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dimanche, 17 août 2008

1968, jumping Jack flash, 1969, mort d'un Rolling Stone

Vers le milieu de 1968, juste avant les vacances, les stations de radio diffusent Jumping Jack Flash.

La ressemblance avec Satisfaction vous frappe l’oreille. Même style musical, son identique, comme ceux des Rolling Stones. Ce n’est pas une copie, ce sont bien eux, ce sont les Rolling Stones qui sortent de leur léthargie.

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Les voici de nouveau qui frappent fort, fougueux, hargneux, tels qu’on les a aimés au début. Jagger qui gueule son mépris, accompagné comme il se doit magnifiquement par ses compères Keith, Brian, Bill, Charlie, qui vous servent le Rock en maîtres, en finisseurs, en professionnels. De nouveau, la sortie du prochain album semble imminente et très attendue. Il est d’ailleurs annoncé, juste une question de pochette à régler. Les Rolling Stones redevenus eux-mêmes les enfants terribles veulent l’illustrer avec le mur d’un chiotte couvert de graffitis. Les revues spécialisées avaient annoncé ce disque. Decca s’oppose à cette idée. *** Le mur d’un WC se trouve entre les Rolling Stones et la date de sortie de leur nouveau LP Beggars Banquet. Le mur n’a rien à voir avec les chansons brillantes de leur disque, toutes écrites par Mick Jagger et Keith Richard. Il se trouve sur la couverture et est barbouillé de graffitis. Les directeurs de disque à Londres et aux Etats unis se battent pour le supprimer. La compagnie américaine London pense que la couverture est une offense.*** DAILY MIROR 5 septembre 1968.

C’est donc avec plusieurs mois de retard que Beggars Banquet sans les chiottes sortira dans le commerce en France (décembre 1968). Si nous avons perdu ce lieu malodorant sur la pochette, nous avons gagné en revanche d’excellents titres sur le vinyl. Sympathy for the devil, Salt of the earth, Prodigal song. Jumping Jack flash annonçait le réveil, Beggars Banquet le confirme. *** Les Rolling Stones s’étaient situés. Ils avaient adopté pour le style ROLLING STONES. De plus, à la vigueur musicale, s’alliait une orientation sociale des textes, conduite avec tact et souvent réalisme. Le combattant de la rue Street fighting man était beaucoup plus sympathique que Revolution lamentablement stoïcienne des Beatles.*** DAILY MIRROR 5 septembre 1968.

Les programateurs de plusieurs stations américaines refusent de diffuser Street fighting man, déclarant que ce titre pourrait inciter les gens à l’émeute.
Les Rolling Stones sont de retour, avec eux l’humour et le décontraction qui les caractérisent. Ainsi lors du repas pour Beggars banquet, ils bombardent avec des tartes à la crème leurs invités. Les Rolling Stones adeptes de l’amusement d’aujourd’hui présentent un show à la télévision : Rock and roll circus, le 12 décembre. Ce spectacle avec clowns, trapézistes, gens du cirque, dont les acteurs sont des invités de renom tels les Beatles, the WHO, Jethro Tull, Marianne Faithfull et bien évidemment les Rolling Stones. Tous ces joyeux compères sont bien sûr déguisés pour la circonstance. Notons qu’entre temps, Brian Jones qui se débat encore avec la justice est condamné le 26 septembre à payer une amende pour l’accusation d’être en possession de cannabis.


1969, Mort d’un Stones

3 juillet 1969 !

Il est midi et quarante cinq minutes à Europe N° 1 ! Le flash tombe, tragique et brutal : « Brian Jones, le guitariste des Rolling Stones est mort. Il s’est noyé cette nuit dans sa piscine.. ».
Les journalistes d’Europe N°1 font un rapide historique du groupe auquel appartenait Brian, et lui rendent un ultime hommage en nous diffusant Satisfaction. Un pincement au cœur, un instant de vive émotion nous ont laissé ce jour sans voix quelques instants. Sans le connaître personnellement, des milliers de personnes, dont je faisais partie, ont perdu un lointain ami. Un de ces amis qui nous sont chers parce qu’il n’ y a aucun intérêts dans nos rapports, si ce n’est notre goût commun pour cette sacrée musique qu’est le rock n’ roll.

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*** Dessin : serge basset

27 ans ! Peut-on mourir à cet âge ? Cela paraît tellement absurde. Et puis, quand on fait parti de ce groupe : the fabulous Rolling Stones, ce groupe tellement irréel. Irréel certes, mais mortel. Brian Jones est mort, pourtant un doute subsiste. N’est-il pas toujours présent parmi nous ? Son image est gravée, car malgré tout et contre tout, y compris contre lui-même, il était et demeure un Rolling Stones.
Beaucoup ont appris ce jour-là que Brian Jones ne faisait plus partie des Rolling Stones. Il avait quitté le groupe le 9 juin après une ultime dispute au sujet des chansons. La place vacante avait été comblée par un nouveau venu, un certain Mick Taylor.

De nombreux groupes éclatent ou disparaissent sans laisser de trace. Brian Jones quitte les Rolling Stones et ceci semble anormal. C’est insupportable. Il est difficile de s’imaginer les Rolling Stones sans Brian Jones, ni Brian Jones sans les Rolling Stones. Je crois que c’est dans ces moments là qu’on mesure la fascination, ou le coté un peu conte de fées des Rolling Stones sur nous, communs des mortels appelés fans ! Mais comme nous, ils sont mortels ; l’envoûtement de la baguette magique s’est brisé.
La réalité est triste et inhumaine. Il faut se rendre à l’évidence que désormais à la place de Brian Jones, il y aura sur scène et dans les disques : Mick Taylor.

Le 5 juillet 1969, Londres ; Hyde Park.

Depuis plusieurs semaines un concert gratuit est prévu. En tête d’affiche les Rolling Stones qui ré-apparaissent après une grande absence. Cette prestation va prendre une tournure quasi religieuse.
Une messe funèbre Pop en quelque sorte, à la mémoire du Stones disparu. Une grande messe à laquelle assistent quelques 500 000 fidèles. Dans un épais silence Mick Jagger lit des vers.***Je demande le silence. Je vaisessayer de lire quelque chose pourBrian. Et le miracle a lieu, impressionnant. 500 000 personnes sous tension extrême se recueillent en quelques secondes. C’est un silence total, inhumain, rendu plus puissant, plus dense par les dérisoires pleurs d’un petit bébé. Mick Jagger lit d’une vois calme quelques lignes d’un poème de Shelley sur la mort « Il n’est pas mort, il dort parmi nous… ». A la fin de la lecture, 10 000 papillons multicolores s’échappent d’une boîte en carton et s’envolent dans les airs.***MICHEL TATTINGER et ERIC VINCENT, SALUT LES COPAINS, septembre 1969.

