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mercredi, 04 avril 2012

1971, cinq + 1

1971, Cinq + 1 ...
Mick//Keith//Brian//Bill//Charlie//Mick

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“de son vrai nom Michael Philip Jagger, né le 25 juillet 1943...”. Il y a Keith, brian, Charlie, Bill, puis Mick taylor qui remplace Brian quelques temps avant sa mort. Le mariage de ses personnalités forme un groupe de Rock,le plus célèbre, avec Mick Jagger le chanteur.

Mick Jagger, celui que beaucoup juge vulgaire avec ses lèvres épaisses, son sourire ironique,l’air effronté des sales gosses des quartiers populaires. La bête de scène qui viole son public, féminin ou masculin. Il magnétise les foules.***là où il se passe quelques choses, là où J. Hallyday, Béart, Valéry Radot, J.J.S.S. et bien d’autres saltimbanques peuvent aller se rhabiller, c’est sur ce qui arrive en scène, sur cette insolence inouïe le Mick, sur cet amour méprisant du public que personne n’a jamais approché. Insolent parce qu’il est beau et invulnérable dans son costume croisé de satin rose culotte, et qu’il n’a qu’à aller à la pêche de son public.*** HAMBONE WILLY, CHARLIE HEBDO.

A ce propos, je me permets une petite parenthèse hors du sujet : Elvis Presley, que beaucoup ont prétendu être le King en matière re Rock n’roll, a bien sûr repris des classiques du Rock (écrits par Chuck Berry entre autres), mais a surtout chanté de très belles chansons de variétés comme l’ont fait avant lui Bing Crosby, Franck Sinatra ou Dean Martin, les très célèbres crooners américains. Elvis a lui aussi fait hurler les filles, mais ces filles, avec leurs lunettes et leur mine juvénile d’étudiantes, ressemblaient et ressemblent encore, à s’y méprendre aux minettes accompagnées de leurs mamans qui écoutent d’un air attendri et ému, avec la petite culotte humide, le dernier disque de Clo-Clo ou Sheila. Je n’oserais pas vous conseiller, pour étayer mes propos, le film Elvis Show. Ceci précisé pour éviter toute comparaison entre deux sujets incomparables. Mick Jagger, à tort ou à raison représente une image à laquelle on s’identifie, on aimerait secrètement lui ressembler, parce que justement c’est un être de chair comme nous. Il est le révélateur de nos pensées. Il est ce que l’on voudrait être, il est ce que l’on se défend d’être. En deux mots, il apparaît comme un reproche vivant aux yeux de beaucoup. ***Car Jagger depuis longtemps n’est plus un chanteur, mais un symbole. En fait, il n’a jamais cessé de l’être. A une époque où John, Paul, Georges et Ringo, impeccablement costumés, cravatés et poudrés faisaient pleurer les minettes en leur sussurant qu’ils voulaient prendre leur main, Mick, débraillé et en sueur gueulait I want just make love to you et montrait son cul chaque fois qu’il en avait envie. C’est pas des choses que la silencieuse majorité avale facilement. Les honnêtes gens s’indignèrent, la presse pourrie fit écho et organisa un sondage d’opinion avec la question suivante : « laisseriez-vous sortir votre sœur avec Mick Jagger ? ». les Stones avaient remplacé le Nègre et d’un bout à l’autre de l’Angleterre les vieilles filles s’endormaient en serrant contre leur maigre poitrine un crucifix, seul moyen connu vraiment sérieux pour éloigner les vampires et, pourquoi pas, Mick Jagger.***SACHA REINS, BEST N° 36.

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Les amateurs d’idoles et les fans inconditionnels sont comblés par deux films dans lesquels Mick Jagger est un des acteurs principaux du générique : PERFORMANCE et NED KELLY.

PERFORMANCE où Mick Jagger apparaît plus efféminé que jamais,poussant l’équivoque du sexe à son paroxysme. PERFORMANCE, c’est la rencontre d’une pop star déchue (incarnée par Mick Jagger. Le personnage qu’il joue pourrait être lui dans quelques années ?…) et d’un gangster (James Fox) qui se lient d’une amitié des plus ambigûes. Le rôle féminin est tenue par Anita Pallenberg !

