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jeudi, 17 septembre 2009

1976, les ROLLING STONES à LYON-GERLAND


9 juin 1976 ,

Palais des Sports de LYON-GERLAND

Et à Lyon ? … Il faut se rappeler que le 26 mai nous sommes allés applaudir une des Idoles des Stones (dont ils interprétèrent plusieurs titres à leurs débuts : Carol, Come on…), Mister Chuck Berry. la veille, toujours dans le même palais des sports de Gerland nous étions venus voir les WHO qui nous jouèrent de très larges extraits de TOMMY et QUADRIPHONIA.



Une foule dense agglutinée aux alentours du palais prouve si besoin était que le grand jour est arrivé.
Certains ont du arriver tard dans la nuit, et toute la longue journée d’attente avant l’ouverture de ce qui va devenir pour quelques heures le temple où officieront leurs satanics majesties. L’entrée dans la salle, après la fouille qui est devenue une coutume, se fait sans trop de soucis. C’est donc sans encombre que nous nous retrouvons dans cette grande salle ultra-bondée. Nous découvrons au-dessus de nos têtes, suspendu au plafond, un immense miroir qui traverse la salle de part en part… la première partie est assurée par un groupe dont j'ai oublié le nom; je dois dire que je ne me déplacerais pas pour aller le voir (j’allais dire applaudir) en concert. Comme quoi on peut aimer les Stones et ne pas partager complètement les mêmes goûts.

Arrive l’entrée des Stones avec le déluge de lumières dorénavant incontournable dans les concerts. En fait les projecteurs sont placés derrière le mur d’amplificateurs (qui servira au cours du concert de passerelle à Mick Jagger), et lancent leurs jets de lumière contre le miroir qui renvoie les lasers de toutes les couleurs, tels des rayons de défense anti aérienne qu’ont connu nos parents pendant la sinistre période que l’on sait, pour éclairer les Stones en retour. Les Rolling Stones nous offrent un panaché de morceaux anciens comme Gimme Shelter, Street fighting man, et de titres plus récents issus pour la plupart de leur dernier album : Fool to cry ou Hot stuff. Coté scénique le plus étonnant, voir gênant, c’est incontestablement Mick Jagger, qui ce soir s’est pris pour LA grande folle du rock n’ roll Little Richard.

Mick Jagger l’androgyne apparaît vêtu d’un pantalon collant et d’une extravagante cape verte, bordée de rouge laissant apparaître le torse nu. Il est outrageusement maquillé, poudré, fardé comme une Honky tonk woman. Il joue les prostituées, se faisant de l’air avec un éventail, en feignant une cour assidue à Billy Preston (pendant le concert, il était aux claviers comme accompagnateur) venu le rejoindre le temps de chanter Hey Negrita dont on se serait volontiers passé. Il nous étonna tout au long de cette soirée où seront servis dans le désordre : Jagger se balançant au bout d’une corde au-dessus du public des premiers rangs, le dragon de décor en carton pâte au bout de son tuyau en plastic , ou encore le pénis géant qui après s’être gonflé pointe sa gueule vers le ciel avant que Mick ne l’enjambe pour une chevauchée épique alors qu’il chante Star fucker et que le phallus nous crache une multitude de confettis ; Au final, les spectateurs de devant la scène recevront un seau d’eau jeté par Mick lors de son salut….

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C’est vrai que pendant ces quelques moments, on s’est un peu éloigné de la musique rock n’ roll…. A noter que pour la première fois, nous n’avions plus fait l’erreur d’être dans la fosse, mais sagement assis dans les gradins….

Ce fut quand même une grande soirée, dehors, nous avons retrouvé la grisaille du train-train quotidien qui nous attendait pour demain. C’est avec une certaine fébrilité que nous feuilletons LE PROGRES qui nous livre ses impressions sur ce concert ; *** Pour les amateurs de musique rock et pop, c’était hier soir sans aucun doute une date marquante. Les Rolling Stones se produisaient au Palais des sports à Lyon et comme dans toutes les villes visitées au cours de leur actuelle tournée européenne, ils ont joué à guichets fermés. Des faux billets avaient été distribués et l’on craignait des violences. Mais si ce n’est quelques heurts individuels, aucun acte grave ne fut à déplorer.------Treize ans après avoir connu leur premier succès, les Stones sont fidèles à leurs sources, ils restent dans leur musique, leurs textes et leurs jeux de scène, vibrants, parfois touchants et délibérément provocants.------Les Stones, c’est presque du classique…. Et les 15 000 spectateurs l’ont écouté chanter des succès anciens ou plus récents avec calme, presque religiosité. La grande majorité de ces spectateurs étaient très jeune : nombre d’entre eux devaient tout juste marcher quand les Stones montèrent sur les planches. Et ces jeunes-là ne les écoutent certainement pas comme les jeunes, il y a 10 ans. C’est la preuve que les Rolling Stones ont su bien vieillir.*** PATRICK EBERHARD, LE PROGRES, 10 juin 1976.

