tout le monde à sortir. Dehors, leurs collègues en pleine crise d’hystérie (il est vrai que la musique des Stones excite) nous reçoivent à bras ouverts, matraques en main !

Ils bousculent, hurlent, écument, tabassent, embarquent dans les cars ceux qui sortent du Palais d’hiver ou même ceux qui ne font que passer par là, simples curieux s’interrogeant de toute cette agitation
Pour témoin, ce pauvre gars, qui derrière moi, dans le car des flics, prit une raclée dont il a du se souvenir très longtemps. Il a eu la mauvaise inspiration de rentrer du cinéma en passant par là, et fut surtout mal inspiré de rouspéter lorsque les pendors en fureur le bousculèrent. J’eu un peu plus de chance que lui, car en montrant mes papiers, les 2 C.R.S qui m’encadraient fermement aperçoivent les cartes d’identité de Serge et Eddy, mes 2 fils. Je m’en tire sans mal, juste avec un sermon de ces 2 braves pères de famille qu’étaient ces 2 brutes. « comment, en père de famille…responsable…avec des enfants… peut-on être là pour ces chanteurs limite-voyous ? ». Néanmoins, la presse bien pensante et ses journalistes la représentant trouvait ses agissements des forces de l’ordre des plus sympathiques.*** …Bref, ça sentait la poudre, il y avait des cordons de police comme pour une « manifés » de rue, et une ambulance en « en cas ». Le Palais d’hiver pour la circonstance n’avait sorti la vaisselle d’apparat, ni ses nappes en fil et fil, et recevait, comme ça en copain, sans cérémonie. *** LUC TRASSOUDAINE, DERNIERE HEURE LYONNAISE.

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On est en droit de poser la question, comment réagiraient les publics de Brassens ou Brel (Brel que j'eu le plaisir de voir cette même année) si de tels procédés étaient employés envers eux lors d’un récital des deux artistes ?

Il faut aussi rappeler que l’année précédente (juin 1965), les Beatles s’étaient produits dans ce même Palais d’hiver, et qu’il n’y avait pas eu ce déploiement de forces. Est-ce à dire que les Rolling Stones sont considérés comme des hors la loi, ou bien comme un groupuscule extrémiste (mai 1968, c’était pour plus tard).

Après leur passage dévastateur en Europe, les Pierres qui roulent décident de retourner chez l’oncle Sam. Ce sera la cinquième incartade sur le continent américain, dont un journal, le New Musical Express a élu les Rolling Stones premier groupe de Rythm and blues (10 décembre 1966).

07:38 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rockin'daddy

Commentaires

Bravo pour ce blog qui ravive la jeunesse
Je voudrais revenir sur la sagesse des Lyonnais car j'étais ce soir là au palais d'hiver, et j'ai bien souvenir qu'après le passage d'Antoine, il n'y avait plus une table ou une chaise debout devant la scene, rien qu'un tas de bois casse et les gros bras qui tournaient autour de nous en roulant des yeux par contre rien pendant le concert des Stones inoubliable!!!
J'étais là aussi pour Brel et les Beatles
Dans le genre anthologie des Stones j'ai un ami à Paris, son bar s'appelle "Some Girls " rue de Lappe Quartier Bastille mais tu connais sans doute
c'est quand meme le seul qui m'ai ressorti l'album solo de Brian Jones
Salut

Écrit par : Charles | dimanche, 22 novembre 2009

On a la même passion! Les Stones, c'est les plus grands! Bonne soirée!

Écrit par : JiCé | lundi, 06 juin 2011

Les commentaires sont fermés.