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Sur la scène, une photo immense de Brian Jones extraite de l’album Beggars Banquet. Après l’hommage silencieux, ce sera un fantastique requiem musical que les Rolling Stones, avec Mick Taylor, dédient à Brian Jones. Ce 5 juillet, à Hyde Park, n’y a-t-il pas six Stones sur la scène, pour la première et la dernière fois ? Car les gens oublient vite les personnes qu’ils ont aimées.***Saurez-vous vous souvenir du lutin à la chevelure d’argent qu’était Brian Jones, guitariste des Rolling Stones de 1961 à 1969 ? j’ai bien peur que non ! ***JACQUES LEBLANC, BEST juin 1970.

**Le 5 juillet, nous ignorions qu’il y avait ce fameux concert qui se déroulait à Hyde Park. C’est donc par hasard que le même jour, à la M.J.C de LYON-Gerland, à notre manière, nous avons rendu hommage à Brian. J’avais dans le même temps rédigé à l’attention de mes proches et amis un petit texte à propos de sa disparition. Cela me valut quelques remarques désobligeantes, que j’avais jugées nulles et non avenues.**

Un film Cinq + Un (ressorti en vidéo plus tard : les Stones dans le parc), de Michel Tattinger et Guy Job, résume le concert des Rolling Stones. Dans Cinq + un, il y a aussi le show de Monsieur Hallyday au Palais des Sports de Paris. Ce second spectacle met encore d’avantage en valeur la prestation des Stones. On peut aisément juger par comparaison à quelques minutes d’intervalle la qualité musicale des Stones. Leur présence scénique formant un tout avec leur musique. Qualités qui sont accentuées par le concours de gueulerie de Johnny Hallyday qui s’entoure sur scène de danseurs, de catcheurs, d’éclairages de toutes sortes. Tous ces artifices détournent l’attention de son public et permet à son tour de chant de passer. Le public des Stones paraît étrangement calme et détendu, allongé sur l’herbe, comparé au public du Palais des sports qui hurle et gesticule, montrant par là que l’important n’est pas d’écouter , voir et apprécier, mais d’être là, afin de pouvoir dire « j’y étais ».
*Pour l’anecdote, lors de sa sortie, ce film présentait les Stones en première partie, et Johnny en deuxième en vedette du film !!! *

Brian Jones est inhumé le 10 juillet 1969.

Les Rolling Stones ont rendu un hommage musical à Brian Jones. Qu’en sera-t-il de la grande presse, des radios, de la télévision qui ne tarissent jamais d’éloges, de congratulations lors du décès d’une valeur sûredu music hall ou du cinéma : Edith Piaf, ou plus récemment ce pauvre Maurice Chevalier, 75 ans largement dépassés. Comment ont-ils réagis ? Cette presse parlée ou écrite a réagi avec toute son animosité qui la caractérise, son esprit de règlement de comptes. Ils détestent les Rolling Stones, vous ne le saviez pas, ils vont expliquer. Les journaux vont s’ingénier à traîner dans la boue ce musicien Pop. Rien que pour lui faire regretter d’avoir été jeune, beau, et de surcroît rebelle ! Aucun mot sur le musicien. Aucune phrase sur les talents musicaux et artistiques des Rolling Stones. Rien qu’une insistance obsessionnelle sur le manque de moralité de ce groupe, et particulièrement de Brian Jones le drogué. *** On a sali sa mort, comme s’il fallait encore que les vautours de la presse, qui se dit grande, s’acharnent sur son cadavre. On n’a parlé que de scandales, de drogues, d’enfants sans père et de choses comme ça. Personne n’a parlé du jeune homme de vingt six ans qui souffrait et ne s’intéressait plus vraiment à la vie. Personne ne s’est posé la question de savoir pourquoi Brian Jones était ce qu’il était et s’il n’y avait pas d’autres responsables que lui-même. Qui a parlé de haine, vraiment de la haine à laquelle furent souvent exposés les Stones ? Qui a parlé des brimades que leur infligea une société jalouse et trop heureuse de se venger ? Personne.***PHILIPPE PARINGAUX, ROCK N’ FOLK.

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***La mort de Brian Jones. Je n’ai rien à dire sur les causes que j’ignore et que je ne veux pas connaître. Quant aux conséquences, elles sont regrettables. Le music hall a perdu un artiste de classe internationale et qui représente tout un état d’esprit.*** MIREILLE MATHIEU d’après SALUT LES COPAINS.

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*** Dessin réalisé par Maurice "alias" YAYAS.

samedi, 16 août 2008

1967, Drogue, prison, flower power

Le typhon Rolling Stones continue son chemin. Il dévaste sur son passage, le 27 mars 1967, Cologne ; le 1er avril, Hambourg ; le 8, Milan ; le 11, Paris ; le 13, Varsovie, où la police utilise les matraques et des bombes lacrymogènes pour disperser la foule. C’est la première apparition des Rolling Stones derrière le rideau de fer. Puis le 14 avril à Zurich ; le 17, Athènes…..

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Le 29 juin 1967, un communiqué de presse, d’ apparence banale, annonce un fait divers qui aurait pu être le début de la fin des Rolling Stones (1963-1967 !)…)).*** deux Rolling Stones condamnés à des peines de prison. Le guitariste des Rolling Stones, Keith Richard, a été condamné hier à un an de prison par le tribunal de Lewes (Sussex), pour avoir permis que son domicile soit utilisé pour fumer de la marijuana. Le chanteur vedette du groupe Mick Jagger s’est vu infligé trois mois de prison pour avoir été trouvé en possession illégale de drogues dangereuses. Un de leurs amis communs, Robert Fraser, a, de son coté été frappé d’une peine d’emprisonnement de six mois pour possession de narcotiques. A la suite de ces condamnations, le groupe des Rolling Stones, le plus populaire en Angleterre, après celui des Beatles, a pratiquement cessé d’exister. *** LE PROGRES DE LYON. 29 juin 1967.

