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jeudi, 27 mars 2008

1982, les Stones à GERLAND !!! Mésentente ...

1982, ... Et... Au stade de GERLAND !
...LYON, l'avant concert


Dès le 29 mai, nous apprenons en parcourant nos journaux que l’organisation ,du concert des Rolling Stones prévu au stade de Gerland, le 16 juin, rencontre un certain nombre de difficultés face à une levée de boucliers des footeux de Lyon partis en croisade pour défendre leur pseudo-sacro-sainte pelouse.
Et malgré le fait, que de nombreux concerts aient eu déjà lieu dans le Palais des sports (entres autres, ceux des Stones en 1970 et 1976), sans incidents, il est toujours difficile, notamment à Lyon, de faire accepter l’utilisation d’un stade pour une autre manifestation qu’un match de foot (au cours duquel, en général, les supporters se tapent sue la gueule, pendant et après). La réalisation du Stade de France quelques années plus tard leur donnera définitivement tort.

C’est pourquoi nous pouvons lire : « LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND. UN TERRAIN DE MESENTENTE. » ***Les Rolling Stones à Gerland le 16 juin. Un terrain de mécontentement. ------Gerland ne risque-t-il pas d’être transformé en véritable champ de foire, et son terrain d’honneur balayé par le souffle dévastateur d’un public en folie ? « On nous a annoncé l’arrivée des Rolling Stones sans que le moindre accord n’ait été donné par la municipalité » s’étonne le docteur Genety, adjoint aux sports dans la municipalité lyonnaise, scandalisé par cette manœuvre : « Nous sommes victimes d’une campagne d’intoxication de la part des garçons du show business ». *** LE PROGRES, 29 mai 1982.

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Ainsi, à quelques jours de la date prévue, on subissait encore un combat d’arrière garde mené par les sportifs de Lyon. En fait, ne trouvant pas les moyens de pouvoir faire interdire, ils cherchent à contourner en présentant des raisons, pour le moins fallacieuses et d’argumenter avec des propos plus cons les uns que les autres. ***Feu vert…, ou rouge pour cette « première » dans la région Rhône alpes ? « Aucune décision n’a été prise pour l’instant » se borne-ton à déclarer du coté de l’hôtel de ville de Lyon. Seul les sportifs, ceux qui fréquentent Gerland demeurent opposés au déroulement de cette soirée inédite. Un terrain de foot-ball, fut-il municipal, n’a rien à voir avec un théâtre de verdure ou une attraction.------ De la musique Pop à Gerland, certes, mais pourquoi pas un combat de boxe à l’opéra ou à l’auditorium ? A chacun, par conséquent sa vérité et son terrain. Les décibels et le ballon rond n’ont jamais fait bon ménage.***BERNARD PUILLET, LE PROGRES, 29 mai 1982.

Le 3 juin, avec le droit de réponse accordée le même Progrès titre : ROCK; LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND. UNE MISE AU POINT DES ORGANISATEURS. Les organisateurs de la tournée, confirment qu’il y avait eu accord préalable avec les affaires culturelles ! Foot ? C’est-il au rayon culturel, Môssieur ? *** Mis en cause par le docteur Genety au sujet de l’organisation du concert des Rolling Stones, Jean-Pierre Pommier, organisateur local pour le compte de KCP à Paris, tient à répondre point par point à ces accusations. « Il serait absurde de croire que nous aurions pu annoncer un tel événement (qui va attirer 50 000 spectateurs et pas 30 000, sans l’accord préalable de la municipalité. Cet accord verbal, nous l’avons obtenu par l’intermédiaire de la division des affaires culturelles de la ville de Lyon. Mick Jagger a annoncé le concert à Gerland et nous avons lancé la billetterie et la publicité. ------ Je tiens à préciser enfin que si à Paris ce n’est pas le parc des princes qui a été choisi, c’est pour une raison technique bien précise : l’accès à la pelouse ne peut se faire que par le tunnel qu’empruntent les joueurs et il était impensable d’y faire passer des milliers de spectateurs». Voilà qui méritait d’être dit. Il semble également inutile de dramatiser cet événement : le public rock n’a rien d’une horde sauvage et dévastatrice. Et ces dernières années, les concerts des Stones se sont toujours déroulés dans le calme. Enfin en matière de violence et de dégâts causés dans les stades, le public sportif a montré en plus d’une occasion, qu’il était autrement redoutable que les amateurs de décibels. *** YVON RONDU, LE PROGRES, 3 juin 1982.

