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dimanche, 28 février 2016

1964, L'avènement ROLLING STONES

En septembre 1963, les Rolling Stones effectuent une tournée avec Bo Diddley et les Everly Brothers. Cette tournée sera un succès. Leur popularité auprès des teenagers va grandissante. Mais plus ils deviennent populaire auprès des jeunes, plus les parents les détestent. Ces mêmes parents qui supportent d’un air amusé les Beatles qui chantent de si belles mélodies.

*** Les Beatles, les sages, moralisent, prêchent la bonne parole. Les Stones, eux, passent à l’action et montrent l’exemple, à une époque où ils auraient certainement pu se laisser entraîner par leur envie de revanche après les affronts subis. Vous admettrez comme moi que les Rolling Stones ont toujours été considérés comme un groupe à scandale, même à l’époque où les Beatles malgré leurs cheveux outrageusement longs, faisaient figure de petits saints à coté de ces voyous de Stones. Depuis, ils ont été considérés par les tribunaux comme des boucs émissaires. Les Beatles étant les médaillés intouchables, les Stones trinquent. Il faut dire que la personnalité de ces cinq gaillards s’y prête. Mick se fait remarquer par son aspect lascif, son intelligence incisive et son cynisme forcé (c’est une arme pour contrer ceux qui leur veulent du mal). Keith, son air éthéré, absent, timide. Brian choque par son agressivité, son goût du scandale, son attitude révoltée, mais il paraît malgré tout lancer un clin d’œil complice une fois son coup d’éclat réalisé. Les deux autres Stones ont un aspect de Pères tranquilles. Leur modération et leur attitude réservée font encore plus ressortir les excentricités des trois autres. *** JOCELYNE BOURSIER de ROCK N’FOLK

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Janvier 1964, les Rolling Stones partent à travers l’ Angleterre. Pour la première fois ils occupent la tête d’affiche. Il sont accompagnés lors de cette tournée par un autre groupe the Ronnettes. Les Rolling Stones commencent à être connus. On les voit à Montreux (21 avril 1964) pour le festival international de T.V : La Rose d’Or. Puis à Wembley.

Les U.S.A ?… Nous sommes en juin 1964 (le 25 mars à LYON, EDDY 2ème du nom a pointé sa frimousse), de Hollywood à Detroit, les Rolling Stones sont la cause de remue-ménages ou de manifestations extra-musicales qui leur deviendront vite coutumières.

*** La police a arrêté une conférence de presse que les Rolling Stones donnaient au beau milieu de Michigan Avenue, centre de Chicago. Pendant que des fans hurlant se groupaient autour de ces cinq chanteurs anglais, la circulation risquait de s’arrêter. Un chef de police, en colère, cria « circulez ou nous vous enfermons tous. *** DAILY TELEGRAPH 12 juin 1964.

Néanmoins, cette tournée sera un échec, les Rolling Stones n’ont, semble-t-il, pas atteint le public américain. Août 1964, la Hollande, puis l’Islande…

Septembre 1964, de nouveau l’Angleterre, retour triomphal ; Mick, Brian, Keith, Bill, Charlie s’affirment de jour en jour comme de grandes vedettes internationales. Melody Maker du 10 septembre donne aux Stones le titre du groupe anglais le plus populaire. Luton, Cardiff, Liverpool (fief des Beatles), Hull, Manchester... Partout le même accueil délirant. 24 joueurs de rugby sont engagés un soir pour protéger les Rolling Stones contre l’ardeur destructrice de leurs fans.

Les Rolling Stones, ce groupe parmi tant d’autres : the Kinks, the Supremes, the Mandfred Man, the Zombies, the Shadows... ont en quelques disques conquit une popularité que beaucoup d’autres groupes aimeraient atteindre.

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C’est donc ce groupe qui est déjà célèbre et très controversé, ou plus exactement très critiqué, qu’attendent les Parisiens pour le 20 octobre 1964 à l'Olympia.

*** The Rolling Stones ont choqués les pays du monde entier comme James Dean et Marlon Brando à leur époque. En les voyant pour la première fois, le mot qui vient sur les lèvres est : « qu’est-ce que c’est encore que ces gueules d’impossibles » . *** DISCO REVUE du 3 octobre 1964.

Les Rolling Stones existent vraiment depuis un an à peine et déjà ils sont attendus avec les honneurs et les excès réservés aux grandes stars. Déjà on s’aperçoit que les Rolling Stones ne sont pas un groupe banal à la mode. Déjà il se dégage une fascination étrange et inexplicable ou inexpliquée qui leur est particulière. Avec les Rolling Stones il y a la musique et autre chose.