Mick Jagger et Keith Richard, auteurs compositeurs du groupe le plus célèbre AVEC les Beatles sont donc arrêtés pour usage de stupéfiants. Mick à Brixton, Keith à Wormwood Scrubs. Ils sont libérés sous caution de 7 000 livres sterling chacun (environ 7 300 francs). Evidemment l’aubaine est trop bonne, la Grande presse s’empare de cet incident pour démolir, ou essayer encore, une nouvelle fois ce groupe qui ne correspond pas vraiment à l’image que se font les braves gens de la jeunesse récupérée par une certaine société d’abrutissement.

Pourtant il est permis de s’étonner de la hargne des gens vis à vis des Rolling Stones. Sont-ils en cette année 1967 vraiment des adeptes de la drogue ? les Beatles ne chantent-ils pas les louanges du L.S.D avec leur succès Lucy in the Sky Diamond ! Sont-ils emprisonnés pour autant ? D’autres grands noms du music hall ou du cinéma ont eu recours aux paradis artificiels. Ray Charles *1961* Chet Backer *1962* Donovan *1966*... se sont trouvés plus ou moins en conflit avec la justice sans que la presse ne les attaque au vitriol.

En France un groupe, privé de ses deux leaders dans les mêmes conditions , se serait trouvé dans une position d’infériorité, face aux autres groupes trop contents de saisir l’occasion de ravir la place de l’absent. L’important n’étant pas toujours la musique, mais d’être le premier ; ce qui ne signifie pas nécessairement le meilleur !

En Angleterre, dès que la presse etla radio annoncent la nouvelle, un mouvement spontané de soutien prend naissance. Des groupes concurrents des Rolling Stones partent en campagne pour soutenir les deux Stones emprisonnés. Citons l’action des Who qui organisent une manifestation dans la rue, et enregistrent un disque avec The last times et Under my thumb des deux collègues et amis sous les verrous.
*** PROCLAMATION : les Who considèrent que Mick Jagger et Keith Richard ont été traité en boucs émissaires du problème de la drogue. En protestation contre les peines iniques prononcées contre eux hier à Chichester, les Who sortent aujourd’hui un premier disque d’une série de compositions Jagger/Richard pour maintenir leur œuvre devant le public, jusqu’à ce qu’ils soient de nouveau libres de les enregistrer eux-mêmes.***EVENING STANDARD , 30 juin 1967.

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Les Who n’auront pas besoin d’enregistrer d’autres disques, car le 31 juillet 1967, Mick Jagger et Keith Richard, dont quelques journaux comme le Times et le Sunday Express ont pris la défense, sont blanchis de toutes accusations. C’est ainsi qu’à la suite de leurs condamnations le Times déclarait entre autre :***Cependant la sentence va être sérieusement discutée par le public. Les circonstances sont assez inhabituelles. Pour justifier cette discussion, aux intérêts du public. On a accusé Mr Jagger de posséder quatre tablettes d’amphétamine sulphaté et de methyl amphetamine hydrochloride. Il avait acheté ces tablettes légalement en Italie , et elles avaient été rapportées au Royaume Uni. Ce ne sont pas des drogues dangereuses, et bien dosées, elles ne le sont plus du tout.***TIMES

….***Néanmoins nous pouvons considérer la réaction du public. De nombreuses personnes ont un point de vue primitif, presque pré-légal. Ils pensent que Mr Jagger mérite sa punition. Ils n’aiment pas le genre anarchique que l’on peut observer aux concerts des Rolling Stones. Ils n’aiment pas leurs chansons, n’aiment pas l’influence qu’ils ont sur les jeunes, et en général ils les suspectent d’être un cas de décadence, mot utilisé par Monica Furlong dans le Daily Mail. Ceci pourrait être un souci au niveau sociologique, ou purement au niveau sentimental, ce qui serait compréhensible. Mais on ne pourrait le confondre avec le cas présent. Jagger a-t-il été traité de la même façon que s’il n’avait pas été une célébrité ? si un futur lauréat était revenu de ses vacances d’été en Italie avec quatre de ces tablettes dans sa poche, aurait-on pensé que ce serait chose juste que de briser sa carrière en l’envoyant en prison pour trois mois ? Aurait-on jugé nécessaire de le montrer, menottes aux mains, au public ?………Ce devrait être à la justice anglaise de savoir si Mr Jagger sera jugé comme tout le monde, ni mieux, ni pire. Il y aura toujours un point d’interrogation sur le fait que Mr Jagger ait été jugé comme un simple homme anonyme.***LE TIMES, 1 JUILLET 1967.

Quand à John Gorton de Sunday Express, il écrivait :*** Est-ce que Jagger a été envoyé en prison pour avoir essayé une de ces drogues viles,comme l’héroïne ou la cocaïne ? Ou même le L.S.D que les Beatles sont en train d’essayer ? Pas du tout. A-t-il fumé de la marijuana que certains experts considèrent comme étant une drogue néfaste, d’autres pas ? On ne l’a pas accusé de cela. Il avait simplement quatre tablettes de benzadrine, achetées légalement à l’étranger qu’il avait prises, pour se tenir éveillé, avec le consentement de son docteur.***Sunday EXPRESS, 2 JUILLET 1967.

Mick Jagger et Keith Richard sont donc acquittés. Le chef de la justice leur fait cependant remarquer qu’ils ont des responsabilités à assumer en tant qu’idoles de beaucoup de gens. Car ils sont admirés et souvent imités. On peut se demander pourquoi Mick et Keith ont été relâchés. L’angleterre traverse une crise économique aigue, il n’est pas forcément judicieux de détruire des groupes comme les Rolling Stones ou les Beatles, et bien d’autres (Who, Kinks…) qui constituent des apports de devises au Royaume Uni non négligeables… c’est une hypothèse.

Dès la sortie de prison de Mick et Keith, les Rolling Stones au complet s’enferment dans leur studio et enregistrent avec l’aide des Beatles, une chanson we love you dont l’introduction est un clin d’œil très ironique aux ennuis qu’ils viennent de vivre avec la justice britannique. Bruits de pas d’un gardien de prison, porte métallique qui se ferme sèchement, menottes, tout y est ; We love you ?, ce disque est en quelque sorte un remerciement à tous ceux qui les ont soutenus lors de leur détention.


1967, Flower power

Il y a eu la prison pour Mick et Keith. Brian a lui aussi été condamné à neuf mois de prison pour avoir été en medium_1967_9_mois.jpgpossession de cannabis, et libéré sous caution (750 lb).
Il y a eu la réponse aux juges avec We love you. Le son Rolling Stones est toujours présent mais on sent l’influence Beatles de la période Flower power.

