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vendredi, 12 mars 2010

1995, 27 juillet... Avec Bob Dylan

27 juillet, espace Grammont
Avec Bob Dylan....


Et nous au milieu de cette agitation médiatique ?

Et bien, comme j’avais gagné 2 places en participant à un concours radio patronné par Midi libre, et que j’avais déjà acheté les billets pour nous (Corinne, Sophie -11 ans-, Daniel et moi), nous offrons ces places à un ami, Tonin, grand fan de Toto, et à sa fille Julie-13 ans-. Nous voilà, en cette fin d’après midi très ensoleillée en route pour Montpellier où nous nous dirigeons vers le parking de la gare.

medium_1995_navettes.jpgDe là, nous empruntons une des nombreuses navettes mises à la disposition par la ville de Montpellier. Navette qui nous dépose quelques minutes plus tard devant l’entrée de l’espace Grammont sur lequel est construit le Zénith. Le rite de la fouille s’effectue avec courtoisie (il ne faut pas oublier que nous sommes en alerte attentat) et sans bousculade nous accédons à ce grand champ, avec, la bas cet impressionnant édifice qu’est la scène de VOODOO LOUNGE, devant laquelle sont déjà agglutinés de nombreux fans qui ont du arriver aux premières heures. Comme de coutume pour un concert des Rolling Stones, les Black Crowes vont s’évertuer à faire patienter les troupes, qui à l’heure de leur passage ne sont pas encore au complet. Pendant ce temps, d’ailleurs, on peut aller tranquillement faire nos achats de T-Shirt ou autre porte clé à la langue tirée ou au fantôme déhanché, logo de la tournée.

Quelques bières plus tard, Bob Dylan et ses musiciens font leur apparition sur le pont de ce grand navire, trop grand pour eux car ils n’occupent que quelques petits mètres carrés devant la scène. Ils sont vêtus façon Mormons, comme on en voit dans les films à la télé, j’ai trouvé cela assez amusant… Malheureusement pour eux, la sono était un peu faible et je pense que la plupart des spectateurs connaissait assez mal, ou pas, l’œuvre de Dylan. Ainsi, personnellement, je l’ai déjà souligné, hormis Blowing in the wind, ou Like a rolling stone, je ne connaissais Dylan qu’à travers les excellentes reprises, en Français, de Hugues Aufray. Néanmoins, par curiosité, j’abandonne un moment mes amis pour me faufiler (à cet instant-là c’était encore possible) au plus près de la scène. Je pus donc approcher le grand Bob Dylan qui ne remporta ce jour-là qu’un mince succès auprès d’un public essentiellement Stones ! Dommage pour lui.

Il y eu quelques mots sympas à son encontre lors d’un compte-rendu le lendemain :*** « Le grand Bob » ; Entourés de deux guitaristes chapeautés de feutres noirs, d’un contrebassiste acoustique, guitare sèche, le grand Bob joue dans des conditions indignes de sa légende, de son art. Ecran éteint, il n’est qu’une petite silhouette lointaine. Mais la hargne qu’il déploie remplit tout l’espace. Son répertoire égrenant des morceaux de légende, sa voix nasillarde que l’atmosphère acoustique met en valeur, arrache vite l’adhésion du public. Dylan est en forme. Il joue ainsi pendant une heure. Pas de rappels. *** JEAN MARIE GAVALDA, MIDI LIBRE, 28 JUILLET 1995.

Il reste quand même indiscutable que, quel que soit l’artiste, le concert ne prend sa vraie dimension que si l’on connaît les chansons. Il faut aussi être imprégné de la culture, du style musical du chanteur, du groupe. Je pense encore aujourd’hui, que ce soir-là Mick Jagger n’a pas vraiment fait un cadeau à Bob Dylan, en l’invitant en première partie. Peut-être a-t-il réglé une vieille querelle avec Dylan qui avait déclaré plusieurs années auparavant que les Stones n’auraient jamais pu écrire Like a rolling stones, ce à quoi Mick Jagger aurait rétorqué que Bob Dylan, lui, ne pourra jamais chanter Satisfaction….

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Dès la sortie de scène de Bob Dylan, une nuée de roadies s’affairent sur scène pour débarrasser le matériel de Dylan, passer une dernière fois en revue le matos des Stones et donner un dernier coup de balai brosse pour nettoyer le sol que ne saurait tarder à fouler leurs augustes majestés.

Pendant ces longues minutes, l’atmosphère se tend, les derniers rayons du soleil s’accrochent comme pour exciter encore plus cette immense foule qui trépigne d’impatience jusqu’au moment, ou enfin le tam-tam qui annonce l’intro de Not fade away suivit d’un ouragan de bruit et de lumières introduisent , ceux qu’on ne se lasse pas de voir, de revoir : Les Rolling Stones.