NED KELLY conte l’histoire d’un révolutionnaire australien (qui pourrait être, mais qui n’est pas Mick Jagger). Pour les cinéphiles, l’approche est autre. Il découvre un nouvel acteur qui sans être encore génial peut prétendre à une place honorable si on le compare à d’autres acteurs ou d’autres chanteurs passés au cinéma. *** Désolé de le dire, mais Jagger joue pourtant mieux que J. Hallyday, Adamo et Aznavour, choisit mieux ses rôles que J. Brel.*** PHILIPPE PARINGAULT ; ROCK ET FOLK N°50.

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Dans PERFORMANCE , une scène musicale avec Mick Jagger qui chante Memo from Turner rappelle quelques instants qu’il est le leader d’un groupe de rock : les Rolling Stones. Dans NED KELLY, il joue vraiment et seulement un rôle d’acteur, faisant oublier aux spectateurs son appartenance à ce fabuleux groupe.

PERFORMANCE a beaucoup de succès aux Etats Unis et en grande bretagne. Il est boudé en France car les producteursle présentent comme un film de cul et le distribuent dans les salles adéquates.

NED KELLY présenté dans les cinémas populaires (C.N.P) avec leur clientèle un peu snob et pas si populaire que ça,connaît à peu près le même sort. Il faut noter que ces deux films méritaient un succès plus grand. Peut-être dans les deux cas le chanteur des Rolling Stones a été mis trop en avant au détriment de l’acteur Mick Jagger. La critique ayant trop vite jugé le chanteur du groupe scandaleux (on ne se débarrasse pas aussi facilement de ses préjugés), et de nombreux jeunes n’ont voulu que retrouver Mick Jagger l’Idole des Idoles.

Chanteur, parolier de talent, acteur débutant, mais prometteur, Mick Jagger cet insolent personnage qui paraît ne rien prendre au sérieux, qui semble réussir avec facilité tout ce qu’il entreprend, et qui a maintenant, pour se défendre, de meilleurs avocats qu’à ses débuts. ***Mick Jagger, au visage haineux, aux lèvres insultantes, au corps démoniaque qu’il manie comme un bel instrument, qui est-il vraiment ?…*** JEANNINE DARLES , BEST N°34.

Il y a Jagger, Jones, Wyman, puis Taylor. Ils sont les Rolling Stones dont le guitariste soliste est Keith Richard.

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Keith, c’est l’âme damnée de Mick Jagger. C’est lui l’accoucheur, avec son conjoint, des principaux succès des Rolling Stones. Cette association donne le jour à des hits internationaux, Satisfaction,Sympathy for the devil, Street fighting man. Keith a été mis au monde le 18 décembre 1943. Keith, avec sa gueule de flibustier qu’on se plait à décrire comme un des rares musiciens pop à jouer juste pendant tout un concert. Sur scène, il est à gauche de Mick Jagger. Il fait le contre chant quand cela est nécessaire. C’est lui qui semble mener le groupe musicalement. Il est le chef d’orchestre en quelque sorte.

Keith, l’air d’être continuellement dans les vaps, est considéré tout au long de la carrière des Stones, avec Mick Jagger, comme un des hommes à abattre. Il n’en reste pas moins un musicien discret lors des shows des Rolling Stones, remplissant son rôle de soliste efficacement sans jamais user de guignoleries ou d’effets du genre Alvin Lee. Keith Richard n’a pas la prétention de jouer vite, mais celle de jouer bien. Prodigal song, une guitare acoustique, une ballade très rythmée, Keith montre tous ses talents de guitariste. Un musicien pop ne fait pas du bruit, comme certains ignares le disent, mais de la musique, Keith richard le démontre avec un immense talent. D’ailleurs il est vautré confortablement et continuellement dans sa musique. N’oublions jamais que la seule chose que les Rolling Stones respectent, c’est peut-être aussi leur musique, rien que la musique.
Keith Richard partage les mêmes ennuis que Mick, en 1967, lorsqu’ils goûtent la chaleur accueillante des prisons britanniques. Marié avec Anita Pallenberg, il mène maintenant une vie tranquille au bord de la Méditerranée, en père comblé et heureux.