Il y a le mouvement hippie de la côte ouest américaine, avec ses groupes, Jefferson Airplane, Grateful deads. Le flower power avec sa psychedelic music, des groupes tels le Pink Floyd qui ont une musique étrange et belle, basée principalement sur les sons électroniques. Il y a aussi l’influence indienne, le sitar, Ravi Shankar. Les Beatles s’essaient à la philosophie hippie, croyance, sincérité ou publicité ? Qu’importe…
Their majesties satanic request sort en décembre 1967. Après We love you, les Stones planent très haut. Les voici goûtant à la musique cosmique . Ils sortent cet album aux résonances bizarres . la pochette est très colorée, avec des effets de reliefs. Un décor mouvant grâce à des superpositions d’images. Les Stones ont revêtu pour cette couverture des costumes de rois mages. Notons que cette pochette sort des sentiers battus. Les couvertures de disques étant en principe, réalisées avec des photos plus ou moins banales.
La musique qui en sort est féerique, belle, étrange et sophistiquée. Le citar, les maracas. Des bruits de pas, des cris qui donnent une coloration de marché oriental à ce merveilleux album. Their majesties satanic request est assez mal accueilli par leurs fans. Il leur apparaît comme un disque de recherche musicale. Trop fouillé, peut-être un peu confus. Ce disque surprend. Ont-ils reniés le Rock et le Rythm and blues qui les firent connaître pour sacrifier à la mode des enfants fleuris ? les Rolling Stones ne sont-ils pas prisonniers du rock n’ roll dont ils sont sans doute les meilleurs interprètes. Ont-ils le droit d’en sortir ? Their Majesties satanic request est donc un échec commercial. Chose curieuse, les Pink Floyd cités précédemment, sortent des disques du même genre et ont un succès assez désarment qui tend à prouver que le public des Stones attend des Rolling Stones toujours plus de Rock.
Les Rolling Stones semblent donc être sur une mauvaise voie. D’autant que pendant cette période, ils ont cessé toutes leurs tournées. Un seul passage cette année –là, c’est le concert donné le 12 mai à la N.M.E Pollwinners.***JAGGER ET LES STONES REVIENNENT TRIOMPHANTS. Les Stones sont revenus sur la scène. Des milliers de jeunes femmes les ont accueillis en criant. Ils sont de retour plus sensationnels que jamais.*** DAILY MIRROR 13 mai 1968.

Est-ce la fin de ce grand groupe ? Sont-ils déjà arrivés à une impasse ?

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vendredi, 15 août 2008

1966, de nouveau la France

La France accueille les Rolling Stones

En février 1966 ils se rendent à New York où ils participent à l’émission de télé-vision Ed Sullivan Show. Ils s’embarquent ensuite pour Sydney. Les Rolling Stones sont fêtés sous tous les horizons, U.S.A, Australie ou Nouvelle Zélande.

Mars 1966, les créateurs de Satisfaction effectuent une tournée européenne qui les conduit d’Amsterdam à Bruxelles, à Paris, Marseille, Lyon ou encore Stockholm ou Copenhague.

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En France, que ce soit à Paris,

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à Marseille ou à Lyon, l’accueil est enthousiaste. Il faut dire que dans les trois villes, les salles sont trop petites pour contenir les milliers d’amateurs des Rolling Stones voulant se rendre à leurs concerts.

Lyon ! 31 mars…..

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Il est 17 heures. Nous sommes, nombreux, devant le Palais d’hiver. En stationnement, il y a sept cars de C.RS et une Jeep avec radio. Que se passe-t-il ? Va-t-il y avoir dans les heures qui suivent une manifestation de rue organisée par un mouvement syndical ou politique ? Non, rien de tout cela. Il y a simplement à l’intérieur du Palais d’hiver trois à quatre mille spectateurs qui sont venus entendre et voir les Rolling Stones qui se produiront une première fois cet après-midi et donneront un second concert à 21 heures.

Vingt deux heures. Ils sont là. Mick, avec des lunettes noires (il a été blessé la veille à Marseille. Les spectateurs medium_1966_marseille.jpgont lancé des chaises sur la scène ???). Brian avec son foulard de soie ressemble à une poupée ; il a l’air très fragile et sourit continuellement. Keith, pâle et assez mince est à gauche de Mick qui saute et trépigne. Bill est immobile, imperturbable, il mâche inlassablement son chewing-gum en toisant d’un air hautain et indifférent le public. Charlie, là bas à sa batterie sur cette grande scène du Palais d’hiver (Dieu qu’elle a du leur sembler bien petite quelques années plus tard !). Ils ont succédé à Antoine, lui qui se prenait pour Dylan et qui déclencha le délire des filles et de quelques garçons. Le spectacle se déroule dans une ambiance démentielle. Il y a des banderolles de bienvenue (dont la notre). Not fade away, les Rolling Stones semblent en pleine forme. Il y a des chemises à fleurs plein la salle. Time is on my side, Think, les derniers succès sont écoutés pour la première fois en direct (live!). C’est sauvage, c’est bon , ça bouge. Beaucoup de garçons dansent sur les tables (même que certains tournent le dos à la scène).I’m alright, Jagger agresse la salle qui n’attend que ça bien sur. The last times, communion établie avec les Idoles. Brian Jones est ravi, Keith Richard ne fait pas de geste inutile.
Chez les Stones, tout paraît précis : la musique, le rythme. La batterie de Charlie Watts marque le tempo et annonce Get off of my cloud (fous le camp de mon nuage).