Le même 3 juin, l’autre grand quotidien rhône-alpin nous annonce : ***LES « STONES » A GERLAND AU STADE DE GERLAND LE 16 JUIN. C’EST CONFIRME ! LA BANDE A MICK JAGGER SERA PERCHEE SUR UNE SCENE DE 20 METRES DE HAUT. La venue des Stones au stade de Gerland aura constitué une sérieuse pomme de discorde au sein de la municipalité. Mr Jean Genety, adjoint aux sports, était farouchement opposé à la venue de la bande à Jagger le 16 juin prochain. Il l’a dit haut et fort, expliquant qu’il s’agissait d’une campagne d’intoxication et que l’accord n’avait pas été donné. Les raisons de sa colère : l’envahissement du stade et les risques encourus pour la pelouse sacrée. Pourtant les Stones seront bel et bien là , installés sur une scène de 20 mètres de haut ! Me Joannes Ambre a obtenu l’accord de M. Francisque Collomb et hier les organisateurs parisiens et locaux tiraient des plans sur la comète… Depuis les tribunes du temple de foot-ball. ------Viendront, viendront pas, Les plus folles rumeurs ont couru au sujet du concert exceptionnel qui sera donné à Lyon par les Rolling Stones le 16 juin. Il y a quelques jours M. Jean Genety, adjoint au maire avait jeté le pavé dans la mare ! Catégorique il avait lancé : « La municipalité n’a pas donné son accord. C’est une intoxication. Un coup de bluff bien organisé ! ». Déjà les fans se lamentaient. ------ Désormais, l’affaire est réglée. Les Stones évolueront bel et bien dans le cadre prestigieux de Gerland sur une scène de 20 mètres de haut ! Pour la petite histoire, signalons que pendant quatre jours 150 personnes travailleront 24 heures sur 24 pour installer des tonnes de matériel. On parle de 18 semi-remorques ! De mémoire de Lyonnais, on n’avait jamais vu ça. ------ Ce n’est pas tout. Le soir du concert, 150 employés de Securidog’ seront chargés du bon déroulement de la fête sans compter le « bataillon » de policiers. Au total 400 personnes travailleront pour les Rolling Stones. Qui dit mieux ? *** JEAN PIERRE GUILLOT, LYON MATIN, 3 juin 1982. le 15 juin,

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La veille du concert, et du match de coupe du monde France-Angleterre, Lyon Matin nous gratifie d’une pleine page :*** 50 000 PERSONNES ATTENDUES DEMAIN SOIR A GERLAND POUR LE TRIOMPHE DES ROLLING STONES. Qui dit Stones dit mythe ! Même John Lennon considérait le phénomène comme plus qu’étonnant. « La chose extraordinaire, ce n’est pas la séparation des Beatles : c’est au contraire que les Stones soient toujours là ». La phrase est de lui.------Drôle de mercredi tout de même. Lorsque les teen-agers enrobés (le poids des ans !) assiègeront le stade, la bande à Platini, elle, attaquera une bataille de tranchée contre les footballeurs d’outre manche. Dans les annales, pour ne pas faire de jaloux, on marquera cette date de deux croix : l’une pour les « coqs », l’autre pour les « cinq épouvantables singes » (titre de la presse anglaise en 1964) devenus milliardaires.

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mercredi, 26 mars 2008

1982, Les Stones .... Retour en FRANCE !!!