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Carol… C’est le troisième disque des Rolling Stones. En haut, à gauche, sur la pochette, c’est lui: Brian Jones. Il est le guitariste d’accompagnement du groupe. Il joue de l’harmonica aussi, ainsi que de nombreux autres instruments, sitar, dulcimer… C’est Alexis Corner qui le présenta à Mick et Keith. Ce garçon qui fit tous les métiers accepta d’emblée la nouvelle amitié offerte par Mick et Keith.Ce sont eux trois qui fondent pratiquement ce groupe qui devait devenir mondialement célèbre.
Brian souffre depuis son enfance de crises d’asthmes, il est né le 28 février 1942. ces crises lui posent des problèmes car elles ne lui laissent guère de répit. Au cours des nombreuses tournées qu’i effectue avec les Stones,toujours la même question : « vais-je tenir le coup sur scène ? ». en 1964, lors de sa visite des Etats unis, il tombe malade obligeant les Stones à terminer à quatre.
Puis c’est le succès des Rolling Stones, c’est surtout celui de Mick et de Brian qui apparaissent comme les deux stars du groupe mal aimé. Ce sont eux que l’on remarque sur scène, pourquoi ? Oui pourquoi eux et pas les autres ; c’est le mystère humain qui demeure entier. Pourquoi celui-la plait et pas l’autre. Le succès des Rolling Stones grandissant ne diminue en rien la gravité de la maladie de Brian qui continue la prise de médicaments et autres produits licites ou non. La drogue est-elle une solution ? lui seul pourrait répondre à cette question. Il se drogue, il fume le hashish, la marijuana. Si tout cela ne lui fait ni bien, ni plus mal ( ???), cela lui cause bien des ennuis avec la police anglaise. Cette même police qui avait découvert des stupéfiants dans son appartement lors d’une perquisition ! Il devra payer de fortes sommes d’argent à l’Etat, pour conserver sa liberté.

Brian Jones est compositeur à ses heures. Il écrit la musique du film VIVRE A TOUT PRIX (avec Anita Pallenberg) ? C’est tout le problème. Brian quitte les Rolling Stones en juin1969, les Rolling Stones abandonnent sur le chemin Brian Jones ? La légende est confuse. Le 3 juillet Brian quitte la vie. Suicide ? Accident ?***Que s’est-il passé, le mercredi 2 juillet à onze heures du soir, quand Brian, après avoir bu et repris de la drogue, s’est soudain mis en costume de bain et a quitté le salon pour la piscine ? S’est-il souvenu d’un coup, peut-être que l’on était justement le 2 juillet, et que, le 5 devait avoir lieu à Hyde park un grand concert des Rolling Stones. Fut-ce autre chose ? La musique, la fatigue, l’amour, la campagne, la drogue… Il arrive qu’à certains moments de la vie tout se mêle, et qu’une lassitude immense vous vienne. Une lassitude, oui, ou un chagrin, ou quelque chose de flou (mais non de brouillé), quelque chose de flou à la fois et très précis, que l’on reconnaît, que l’on accepte. Alors l’asthme ou autre chose.. Pourquoi pas l’asthme, après tout ?*** GUY ABITAN, SALUT LES COPAINS, JUILLET 1969.

ONE + ONE, film de Jean Luc Godard qui retrace une séance d’enregistrement des Stones, permet aux fidèles de Brian de le revoir à l’occasion d’une nouvelle projection. Sauf si on a déjà oublié ce guitariste qui commit une grande et impardonnable erreur, mourir jeune, trop jeune.

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En 1969, il lui revient le redoutable honneur et privilège de remplacer Brian Jones au sein des Rolling Stones. Qui est-il ?
Il a fait ses classes avec John Mayall à la difficile école du blues, comme avant lui Eric Clapton.
Mick Taylor, né le 17 janvier 1948, jouait dans le groupe de Mayall, les Bluesbreakers avec qui il va enregistrer trois albums : CRUSADE , BARE WIRES, BLUE FROM LAUREL CANYON. John Mayall est un des meilleurs bluesman et tient à garder cette réputation. C’est pourquoi il ne choisit pas n’importe qui pour l’accompagner.Les Rolling Stones non plus d’ailleurs. C’est sûrement ce qui a penché en la faveur de Mick Taylor lors de la décision des Stones en vue du remplacement de Brian. ***Après Clapton et Green, Mayall nous a trouvé Mick Taylor, et les Stones ont vraiment fait une bonne affaire en l’incorporant au sein du groupe. Mais qu’il a l’air timide…***JACQUES ALLEMAND, EXTRA, SEPTEMBRE 1970.
Le voici donc devenu un Stones. Sa première apparition sur scène, c’est donc le 5 juillet à Hyde park. Il l’air complètement paumé. Il est là, comme apeuré , semblant ne pas faire partie de ce groupe si agressif. Mick Jagger fait bon nombre d’efforts pour l’intégrer au groupe. Mick Taylor, excellent guitariste apporte un nouveau et solide renfort aux Stones. Cependant il ne pourra remplacer Brian Jones quant au charisme que ce dernier dégageait. Brian paraissait sûr de lui, jamais discret. On croirait Mick Taylor gêné d’être là. L’ombre de Brian planera sans doute longtemps sur ce grand musicien qu’est incontestablement Mick Taylor… le petit nouveau…