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Et puis, OUI, le tube ; Satisfaction… I can’t get no!.... I can’t get no ! No... No...
Le rideau se ferme, la chanson n’est pas terminée. Et c’est alors que l’incroyable se produit. Le cordon de flics qui étaient devant la scène avancent en rangs serrés et nous chargent pour faire évacuer la salle. Il est hors de question de rester assis car les coups tombent. Les forces de l’ordre invitent gentiment tout le monde à sortir. Dehors, leurs collègues en pleine crise d’hystérie (il est vrai que la musique des Stones excite) nous reçoivent à bras ouverts, matraques en main ! Ils bousculent, hurlent, écument, tabassent, embarquent dans les cars ceux qui sortent du Palais d’hiver ou même ceux qui ne font que passer par là, simples curieux s’interrogeant de toute cette agitation
Pour témoin, ce pauvre gars, qui derrière moi, dans le car des flics, prit une raclée dont il a du se souvenir très longtemps. Il a eu la mauvaise inspiration de rentrer du cinéma en passant par là, et fut surtout mal inspiré de rouspéter lorsque les pendors en fureur le bousculèrent. J’eu un peu plus de chance que lui, car en montrant mes papiers, les 2 C.R.S qui m’encadraient fermement aperçoivent les cartes d’identité de Serge et Eddy, mes 2 fils. Je m’en tire sans mal, juste avec un sermon de ces 2 braves pères de famille qu’étaient ces 2 brutes. « comment, en père de famille…responsable…avec des enfants… peut-on être là pour ces chanteurs limite-voyous ? ». Néanmoins, la presse bien pensante et ses journalistes la représentant trouvait ses agissements des forces de l’ordre des plus sympathiques.*** …Bref, ça sentait la poudre, il y avait des cordons de police comme pour une « manifés » de rue, et une ambulance en « en cas ». Le Palais d’hiver pour la circonstance n’avait sorti la vaisselle d’apparat, ni ses nappes en fil et fil, et recevait, comme ça en copain, sans cérémonie. *** LUC TRASSOUDAINE, DERNIERE HEURE LYONNAISE.

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On est en droit de poser la question, comment réagiraient les publics de Brassens ou Brel (Brel que j'eu le plaisir de voir cette même année) si de tels procédés étaient employés envers eux lors d’un récital des deux artistes ?

Il faut aussi rappeler que l’année précédente (juin 1965), les Beatles s’étaient produits dans ce même Palais d’hiver, et qu’il n’y avait pas eu ce déploiement de forces. Est-ce à dire que les Rolling Stones sont considérés comme des hors la loi, ou bien comme un groupuscule extrémiste (mai 1968, c’était pour plus tard).

Après leur passage dévastateur en Europe, les Pierres qui roulent décident de retourner chez l’oncle Sam. Ce sera la cinquième incartade sur le continent américain, dont un journal, le New Musical Express a élu les Rolling Stones premier groupe de Rythm and blues (10 décembre 1966).

jeudi, 14 août 2008

1965, L'Olympia... Satisfaction !!!

Les ROLLING STONES à Paris

Les Rolling Stones visitent l’Irlande, puis font un malheur en Australie et en Nouvelle Zélande. *** Trois mille fans, la plupart des filles, causèrent des émeutes alors que les cinq Rolling Stones atterrissaient à Sydney, hier, commençant le tour d’Australie… Environ trois cent réussirent à briser une barrière métallique et se ruèrent dans une salle de quarantaine. *** DAILY MIROR 22 janvier 1965.

On les trouve à Singapour, à Hong Kong, puis tournant en Angleterre. En avril, ils sont reçus par les Scandinaves. Le monument Rolling Stones grandit à une vitesse virtigineuse.

C’est la deuxième fois que ce groupe maintenant très célèbre se produit à Paris. La salle archi-comble connaît une atmosphère de meeting. Car n’oublions pas qu’un concert des Rolling Stones, c’est quelque chose de pas banal. Il y a les fans acharnés, ils y a les amateurs d’idoles en tout genre, les filles qui crient, il y a ceux qui veulent toucher, il y a ceux qui veulent faire plus de bruit que les guitares, ceux qui veulent monter sur scène…

L’ambiance est parfois houleuse.

Olympia, 17, 18 avril 1965. En première partie les Jets, Vince Taylor ( le Prince du rock), Evy,medium_1964_olympia.jpg Rocky Roberts. Le ton monte, la salle s’agite… Les Stones… Les Stones… Les Stones…. Le rideau s’ouvre, enfin, libérant les cinq diables du Rock. Everybody needs somebody to love, les Stones sont en scène, ça tourne rond. L’ambiance est chaude, survoltée. Around and around succède à Off the Hook, I’m Alright, Mick Jagger est électrique, jamais immobile. All Right... Yeah..., Time is on My Side, It’s all over now, la machierie Stones est en route. Little red rooster ce bon vieux blues de Willie Dixon, sans oublier Carol, trois mille types reprennent en cœur cet éternel succès de Chuck Berry. Un spectacle des Rolling Stones ne laisse jamais indifférent, c’est un peu de chaleur dans la vie de tous les jours. *** Il y a toujours une période de calme, un anti calme après un spectacle. Le moment où l’on se retrouve dans la médiocrité de la vie quotidienne, mais cela est encore plus frappant après avoir vu un spectacle des Rolling Stones. *** ANNICK DISCO REVUE mai 1965.

Lors de ce passage à Paris, les Rolling Stones acceptent l’invitation du club des Rockers (créé par Jean-Claude medium_1965_stones_golf.jpgBerthon, un type de 20 ans qui sort à cette époque, tant bien que mal, la première revue de Rock en France. C’est lui qui parle le premier des Stones, et c’est Disco Revue, pour ne pas la nommer, qui défend ce groupe tant critiqué par d ‘autres). Mick Jagger, Keith Richards, Brian Jones, Bill Wyman, Charlie Watts se rendent au Golf Drouot où les quelques présents, ce jour là se rendent compte que Mick et ses accolytes sont des gens sympathiques. Ils se plient d’ailleurs volontiers à la séance de dédicace avec un calme et une gentillesse qui n’échappent à personne. Daniel qui était monté à Paris pour aller les voir à l’Olympia eut la chance d’être là et pu les photographier, avec Jean-Claude Berthon.


1965, Satisfaction
I can't get no, Satisfaction


Paris, Montréal, tournées aux Etats Unis, en Ecosse, en Scandinavie, en Norvège. Les filles sont folles d’eux, leurs cheveux font couler de plus en plus d’encre. *** Coupez vos cheveux, style Rolling Stones à la Beatles : un censeur a proclamé hier : les coupes de cheveux style Beatles sont acceptées, mais celles des Rolling Stones ne le sont pas. Le directeur Mr Donald Thompson a renvoyé onze garçons de Woodlands Comprehensive School, Coventry, parce qu’ils portaient leurs cheveux comme le faisaient Mick Jagger et compagnie… Longs et malpropres comme le dit Mr Thompson. Mais il a annoncé hier, qu’ils pourraient revenir si ils se faisaient couper les cheveux proprement comme les Beatles.*** DAILY MIRROR 27 mai 1964 .

Les scandales succèdent aux coups d’éclats, les Rolling Stones pissent contre les murs… L’exemple moral (…) n’est pas brillant.