Cette fois, c’est vrai…

Ils arrivent
Enfin, l’Europe est annoncée par Mick Jagger

… C’est le 28 avril 1982, au cours d’une conférence de presse à la discothèque de Beat Route à Londres que Mick jagger annonce très officiellement la tournée européenne qui débutera en juin à Rotterdam. Ils se rendront en Hollande, en Allemagne, en Irlande, en Suède, en Grande Bretagne, en France, en Belgique, en Suisse et en Italie. Il aurait été demandé aux Stones de bien vouloir aller jouer au Portugal, en Yougoslavie ou en Hongrie ?
A noter que cette tournée aura lieu en même temps que la coupe du monde de football et que cela risque de poser quelques problèmes de disponibilité des stades dans certaines villes, notamment à Barcelone (concert annulé pour raison de sécurité ?), à Madrid (concert annulé puis déplacé) ou à Lyon (décision restée incertaine pendant plusieurs jours)!
C’est en fait le 26 mai qu’elle démarre en Ecosse, à Aberdeen ; le 2, ils sont à Glasgow, le 28 à Edimburgh ; le 31, une petite halte dans un club de Londres où ils jouent devant 400 personnes, manière de se mettre en jambes. Le 2 juin, ils débarquent enfin sur le continent et se produisent à Rotterdam, où ils donnent un second concert le 4, puis un troisième le 5. 6 et 7 juin les voient à Hanovre, puis vient le tour, le 8 de Berlin et les 10et 11 juin… Munich.

1982, PARIS,
L'hippodrome d'AUTEUIL


Le passage des Stones est annoncé à Paris pour les 13 et 14 juin à l’hippodrome d’Auteuil, avec en première partie Téléphone, J. Geils band, et George Thorogood.
La presse parisienne, cette fois ne tire plus à boulets rouges sur le groupe et va même jusqu’à nous offrir quelques éditos assez sympathiques. C’est ainsi que courant mai un quotidien annonce la venue des Stones avec ce titre assez rigolo :*** A chacun ses anglais. JOUEZ LES PREMIERS MESSIEURS LES STONES.---Faut-il haïr les Anglais ? Ils débarquent. Tout le monde aux abris : un monde fou a envahi les sous-sols du Forum des Halles pour prendre ses places. Ils débarquent, mais ce n’est pas la guerre, rien à voir, ils viennent comme ils sont déjà venus, pour notre bonheur, tous les cinq ou six ans, et ça fait un bail que ça dure, presque vingt ans.------ Les Rolling Stones viennent à Paris les 13 et 14 juin et c’est chaque fois pareil, on se met à raconter sa vie, parce que ces pierres qui roulent ont amassé nos souvenirs, si bien qu’à travers eux, et pour longtemps, toute une génération se reconnaît, se reconnaîtra. Une génération qui n’a donc aucune raison de haïr les Anglais. C’est à chacun les siens. Les nôtres, malgré leur nom, sont moins de pierre que Mme Tatcher. Pas assez Stoned, Mme Tatcher ? Ils ne vivent plus en Angleterre depuis un moment. Ce sont des Anglais pourtant et on leur doit tout. Alors du calme. Ecoutez plutôt. Messieurs les Stones, jouez les premiers. Vous restez les premiers.***Maurice Achard, NOUVELLES LITTERAIRES, 27 mai 1982.