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Et eux ? Bill Wyman, Charlie Watts… Ils semblent être les anonymes du groupe. Il faut dire qu’ils donnent l’impression d’être les sages qui surveillent d’un air paternel les autres garnements du groupe. Les petits galopins que sont Mick, Keith et Brian. Pourtant leur rôle n’est pas sans importance. Ils forment à eux deux une des plus solides formations rythmiques de la pop music.

Bill Wyman, qui vit le jour en 1941, le 24 octobre, dit le Fantôme, avec son jeu de basse sans faiblesse. Bill Wyman, qui, sur scène est figé dans une attitude hautaine, presque mondaine. Il ne sourit jamais. Il nous rappelle l’acteur de cinéma Buster Keaton. Mick Jagger dit de lui : « je ne le vous présente pas, il est tellement transparent que vous ne le verriez pas ». Bill Wyman compose et chante In another land dans l’album THEIR SATANIC MAJESTIES REQUEST. Goin home, sa basse qui agace, qui ne vous laisse aucun répit. Cette basse qui vous prend les tripes et qui vous entraîne inexorablement et inconsciemment vers une folle envie de suivre le tempo fou des Rolling Stones.

Une basse, une batterie d’enfer, et un personnage encore plus discret : Charlie Watts. Il naquit le 2 juin 1941, et il assume la tâche peu facile de donner de l’énergie aux compositions des Stones, le punch nécessaire à cette musique violente et puissante. Charlie Watts que l’on remarque peu sur scène, mais qu’on reçoit au fond de soi-même à travers la puissance de frappe sur ses tambours, a les honneurs de la pochette de l’album GET YER YA YA’S OUT qu’il partage avec un mulet chargé de guitares et de batteries. Charlie Watts écrit des poèmes et dessine. Il a d’ailleurs publié un recueil intitulé ODE TO A HIGHFLYING BIRD, qui est un hommage au jazzman Charlie Parker.

Mick Jagger, beau et férocement fauve, inaccessible ; Keith Richard, brun, l’air ailleurs, mais terriblement efficace avec sa complice guitare ; Brian Jones, blond, angélique, vaporeux ; Charlie Watts, très distingué et toujours en retrait, sauf quand il corrige ses caisses ; Bill Wyman, distant et hautain ; Mick Taylor, timide. Cinq moins un, ou cinq plus un, cinq êtres différents de nature, mais cinq pierres qui roulent tellement identiques qui sont fidèles à un amour unique, la Musique, le Blues et le Rock n’roll qu’ils nous font vivre avec une immense passion.

En dix années, ils ont vécu, et nous avec eux, une fantastique histoire, qui n’est pas encore terminée, que peu d’ artistes du music hall peuvent prétendre avoir vécu. 1963, cinq troublions issus de la basse populace des banlieues de Londres. 1965, Satisfaction, la consécration mondiale. Les scandales, la drogue, les geôles anglaises. Puis la mort de Brian, le 2 juillet 1969. Un groupe unanimement reconnu, adulé des foules de toute la planète et accueilli avec le faste de rigueur en 1970 dans notre beau pays de France. Un disque génial STICKY FINGER en 1971, l’histoire est fabuleuse, ils sont entrés de leur vivant dans la légende du Rock.

Au fait ? Comment les appelle-t-on ces gars-là ?….

…Ladies and gentlemen... THE ROLLING STONES, THE FABULOUS ROLLING STONES.....

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C'est ainsi que ce terminait mon bouquin en juilet 1972....
J'attendrais jusqu'en 2002 pour écrire cette extraordinaire suite à la plus fabuleuse histoire Rock de tous les temps !!!

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** Zep, l'enfer des concerts**

07:23 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rockin'daddy