Les Rolling Stone mondialement connus sont de très bons interprêtes, Carol, Bye Bye Johnny, Around and Around de Chuck Berry ; I Wanna be you man des Beatles. Tous ces morceaux de choix le prouvent. Mais cela ne suffit pas pour être un très grand groupe. Il y a plusieurs compositions qui sont déjà signées Nanker-Phelge. C’est sous ce pseudonyme que les Rolling Stones signent leurs premières créations collectives. Cela donne de forts bons résultats donnant le jour des titres comme Stones, Little by little, puis Off the hook.

Puis Mick et Keith s’essaient à la composition et nous offrent The last times (février 1965). Une rythmique lancinante, un leit-motiv agaçant, excitant ; la complainte est puissante, le style musical Rolling Stones commencent à se dessiner. Sans renier le blues ou le rock de Chuck Berry, ils l’imprègnent de cette marque qui deviendra vite synonyme de qualité.

Malgré cela, il y a toujours les Beatles aux hits parades qui occupent pratiquement et systématiquement la première place. Et puis, le 2 0 août 1965, c’est le choc. Ça y’est, voilà le morceau . Celui que tout le monde, sans le savoir, attendait. La chanson qui va tenir la première place des hits internationaux pendant des mois et des mois. Le chef d’œuvre de la rock music. Les Rolling Stones viennent d’enfanter Satisfaction, I can’t get no. C’est leur grand départ de créateur, plus rien désormais ne devrait pouvoir les arrêter, c’est la consécration.

Les voici devenus le premier groupe du monde.

I can’t get no...Satisfaction

I can’t get no Satisfaction, I can’t get no Satisfaction
‘cause i try and i try and i try
I can’t get no, i can’t get no
when i’m drivin’ in my car, and the man come on the radio
he’s tellin’ me more and more about some useless information
supposed to fire my imagination
I can’t get no. Oh no,no,no. Hey, hey hey
That’s what I say
I can’t get no satisfaction, I can’t get no satisfaction
‘Cause I try and I try and I try and I try
I can’t get no, I can’t get no.
When I’m watchin’ my TV and a man comes on and tells me,
How white my shirts can be
But, he can’t be a man ‘cause he doesn’t smoke
The same cigarettes as me.
When i’m ridin’ round the world, and i’m doing this and i’m signin’ that;
And i’m tryin’ to make some girl, who tells me,
Baby, better come back maybe next week,
‘cause you see i’m on a losing streak
I can’t get no...


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Satisfaction marque le début de la recherche musicale des Stones. Par exemple, ils mettent au point la Fuzz-Box, petit appareil de distorsion qui permet d’obtenir cet effet vrombrissant de la basse dans I can’t get no. Les Rolling Stones sont nés, indestructibles à partir de cette année 1965.

Un groupe de rock se composait en général d’un chanteur, d’un guitariste solo, d’un guitariste rythmique, d’un bassiste, et d’un batteur. La batterie était souvent limitée à une caisse claire (voir tous les groupes de Rockabilly). Les Rolling Stones dès leurs débuts empruntent au blues l’harmonica, I’m a king bee, Litlle red rooster. Ils utilisent maraccas ou tambourins, I’m alright, Not fade away. Ils ajoutent parfois un piano, Stones, ou un orgue, Congratulations. A partir de Satisfaction, ils travaillent d’avantage leurs compositions. Ils adoptent les effets psychédéliques, 19th nervous breakdown, ou l’accordéon et la clarinette new orleans, Between the buttons. Brian Jones joue du sitar, Paint in black. Ils font appel à des chœurs, You can’t always get what you want. Saxo, guitares accoustiques, piano, orgue, trompette, cela donne le génial Sticky fingers. Le rock primitif laisse sa place à une musique plus raffinée. N’est-ce pas ce nouveau rock que cache jalousement cette musique prétentieuse ou emmerdante par moment, cette musique étiquetée en France Pop-music ?

mercredi, 13 août 2008

1964, L'avènement ROLLING STONES

En septembre 1963, les Rolling Stones effectuent une tournée avec Bo Diddley et les Everly Brothers. Cette tournée sera un succès. Leur popularité auprès des teenagers va grandissante. Mais plus ils deviennent populaire auprès des jeunes, plus les parents les détestent. Ces mêmes parents qui supportent d’un air amusé les Beatles qui chantent de si belles mélodies. *** Les Beatles, les sages, moralisent, prêchent la bonne parole. Les Stones, eux, passent à l’action et montrent l’exemple, à une époque où ils auraient certainement pu se laisser entraîner par leur envie de revanche après les affronts subis. Vous admettrez comme moi que les Rolling Stones ont toujours été considérés comme un groupe à scandale, même à l’époque où les Beatles malgré leurs cheveux outrageusement longs, faisaient figure de petits saints à coté de ces voyous de Stones. Depuis, ils ont été considérés par les tribunaux comme des boucs émissaires. Les Beatles étant les médaillés intouchables, les Stones trinquent. Il faut dire que la personnalité de ces cinq gaillards s’y prête. Mick se fait remarquer par son aspect lascif, son intelligence incisive et son cynisme forcé (c’est une arme pour contrer ceux qui leur veulent du mal). Keith, son air éthéré, absent, timide. Brian choque par son agressivité, son goût du scandale, son attitude révoltée, mais il paraît malgré tout lancer un clin d’œil complice une fois son coup d’éclat réalisé. Les deux autres Stones ont un aspect de Pères tranquilles. Leur modération et leur attitude réservée font encore plus ressortir les excentricités des trois autres. *** JOCELYNE BOURSIER de ROCK N’FOLK

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Janvier 1964, les Rolling Stones partent à travers l’ Angleterre. Pour la première fois ils occupent la tête d’affiche. Il sont accompagnés lors de cette tournée par un autre groupe the Ronnettes. Les Rolling Stones commencent à être connus. On les voit à Montreux (21 avril 1964) pour le festival international de T.V : La Rose d’Or. Puis à Wembley.

Les U.S.A ?… Nous sommes en juin 1964 (le 25 mars à LYON, EDDY 2ème du nom a pointé sa frimousse), de Hollywood à Detroit, les Rolling Stones sont la cause de remue-ménages ou de manifestations extra-musicales qui leur deviendront vite coutumières. *** La police a arrêté une conférence de presse que les Rolling Stones donnaient au beau milieu de Michigan Avenue, centre de Chicago. Pendant que des fans hurlant se groupaient autour de ces cinq chanteurs anglais, la circulation risquait de s’arrêter. Un chef de police, en colère, cria « circulez ou nous vous enfermons tous. *** DAILY TELEGRAPH 12 juin 1964.