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On retrouve les Rolling Stones en août au festival de Knebworth, dans la grande banlieue de Londres. Ce festival réunit 200 000 personnes et les Stones interprètent une trentaine de chansons pour un concert de défonce de près de 3 heures. Rock et Folk était là pour nous.***Il fallait hélas traverser la Manche pour se joindre à quelque fête galante. Knebworth en fut une et des mieux réussies. Surtout quand la nuie venue, ILS démontrèrent en un show fantastique qu’on les avait enterrés un peu vite.----- il est plus de minuit. La massa immense remue dans l’ombre, et c’est déjà trop d’attente dans le bleu perlé. On espère les Stones, on sait le prix des minutes avant eux, et même on les savoure. Mais trop, c’est trop.. Alors, à son sommet, l’attente au-dessous de la scène se gonfle en une gigantesque lèvre supérieure, gavée de rouge, et l’avant-scène en langue tirée jusqu’au château ou presque. Musique de foire, qui décroît, et le meneur de jeu, tout doux qui chuchote un extatique « Ladies and gentlemen, the Rolling Stones », cette lâche provocation. Juste les projecteurs sur le groupe qui envahit l’espace, Keith, guitare dans la hanche, grimace alléchée, et tout de suite un grand écart, les épaules aux oreilles , LE riff de guerre, l’inattendu riff de toutes nos guerres depuis dix ans, et au bout du chemin, là-bas, droit, très loin, l’autre silhouette d’avant hier, Jagger en blouson noir et pantalon de soie, cuir aux épaules, émeraude aux jambes, qui petit-patte, les main sur les yeux, en aviateur, vite, plus vite, jusqu’au grand pied dressé sur le parjure : SATISFACTION ! Oh non bien sûr qu’il ne peut pas l’obtenir, il n’est plus temps, et c’esttellement la balle perdue que les deux cent mille têtes en flanchent, touchées par surprise.------ Je ne sais pas si ce concert fut le dernier des Rolling Stones, et je m’en fiche. Si oui, tant pis, sinon que les prochains soient ne serait-ce qu’un dixième aussi grandioses. On ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut, mais on peut s’en donner une idée : que le rock, comme ce soir à Knebworth, tire sa langue rougeoyante au vieux monde, ou qu’on l’oublie. *** FRANCOIS DUCRAY, ROCK ET FOLK ? Octobre 1976.

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Quant à nous, nous réalisions que nous avions déjà pris de très mauvaises habitudes d’apprécier les bonnes choses que nous souhaiterions être sans fin : 31 mars 1966…., 3 octobre 1970….., 9 juin 1976……
Alors on s’est dit, pourquoi serait-ce fini ?

En fait, on attendait déjà la prochaine tournée européenne qui passera, pour sûr, à Lyon.

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08:20 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : loisirsculture, livre

Commentaires

Bonjour,
Bravo pour ce site consacré au greatest rock'roll band in the world. J'avais 20 ans à l'époque de ce concert au Palais des Sports de Lyon en juin 76. Ce jour là, j'ai pris la claque de la vie. Cela fait peut-être un peu vieux schnoque d'évoquer cela mais depuis je n'ai jamais vraiment raccroché et n'ai pas le souvenir d'avoir manqué des concerts en France. En juillet 95 je faisais même partie des privilégiés assistant au show de l'Olympia. ce fut ensuite le Licks World Tour 2002 puis le Bigger Bang Tour. I know it's only rock 'n roll but i like it.

Écrit par : James "Rolling Stones" | mercredi, 05 mars 2008

Pour la petite histoire c'était les Meters qui étaient en première partie pour le concert des Stones du 09/06/76 au palais des sports de gerland.

Écrit par : beyssac | mardi, 10 juin 2008

J etais aller voir les stones a nice en été 1976. L ambiance etait tendue et des incidents eclatérent. La crainte d un nouvel altamont angoissait les spectateurs.J avais aussi assisté au concert a paris aux halles de la villette . ambiance plus relax!

Écrit par : guy faraut | mardi, 15 mai 2012

A noter que les enregistrements des prestations des Meters à Lyon et Nice viennent de faire leur apparition sur le Net.
Prestations plus qu'honorables qui me font dire que les fans des Stones furent à l'époque un peu durs avec les Meters...

Écrit par : Nanker | samedi, 14 février 2015

en effet les meters a nice furent bombardés de projectiles mottes de terre etc.. le service d ordre de kcp fut obligé de charger sur les premiers rangs ce qui provoqua un vent de panique very bad trip

Écrit par : guy faraut | jeudi, 20 août 2015

Les commentaires sont fermés.