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Un peu plus tard, dans d’autres colonnes éditées en juin, ce même hebdo rappelant à ses lecteurs la venue prochaine des Stones titre : *** ILS N’ ETAIENT PAS VENUS DEPUIS SIX ANS. ***. Suit un savoureux article que l’on aurait pensé plutôt lire dans des bouquins comme BEST ou ROCK et FOLK. *** “And now ladies and gentlemen, the world’s greatest rock n’roll band... The Rolling Stones !” Cela commencera comme ça. Cela commence toujours ainsi. Dans les cris et la fureur. Et lorsqu’ils attaqueront le premier morceau, vous n’entendrez rien, les hurlements couvriront tout. Mais ce ne sera pas important. Parce que les Rolling Stones, on ne va pas les écouter, on va les voir…. Jagger en train de faire sa folle, Keith Richard titubant, maintenu en équilibre par sa seule guitare, Bill Wyman comme absent, Charlie Watts, méchant et renfrogné, sans oublier Ron Wood et son air crétin. Imaginez un peu le chambard. Colossal. Indescriptible. Absolu. Apocalypse now. » Entrer dans une salle de concert, c’est comme débarquer en pleine guerre de Crimée. Les gens halètent, les seins jaillissent, les nanas suffoquent, les infirmières s’amènent en ambulance. Ca n’a l’air de rien, mais cent orgasmes qui parlent en même temps, ça fait un drôle de pétard. C’est bien simple, ça couvre la musique », explique Keith richard. Les Rolling Stones sont donc en ville pour deux jours. Et c’est un événement. Tremblement et excitation croissent. A la FNAC, on fait la queue pour acheter son billet…la nervosité atteindra son point culminant trente secondes avant le début. Jamais un groupe de rock n’a encore été capable d’engendrer une telle tension. Cela dure quelques secondes à chaque fois, mais c’est un rendez-vous dont on peut difficilement se passer. Là, palpables, il y a l’ivresse, la rébellion, le bonheur, la douleur, le jamais et le toujours, l’instant et l’éternel. Bien sur au fil des ans, les Rolling Stones sont entrés dans le rang, troquant, la quarantaine proche, leurs oripeaux de rebelles sans véritables causes pour des habits de gentlemen riches et cossus. Les voyous arrogants, libres et insolents se sont transformés en businessmen solides et compétents. Un peu de magie s’en est allée. Depuis quelques années, la musique n’a évidemment plus la même impétuosité, la même vigueur. Les Stones ne surprennent plus. Ils sont entrés dans la légende. Mais justement reste cette capacité à perdurer, ce génie à surfer sur le temps qui passe, pour sentir, avaler, digérer le moindre mouvement et ensuite se l’approprier. L’espace d’une génération. Plus que le « meilleur groupe de rock n’ roll du monde », ils sont le rock.. Allez les voir, c’est renouer avec ses racines.*** YANN PLOUGASTEL, NOUVELLES LITTERAIRES, 9 juin 1982.

Et ce même journaliste de demander à Mick jagger à la fin de son interview publiée ce jour-là : « Vous êtes désormais un homme d’affaires avisé. Vous faites du cinéma. Avez-vous encore quelque chose à voir avec le rock ? » eut la réponse suivante : « C’est toute ma vie. J’en fais depuis dix-huit ans, je ne fais pas de cinéma ni du théâtre, je ne fais que du rock n’ roll. L’argent, c’est important pour moi, mais la musique passe avant tout. ». Le micro ouvert fût tendu pour cette occasion vers certaines célébrités françaises « parisiennes » afin d’obtenir quelques mots après la grande question du moment : *** LES ROLLING STONES DEBARQUENT QU’EST-CE QUE CA VOUS FAIT ? » *** NOUVELLES LITTERAIRES.

Antoine De Caunes pense qu’un concert des Rolling Stones représente toujours beaucoup pour lui ; il dit que c’est toujours un événement quand ils viennent. C’est une institution qui ne peut être remis en cause que par la critique. Il dit aussi avoir appris l’anglais en lisant les paroles de leurs chansons. Pour sûr il ira les voir. Quant à Sylvie Vartan, elle trouve que ça prouve qu’ils tiennent le coup et que leur musique réunit toujours autant de monde, jeunes et moins jeunes. Etant de la même génération qu’eux, elle aimerait être aussi populaire. Attirer après vingt ans tant de monde est encourageant dans un métier comme le nôtre. Les Beatles, les Stones, elle aime les deux groupes. Elle ne sait pas si elle ira voir les Stones. Michel Jonasz, lui, les a vus pour la première fois en Grande Bretagne alors qu’ils étaient inconnus. Il aime en eux le blues mais n’a jamais été fou des Stones. La venue des Stones pour Pascal Sevran ne représente strictement rien pour lui. Même avec une place tranquille il n’écouterait que 2 ou 3 chansons --- la limite du supportable étant pour lui : 5 chansons --- Il y a vingt ans dit-il j’aimais déjà les chansons, donc je n’aimais pas les Stones. Les Stones c’est du rock… En revanche, il se serait volontiers déplacer pour aller voir si Mick était toujours aussi mignon !