Néanmoins, cette tournée sera un échec, les Rolling Stones n’ont, semble-t-il, pas atteint le public américain. Août 1964, la Hollande, puis l’Islande…

Septembre 1964, de nouveau l’Angleterre, retour triomphal ; Mick, Brian, Keith, Bill, Charlie s’affirment de jour en jour comme de grandes vedettes internationales. Melody Maker du 10 septembre donne aux Stones le titre du groupe anglais le plus populaire. Luton, Cardiff, Liverpool (fief des Beatles), Hull, Manchester... Partout le même accueil délirant. 24 joueurs de rugby sont engagés un soir pour protéger les Rolling Stones contre l’ardeur destructrice de leurs fans.

Les Rolling Stones, ce groupe parmi tant d’autres : the Kinks, the Supremes, the Mandfred Man, the Zombies, the Shadows... ont en quelques disques conquit une popularité que beaucoup d’autres groupes aimeraient atteindre.

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C’est donc ce groupe qui est déjà célèbre et très controversé, ou plus exactement très critiqué, qu’attendent les Parisiens pour le 20 octobre 1964 à l'Olympia. *** The Rolling Stones ont choqués les pays du monde entier comme James Dean et Marlon Brando à leur époque. En les voyant pour la première fois, le mot qui vient sur les lèvres est : « qu’est-ce que c’est encore que ces gueules d’impossibles » . *** DISCO REVUE du 3 octobre 1964.

Les Rolling Stones existent vraiment depuis un an à peine et déjà ils sont attendus avec les honneurs et les excès réservés aux grandes stars. Déjà on s’aperçoit que les Rolling Stones ne sont pas un groupe banal à la mode. Déjà il se dégage une fascination étrange et inexplicable ou inexpliquée qui leur est particulière. Avec les Rolling Stones il y a la musique et autre chose. *** Mick/Brian/Keith/Bill/Charlie, ces noms sont porteurs d’images… Des tambourins, des marraccas, des harmonicas. Jagger/Jones/Richards/Wyman/Watts. Une façon minutieusement particulière de frapper dans ses mains en chantant, de tenir sa guitare ou sa basse, de brandir le micro. Mick/Brian/Keith/Bill/Charlie, jamais de sourires commerciaux. Des réponses évasives ou fantaisistes aux interwiews, des vêtements dépareillés sur scène, des attitudes provocantes pour certains. Mick Jagger, Brian Jones, Keith Richards, Bill Wyman, Charlie Watts. Des cheveux longs… Surtout des cheveux longs. Les Rolling Stones enrobent leur musique de tout un contexte. Ils créent un micro-folklore qui protégera leur art contre les ingérences nuisibles. Ainsi ils se démarquent. Ainsi ils démasquent l’incompétence et l’opportunisme. Ainsi ils drainent un public solide. Ce public, tout comme une foule d’autres musiciens, va bientôt adopter leur folklore. Il va défendre sa musique , puis toute sa personnalité marginale, avec les mêmes isolants, les mêmes révélateurs. Les cheveux vont pousser. Malgré un déballage significatif d’agressivité haineuse (que beaucoup d’entre vous, un jour, ont dû subir), les amateurs masculins des Stones et du Rock vont obstensiblement porter les cheveux longs. En leur présence, le bagarreur des fins de bals-musettes, le jeune-cadre-plein-d’avenir, les mémères aux enfants sains, les champions de la virilité, les gardes-chiourmes, les proxénètes en tout genre sentent confusément, perçoivent physiquement l’écroulement des pauvres valeurs auxquelles ils raccrochaient leur personnalité creuse. D’où leurs réactions. *** SACHA REINS , BEST n° 28.

Les Rolling Stones reçoivent à Paris un accueil fantastique, la presse parisienne ne leur fait cependant aucun cadeau. Les termes employés pour la circonstance étant, on s’en doute, peu enclins à la sympathie.

Qu’importe…

Devant l’Olympia, il y a des flics partout. A l’intérieur, les amateurs de Rock, les Rockers, vident de scène tout ce qui ressemble de près ou de loin à un YE-YE. Dick Rivers en fait les frais ! A la sortie du spectacle une râfle générale fait que des centainesde jeunes se retrouvent au poste.

Beaucoup de fauteuils ont été cassés. Le cyclone Rolling Stones est passé. Ils viennent en une soirée d’enthousiasmer les Parisiens. Mick, Brian, Keith, Bill, Charlie qui viennent de chanter Carol, un vieux truc de Chuck Berry deviennent aux yeux des Français le groupe numéro 1, devançant dans notre pays les Beatles.

Puis vint la deuxième tournée américaine. La réputation de voyous, de mauvais garçons à ne pas fréquenter était arrivée avant eux. Ce sera la cause de l’échec de cette nouvelle tournée car les Parents et les Autorités américaines font en sorte que leurs enfants ne puissent se rendre aux concerts des Rolling Stones. C’est ainsi que les Maires de Milwaukees et de Cleveland firent des déclarations à la presse et à la radio locale pour mettre en garde les Parents, car le tour de chant donné par les Rolling Stones était immoral. Nos cinq amis jouent dans des salles pratiquement vides. BRIAN JONES tombé malade, les Stones finissent à quatre, cela n’arrangeant rien non plus. Pourtant la tournée aussi peu fructueuse soit elle permet aux Stones de se faire connaître aux teenagers américains (qui achètent massivement l’album The Rolling Stones 12x5) la musique et le blues. *** Car avant l’arrivée des groupes anglais et des Stones en particulier, le blues et le rythm and blues ne dépassaient jamais le cadre de l’auditoire de couleur. Aux Etats Unis, il existe des stations radio pour les Blancs et des stations radio pour les Noirs. Dans une certaine mesure, Mick, Keith, Brian, Bill et Charlie ont détruit un des aspects de la ségrégation des gens de couleurs outre Atlantique, ou pour être plus juste, ils ont vaincu une ignorance. Grâce à eux, on a vu des artistes Noirs prendre enfin la place qu’ils méritaient dans le hit national. Et Muddy Watters en prenait conscience lorsqu’il affirmait que les Stones sont ses fils spirituels. De même Louis Armstrong qui déclarait un jour que leurmusique était bourrée de swing. *** PHILIPPE RAULT de ROCK N’FOLK.