*** Mick/Brian/Keith/Bill/Charlie, ces noms sont porteurs d’images… Des tambourins, des marraccas, des harmonicas. Jagger/Jones/Richards/Wyman/Watts. Une façon minutieusement particulière de frapper dans ses mains en chantant, de tenir sa guitare ou sa basse, de brandir le micro. Mick/Brian/Keith/Bill/Charlie, jamais de sourires commerciaux. Des réponses évasives ou fantaisistes aux interwiews, des vêtements dépareillés sur scène, des attitudes provocantes pour certains. Mick Jagger, Brian Jones, Keith Richards, Bill Wyman, Charlie Watts. Des cheveux longs… Surtout des cheveux longs. Les Rolling Stones enrobent leur musique de tout un contexte. Ils créent un micro-folklore qui protégera leur art contre les ingérences nuisibles. Ainsi ils se démarquent. Ainsi ils démasquent l’incompétence et l’opportunisme. Ainsi ils drainent un public solide. Ce public, tout comme une foule d’autres musiciens, va bientôt adopter leur folklore. Il va défendre sa musique , puis toute sa personnalité marginale, avec les mêmes isolants, les mêmes révélateurs. Les cheveux vont pousser. Malgré un déballage significatif d’agressivité haineuse (que beaucoup d’entre vous, un jour, ont dû subir), les amateurs masculins des Stones et du Rock vont obstensiblement porter les cheveux longs. En leur présence, le bagarreur des fins de bals-musettes, le jeune-cadre-plein-d’avenir, les mémères aux enfants sains, les champions de la virilité, les gardes-chiourmes, les proxénètes en tout genre sentent confusément, perçoivent physiquement l’écroulement des pauvres valeurs auxquelles ils raccrochaient leur personnalité creuse. D’où leurs réactions. *** SACHA REINS , BEST n° 28.

Les Rolling Stones reçoivent à Paris un accueil fantastique, la presse parisienne ne leur fait cependant aucun cadeau. Les termes employés pour la circonstance étant, on s’en doute, peu enclins à la sympathie.

Qu’importe…

Devant l’Olympia, il y a des flics partout. A l’intérieur, les amateurs de Rock, les Rockers, vident de scène tout ce qui ressemble de près ou de loin à un YE-YE. Dick Rivers en fait les frais ! A la sortie du spectacle une rafle générale fait que des centaines de jeunes se retrouvent au poste.

Beaucoup de fauteuils ont été cassés. Le cyclone Rolling Stones est passé. Ils viennent en une soirée d’enthousiasmer les Parisiens. Mick, Brian, Keith, Bill, Charlie qui viennent de chanter Carol, un vieux truc de Chuck Berry deviennent aux yeux des Français le groupe numéro 1, devançant dans notre pays les Beatles.

Puis vint la deuxième tournée américaine. La réputation de voyous, de mauvais garçons à ne pas fréquenter était arrivée avant eux. Ce sera la cause de l’échec de cette nouvelle tournée car les Parents et les Autorités américaines font en sorte que leurs enfants ne puissent se rendre aux concerts des Rolling Stones. C’est ainsi que les Maires de Milwaukees et de Cleveland firent des déclarations à la presse et à la radio locale pour mettre en garde les Parents, car le tour de chant donné par les Rolling Stones était immoral. Nos cinq amis jouent dans des salles pratiquement vides. BRIAN JONES tombé malade, les Stones finissent à quatre, cela n’arrangeant rien non plus. Pourtant la tournée aussi peu fructueuse soit elle permet aux Stones de se faire connaître aux teenagers américains (qui achètent massivement l’album The Rolling Stones 12x5) la musique et le blues.

*** Car avant l’arrivée des groupes anglais et des Stones en particulier, le blues et le rythm and blues ne dépassaient jamais le cadre de l’auditoire de couleur. Aux Etats Unis, il existe des stations radio pour les Blancs et des stations radio pour les Noirs. Dans une certaine mesure, Mick, Keith, Brian, Bill et Charlie ont détruit un des aspects de la ségrégation des gens de couleurs outre Atlantique, ou pour être plus juste, ils ont vaincu une ignorance. Grâce à eux, on a vu des artistes Noirs prendre enfin la place qu’ils méritaient dans le hit national. Et Muddy Watters en prenait conscience lorsqu’il affirmait que les Stones sont ses fils spirituels. De même Louis Armstrong qui déclarait un jour que leurmusique était bourrée de swing. *** PHILIPPE RAULT de ROCK N’FOLK.

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09:21 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rockin'daddy

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