Et enfin Philippe Manœuvre : *** C’est un grand soulagement. Ils nous boudaient depuis six ans. Ils étaient devenus une machine industrielle qui tournait uniquement aux Etats-Unis. C’est un des moteurs essentiels du rock. Quand ils sont loin, le rock est flageolant. Les Stones sont un baromètre qui prend la température du rock. Il n’y a personne d’autre : on ne peut plus compter sur les Sex Pistols ; il n’y a que le groupe Clash ; les Beatles ont disparu. Sans eux le rock va mal. Je suis très content de les revoir à Paris. J’ai toujours conspué leur tentative de vendre leurs albums en France sans jamais y faire de tournées : sans concert, ce groupe est mort. J’invite tous et toutes à y aller ; on ne peut pas leur tourner le dos, leur tirer la langue. Il faut y aller.*** Propos recueillis par CORINNE SCEMAMA, NOUVELLES LITTERARIRES, 9 juin 1982.

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V.S.D. (souvenez-vous, Vendredi, Samedi, Dimanche), ne voulant pas être en retrait, se joint à ses confrères et y va d’un petit papier :*** MICK JAGGER, KEITH RICHARD…. ET LES AUTRES.------ les Rolling Stones sont des survivants, des rescapés. Vingt ans après, de tous ces groupes qui, au début des années 60, balbutiaient une musique dont l’audience ne faisait que croître, ils sont les seuls à avoir tenu le choc. Les autres se sont séparés, ont sombré dans l’oubli, parfois les deux. Andrew Oldham, leur premier manager, l’homme qui a « fait » les Rolling Stones, avait écrit au dos de la pochette de leur premier disque : « Les Rolling Stones sont d’avantage qu’un simple groupe, ils sont une façon de vivre. » Le secret de la réussite des Stones réside peut-être dans cette phrase. Ils ont su rester unis.------ « Un pour tous, tous pour un » n’est sûrement pas leur devise. Mais que vous écoutiez leur premier ou leur dernier disque, une constante demeure : un titre des Stones, vous le reconnaissez à coup sûr. Il sonne d’une façon inimitable. Jagger et Richard pourraient composer et enregistrer seuls. Mais ils ont besoin des autres pour avoir la magie… Les Rolling Stones existent depuis vingt ans. Pour combien de temps encore ? *** YANN PLOUGASTEL, VSD, 10 juin 1982.

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La veille des deux concerts parisiens, c’est LIBERATION qui nous fait sa première page SPECIAL STONES avec les honneurs de la plume du boss, Serge July.*** A chaque fois, c’est l’évènement. Même les blasés, même les docteurs es-rock, qui depuis plus de dix ans s’en vont répétant c’est fini, doivent régulièrement rendre les armes : les Stones passent encore. Mieux, leurs scores en termes de foules vont s’améliorant avec le temps. Et chaque tournée est une reconquête : celle de l’Amérique puis celle de l ‘Europe. Une reconquête victorieuse. Une sorte de boule de neige incandescente qui traverse les pays occidentaux avec la puissance démiurgique d’un ouragan. L’armada des Stones qui a pris le vent à Philadelphie le 26 septembre dernier vient d’accoster en France. Et à nouveau, il a fallu inventer le lieu le plus gigantesque pour l’accueillir : Car les Stones en effet ne cessent de grandir.------ Le rock, la drogue et l’énergie, plus l’esprit d’entreprise c’est la recette des Stones, un miroir qui semble encore plus lumineux encore qu’hier. Et somme toute, plus réfléchissant. Chacun a en mémoire le slogan publicitaire de cette eau minérale « Buvez ! é-li-mi-nez ». Un concert des stones c’est l’élimination assurée d’un certain nombre de miasmes musicaux. C’est la santé bondissante pour la bonne et simple raison que le rock c’est d’abord la santé. Succès « naturellement » assuré dans les hippodromes. Reste la musique. Terriblement efficace et aussi intacte que ceux qui la jouent : et les dizaines de milliers de spectateurs qui se pressent à chaque concert aimeraient bien vieillir ainsi tout en restant intact, inaltéré par le temps, les déprimes, les fatigues et les abandons qui sont le lot quotidien de tout un chacun. “ that’s only rock n’roll, but we like it “*** .SERGE JULY, LIBERATION 12.13 juin 1982.