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mardi, 12 août 2008

1963, naissance d'une légende

medium_page_de_garde_livre.jpg THE ROLLING STONES.... Ces trois petits mots qui déclenchent instantanémant dans l'esprit de milliers de personnes des réactions très diverses selon l'être récepteur. Ces sentiments peuvent aller de l'admiration à l'amour en passant par l'envie et même le dégoût...

Personnages, qui semblent être sortis d'une bande dessinée de fiction, devenus légende...

Souvenirs !

....Le début de cette légende se situe aux environs de 1963 (cette année là, Serge, mon aîné a fêté le 12 juin son premier anniversaire). La BEATLEMANIA fait rage ; ces quatre garçons dans le vent vendent déjà un certain nombre de disques et bénéficient d’une bonne presse car ils apparaissent aux yeux de nos aînés comme des enfants de bonne famille chantant de très belles mélodies. En France, Johnny Hallyday et les Chaussettes Noires
(qui ne vont pas tarder à se séparer. Eddy Micthell décide de faire carrière solo, avec la suite que nous connaissons) représentent l’élite de tous les chanteurs de rock n’roll « made in France ».

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Rockin'Daddy photographié avec les Chaussettes Noires...

Nous sommes en pleine vague YE-YE et subissons le matraquage sur les antennes de chansons style l’école est finie, yé… l’école est finie… etc…C’est à cette époque qu’apparaissent ces cinq troublions, ces empêcheurs de tourner rond. Eux qui sont restés fidèles à Chuck Berry, Bo Diddley, Muddy Watters (dont la composition Rolling stone blues servit de nom de baptême au futur groupe) c’est à dire au Rock et au Rythm and blues des Noirs. The Rolling Stones font leur entrée sur le marché du disque avec des titres comme Come on de Chuck Berry ou I wanna be your man des Beatles.

THE ROLLING STONES,

ces pierres qui roulent ?… Qui se cache derrière ce nom pour le moins bizarre ?… Le dos d’une pochette de disque répond à cette question.

*** MICK JAGGER, chant et harmonica, 19 ans, de grands yeux bleus, aime la cuisine chinoise.
BRIAN JONES, chant, guitare et harmonica, 19 ans, blond. Fume jusqu’à 60 cigarettes par jour. A fait tous les métiers, a joué dans un orchestre de jazz.
BILL WYMAN, chant et guitare basse, 21 ans, les joues creuses, les cheveux noirs, très pâle. Admirateur de Chuck Berry. Surnom : le Fantôme.
KEITH RICHARDS, guitare , 19 ans, cheveux noirs, aimerait vivre dans un bateau sur la tamise. Collectionne les disques de Chuck Berry et de Jimmy Reed.
CHARLIE WATTS, drums, 21 ans, le beau brummel du groupe. Possède plus de 100 mouchoirs. Surnom : Charlie BOY. *** disque DECCA n° 457.043 M

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Deux amis d’enfance qui se retrouvent… Keith et Mick… Un ami commun: Dick Taylor (il créera plus tard the Pretty Things)...Le premier est un fervent adepte de Chuck Berry, de plus il a appris la guitare et joue déjà fort bien. Quant à Mick il paraît préférer le chant (le blues surtout) que toute autre activité. Il poursuit malgré tout des études qui se passent bien, car apparemment, même si cela surprend ses détracteurs futurs, Mick Jagger, leader des Rolling Stones, n’est ni sot, ni débile, n’en déplaise à certains. Dick Taylor joue de la basse.

Alexis Corner, musicien de jazz de l’époque, présente à ces trois inséparables à un de ses amis : il est blond, il est beau, il deviendra aussi célèbre, aussi critiqué que Mick Jagger…. Brian Jones. Ce dernier joue aussi de la guitare et se joint au trio déjà formé. Il manque, pour constituer une vraie formation, un batteur. Ce sera chose réglée quand Charlie Watts, batteur du groupe d’Alexis Corner rejoindra le quartet formé par Mick, Keith, Brian, Dick.

The Rolling Stones sont nés ! Pas définitivement peut-être, puisque quelques temps après, Dick Taylor laisse sa place à un bassiste engagé après maintes auditions (les Rolling Stones sont déjà très difficiles quant au choix des musiciens). Ce bassiste que l’on surnommera le Fantôme à cause de son immobilité sur scène, de sa pâleur et de son calme légendaire : c’est Bill Wyman.

Si les Beatles ont l’appui de la presse anglaise, les Rolling Stones, eux, se mettent à dos toute la Gentrie anglaise. *** Ils s’habillaient avec une excentricité agressive, laissant leurs cheveux pousser n’importe comment et chantant exclusivement des blues de Willie Dixon ou de Muddy Watters, dont le moins qu’on puisse dire, est qu’ils n’étaient pas à mettre dans toutes les oreilles. *** SACHA REINS, BEST du 1 oct 1970.

Les Beatles et les Rolling Stones ont une voie parallèle, les premiers sont l’image de la gentillesse, et les seconds sont le symbole de la méchanceté. Les Beatles sont mignons, ils sont très polis, ils ont un costume bien taillé. Même la Reine Elisabeth les reçoit pour les entendre chanter. Les Rolling Stones sont horribles, en deux mots, ils font peur aux braves gens.

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N’oublions pas qu’à cette époque un orchestre, digne de ce nom, devait se présenter sur scène en smocking ; tous les musiciens étaient vêtus de façon identique (c’était la règle). Par exemple les célèbres Shadows, les Beatles, les Kinks, les Chaussettes Noires ou Johnny Hallyday. Imaginez vous ces cinq garçons faisant leur apparition sur les scènes comme si ils venaient d’arriver quelques minutes auparavant, donnant l’impression de ne pas avoir les moyens de se payer un costume de scène ! Les clodos du music hall. Et puis ces cheveux au vent, ces bottines… En résumé une attitude qui n’est pas pour rassurer. *** Les Rolling Stones ? oh, no, shocking... Absolutely disgusting ???... Partout où Mick, Keith, Brian, Bill et Charlie passent, c’est l’émeute. Les Beatles aussi me direz vous, mais le public des Stones est à l’image de ses idoles, mal peigné, débraillé, grossier souvent. En un mot on va à un concert des Beatles en complet veston et à un concert des Stones en jean et sans cravate ? D’ailleurs cette décontraction vestimentaire, les Stones en ont fait un de leurs atouts de scène. Il arrivent habillés n’importe comment : T-shirt, lewis, foulard de soie, vestes aux couleurs vives. Ça crie, ça hurle comme leur musique. *** PHILIPPE RAULT de ROCK N FOLK.


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