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mardi, 25 mars 2008

1977, les Stones sans Keith ?... 1978.... 1981 !

Les Rolling Stones dans les stades…

1977, Keith Richard continue à nous donner des sueurs froides en fréquentant de nouveau les colonnes des faits divers à la rubrique usage de drogues. C’est ainsi qu’on apprend qu’au Canada, à Toronto, la police procède à une perquisition dans sa chambre d’hôtel et l’arrête pour détention d’héroïne. Il sera toutefois laissé en liberté sous caution. Il devra néanmoins rester sur le territoire canadien pour attendre son procès qui devrait avoir lieu le 27 juin, qui sera ajourné et reporté au 2 décembre, pour un nouvel ajournement pour cause de délibération. L’accusation de détention d’héroïne pourrait lui valoir la prison à vie en cas de verdict de culpabilité. Entre temps Mick Jagger, en accord avec Keith, déclare que si ce dernier est emprisonné, les Stones continueront sans lui. *** Il serait ridicule d’attendre 5 ans. Dans 5 ans, les Stones ne feront plus de tournée.***L’agenda des Stones, FRANCOIS JOUFFA.

A peu près à la même époque, à la question « est-ce que les Rolling Stones peuvent encore durer quinze ans de plus ? », Keith Richard, sans aucune hésitation, répondait :*** Oh yeah ! J’espère. Comment répondre à ça ? On sait qu’un tas de vieux jazzmen ont continué jusqu’à perpette. En ce qui nous concerne, un tas de vieux jazzmen, de vieux joueurs de blues jouent pratiquement comme nous. Et ceux-là ont continué jusqu’à ce qu’ils s’écroulent.*** LE GRAND LIVRE DES STONES, MASSIMO BONNANO.

Il faudra attendre le 23 octobre 1978 pour que le verdict soit enfin prononcé : un an de liberté surveillée.*** La justice canadienne rend enfin son verdict sur le procès de Keith Richard accusé de détention d’héroïne : un an de liberté surveillé, et le devoir de donner un concert de charité à Toronto dans les 6 mois à venir, au profit des aveugles.
Le juge Lloyd Graburn ajouta : « Bien que les Rolling Stones soient connus pour avoir cautionné l’emploi des drogues, les efforts de Mr Richard pour se désintoxiquer (au centre psychiatrique Stevens de New York) peuvent avoir un effet salutaire pour des millions de jeunes qui l’admirent. » Avant de quitter Toronto, Keith accepte ce concert de charité avec les autres Stones.***L’agenda des Stones, FRANCOIS JOUFFA
. (En fait, Keith Richard offrira ce concert le 22 avril 1979, en jouant avec les New-Barbarians).

Pour l’anecdote, pendant cette période passée au Canada, la femme du Premier ministre canadien, Margaret Trudeau fit la une des journaux pour s’être intégrée à la bande à Jagger, provoquant par là-même un scandale diplomatique avec les retombées médiatiques qui ne manquèrent pas d’éclabousser les Rolling Stones. Margaret Trudeau dira plus tard dans un hebdo français qu’elle avait bien ri, beaucoup bu, et chanté avec les Stones, mais qu’aucune liaison ne s’est nouée avec l’un des membres du groupe.

En 1978 la sortie de l’album SOME GIRLS (qui connaît à son tour quelques ennuis de couvertures aux Etats-Unis. Certaines dames n’ayant pas apprécié la présence de leur visage photographié sur le montage de l’illustration de la pochette du 30 cm…) voit s’esquisser une nouvelle tournée américaine qu’ils annoncent en mai et qui débute en juin en floride.

La première partie est assurée par Peter Tush que les Stones produisent sur leur label Rolling Stones Records. Durant cette gigantesque tournée, ils jouent dans des stades plus grands les uns que les autres, mais ils ne manquent jamais l’occasion de se produire dans des lieux plus intimes.

Le 10 juin, ils démarrent donc à Lakeland, puis de New York (où l’on peut apercevoir Mme et Mr Paul Mc Cartney ou Bob Marley), à Memphis, en passant par Detroit ou Atlanta. De la Floride à l’Ohio, la Géorgie, la Virginie, traversant le Kentucky et le New Jersey, c’est encore et toujours des scènes d’émeutes. Chicago ou New Orleans voient se remplir des stades ou des salles de 80 000 personnes. A Washington, c’est plus de 90 000 personnes qui prennent d’assaut le stade J.F Kennedy. C’est pour les 35 ans de Mick Jagger que s’achève à Oakland cette impressionnante visite aux Etats-Unis.

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Les Stones nous avaient habitués à une alternance entre les U.S.A et l’Europe. Donc logiquement, nous étions en droit de les attendre en 1979 ! Malgré tous nos espoirs, à notre grand regret et à notre énorme déception, il n’en fût rien…
***Leur tournée américaine de 78 annonçait donc leur venue en Europe pour cette année. Comment donc expliquer leur absence ? Avec les Stones, il ne faut jamais chercher à comprendre----- Evidemment, passer une soirée avec les Stones aurait été une belle façon de finir les seventies. ***L’AGENDA DES STONES.

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Pourtant ils viendront faire une virée en France durant les vacances de l’été 1980. malheureusement, il ne s’agissait pas d’une tournée, aussi confidentielle soit-elle, mais tout simplement d’une opération publicitaire organisée pour la promotion-annonce de la sortie de leur prochain album EMOTIONAL RESCUE. Dans le titre phare, Emotional Rescue, Mick Jagger a la curieuse idée de vouloir vocaliser comme les castras Bee Gees que j’ai toujours trouvé imbuvables !
Il est vrai que la basse de Bill Wyman a grandement participé à sauver les meubles.

A propos de ce dernier, c’est à l’occasion de ce séjour que Mick et Bill, par BEST interposé, lave leur linge pas très propre quant à l’éventuelle décision annoncée par Bill de quitter les Stones en 1982 !!!

Avant de partir vers ses nombreuses préoccupations Mick Jagger s’offre en passant une petite bâtisse du XII ème siècle, le château de Fourchette près d’Amboise. Lord Mick devient ainsi châtelain sur notre bonne vieille terre de France qui n’arrivera pas encore cette fois à bouter l’Anglais dehors. On ne sait pas si depuis le château a connu les Riffs démoniaques des Rolling Stones, ou si Jagger amène avec lui, lors de ses visites, le célèbre Fog londonien. Il faudrait pour cela sûrement en parler avec ses voisins !

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C’est à Philadelphie, le 16 août, que Mick Jagger annonce officiellement Une grande tournée américaine baptisée US TOUR 81. Dans la même déclaration, il dément fermement que ce soit la dernière qu’ils feront. Le 31 août sort l’album TATTOO YOU, avec entre autres titres Start me up dont on va reparler très souvent plus tard. Les Rolling Stones innovent encore en faisant sponsoriser leur tournée par une marque de parfum ? *** C’est la première fois dans l’histoire du Rock n’ roll qu’une tournée se fait sponsorisée ainsi.*** LE GRAND LIVRE DES STONES.

Pour cette tournée géante, les Stones eurent au gré du moment des premières parties aussi différentes que fabuleuses tel Screamin’ Jay Hawkins, Stray Cats, Georges Thorogood, Journey, ZZ top, J. Geils Band, Foreigner medium_1980_keith_et_tina.gifou encore Tina Turner qui se joindra à eux pour interpréter et danser avec Mick Jagger Honky Tonk woman lors des concerts de Meadowlands. Rien que du beau monde en tout cas. Coté technique, pour la première fois les micros et les guitares sont munis d’un matériel émetteur HF sans fil. Pendant les premières semaines de septembre, on les voit se rôder dans de petits concerts devant un public très restreint (3 à 400 personnes !) dans le Massachusetts ou ailleurs. Certains maires, comme celui de Boston refusant ou interdisant l’organisation de concert, craignant des émeutes comme celles qui avaient eut lieu à Worcester.

C’est enfin le 25 septembre que commence réellement cet US TOUR 81, au John Fitzerald Kennedy Stadium de Philadelphie plus rempli que jamais. C’est ainsi qu’Il y aura un deuxième concert le lendemain tout aussi complet que celui de la veille. Les Rolling Stones inaugurent la plus grande scène jamais construite avec ses 60 mètres de larges et 15 mètres de haut. Pour des questions de logistiques, ils disposaient de 3 scènes. Les Rolling Stones drainent un public de plus en plus imposant au fil des années.
Chaque ville visitée semble vouloir entrer dans le livre des records quant au nombre des entrées enregistrées. C’est ainsi qu’en fonction de la capacité d’accueil des stades ou des salles, le palmarès est époustouflant. 25 septembre au stadium de Philadelphie avec 90 000 personnes en délire ! 80 000 spectateurs s’entassent au Rich stadium de Buffalo le 27 septembre. Deux concerts sont donnés les 3 et 4 octobre à Boulder pour attirer 120 000 fans. 60 000 à San Diego, ou encore 90 000 au Coliseum de Los Angeles, la foule est dense, très nombreuse ces 9 et 11 octobre alors que l’on peut voir dans ce public Bob Dylan, Jack Nicholson ou Peter O Toole… Kingston, c’est une ruée de 72 000 âmes. Lors du concert en plein air à Canlestich park à San Francisco, c’est un public de 146 000 personnes qui y assiste, du jamais vu avant à San Francisco. Ils sont 60 000 pour fêter les 45 ans de Bill Wyman à Orlando et on compte encore 50 000 à Houston, 80 000 à Dallas le 31 octobre où se déroulera un second show. Puis c’est à Louisville avec 50 000, et 100 000 entrées au Madison Square garden de New York.
Le 30 novembre le Silverdrome de Pontiac reçoit 70 000 personne, un deuxième concert sera nécessaire pour essayer de satisfaire à une demande trop nombreuse. Avec 90 000 personnes le 5 décembre à NewOrleans ou 70 000 à Phoenix, le nombre de spectateurs a atteint des records inégalés. Le point final de cette gigantesque US TOUR 81 à lieu le 9 décembre au Hampton coliseum à Hampton Roads en Virginie. Le public total pour tous ces concerts aura été de plus de 2 millions de spectateurs ? Rappelons, en passant, qu’en 1977 Mick Jagger déclarai « que d’ici 5 ans les Rolling Stones ne feraient plus de tournée »….
D’après les estimations, les Stones ont récolté une recette de plus de 50 millions de dollars au cours de cette tournée de 50 concerts aux Etats-Unis. La plus longue qu’ils n’aient jamais entreprise.

Un film sur la tournée a été réalisé par Hal Ashby. Voilà, presque 20 ans après leur début, ils prouvent s’il en était encore besoin qu’ils sont là, solidement présents, les plus grands. Toujours les plus forts sur les disques ou sur ces monumentales scènes qu’ils piétinent en marquant le tempo du rock n’ roll dont il se dit qu’ils sont le plus grand groupe du monde, pendant leurs show impressionnants frôlant presque la mégalomanie. Enterrés vivants, ils l’ont été plus d’une fois. Si souvent même, qu’ils ne doivent sûrement plus y prêter attention. Est-ce à dire que 20 ans plus tard, ils n’ont pas pris d’âge ; donc comme eux nous aurions toujours 20 ans ! En tout cas c’est peut-être cela la magie que dégage ce groupe mythique que sont les Rolling Stones.

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Ceci étant… Et nous ? Viendront-ils, ne viendront-ils pas en Europe, en France ? A quand peut-on espérer la prochaine venue des Pierres qui roulent sur notre cher continent qui les attend avec une impatience à peine dissimulée ?

Comme pour nous faire patienter la télé nous offre une rediffusion (12 mai 1980) du show de Pantin de 1976 !

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