Trois semaines après je vais pouvoir une fois encore revivre d’intenses moments de rock n’roll servit par un des Groupes les plus fameux de toute son histoire. Mick Jagger, fidèle à lui-même, semble vouloir fêter avec nous, ses 52 ans, et démontrer sans ambiguïté, à tous les détracteurs, que les Rolling Stones sont encore là pour longtemps. Et comme à Paris, ils nous offrent des extraits du dernier album, et nous resservent de bons vieux classiques qui font vibrer toute cette foule qui se presse à Grammont. Sans oublier Start me up qui fait bondir Julie (13 ans) et Sophie (11 ans) qui se mettent à gesticuler avec frénésie…Elles vont se souvenir très longtemps de cet instant….. Il y a toujours, bien sûr, toute la magie vaudou de Sympathy for the devil, les poupées gonflables, Brown sugar, Keith Richard qui jubile, Satisfaction, Ron Wood avec son clope au bec, Papy Charlie qui s’éclate derrière ses tambours, Honky Tonk Woman, les choeurs fabuleux, la drague de Jagger auprès de sa belle choriste, les effets de lumières, la foule qui crie sa joie.
C’est un vrai concert des Rolling Stones, comme on les aime.

Et il y a aussi le moment où entre sur scène, pour rejoindre les Rolling Stones, Bob Dylan. Cette fois, pendant la durée du duo Jagger/Dylan avec Like a rolling stones, on va vraiment entendre chanter Bob.
Un grand moment, certes, mais on ne saura jamais vraiment qui de Mick ou Dylan fut ovationné ? Cela restera quand même un très beau souvenir.
Miss you, It’s only rock n’roll, jumping jack flash font défiler le temps trop vite, plus de deux heures déjà, et c’est le feu d’artifice, magnifique, mais annonciateur mal venu, de la fin d’un concert que l’on aurait aimé voir durer plus encore, pour écouter beaucoup d’autres chansons parmi les centaines que compte le répertoire de plus de trente ans de carrière des Rolling Stones.

C’est bien fini, et il nous faut retrouver le dehors avant de rentrer.

Et là, dehors, commence une nouvelle aventure pédestre….
En effet, si à l’aller les navettes amenaient au fur et à mesure les spectateurs, au retour, tous les spectateurs en même temps sont là pour prendre la même navette. Ce qui occasionne la création de queues, et engendre des bousculades pas possible, avec des attentes indéfinies, d’autant qu’on ignore jusqu’à quelle heure nous pourrons en prendre une…. Un petit conseil au pied levé, et on décide à l’unanimité de traverser, non pas Paris cette fois, mais Montpellier pour retourner vers la gare….à pieds….
Des pieds qui furent des plus heureux quand enfin ils aperçoivent l’arrière de l’auto, là, sur le parking ! On fit en sorte, en chemin, à ne pas trop penser à nos pieds en nous racontant les souvenirs tout chauds des heures qui venaient de nous enchanter.
Mon ami « Totosien » avouant même qu’ils avaient trouvé les Stones grandioses.

dimanche, 07 mars 2010

1995, l'Olympia

Et maintenant l'Olympia
... et la presse unanime


Le lendemain, Le Progrès du 1er juillet avec « Les Stones aux Champs » nous rapporte le succès du concert de ce vendredi et confirme la soirée prévue le 3 juillet à l’Olympia. *** Les Rolling Stones ont donné hier soir le premier de leurs deux concerts à l’hippodrome de Longchamp. Les organisateurs annonçaient 70 000 spectateurs, chiffre difficile à vérifier même s’is sont nombreux à avoir pris leur précautions pour s’approcher de l’énorme scène. Le lieu et les exploits gymniques de Jagger and Co…, à mi-chemin entre la raffinerie de pétrole et le décor de science fiction, confirme en cela l’esthétique exigée par les méga concerts contemporains depuis quelques années. On est sagement assis en famille, entre copains, il y a les jeunes, les moins jeunes mais les « papys » n’ont guère plus de 50 ans. Jagger livre clés en main un travail extraordinairement propre et efficace. Plus d’âme diront les cruels. Du savoir faire irréprochable rétorqueront les pragmatiques. Il y a ce qu’il faut pour satisfaire tout le monde : des hits par brassées, des riffs que la répétition n’est pas parvenu à émousser, des ballades éreintées mais touchantes. Le Rolling Stones Circus revient ce soir pour un second concert à Longchamp avant d’offrir un spectacle « cerise sur le gâteau » à l’Olympia lundi. *** LE PROGRES, 1er JUILLET 1995.

Le matin du 3 juillet on apprend dans le Parisien que le deuxième concert des Rolling Stones à Longchamp a eut lieu sous des trombes d’eau, vraiment pas de bol pour ceux qui y ont assisté, quand on sait que la veille nous avons eu un temps digne d’été avec la limite d’avoir trop chaud. L’édito poursuit en titrant « Les Stones : et maintenant l’Olympia ». *** Après Longchamp, qui a rassemblé vendredi et samedi 164 000 spectateurs, les Rolling Stones jouent ce soir à l’Olympia pour un « concert intime », trente et un ans après leur première venue dans la capitale et ce temple du music-hall où alors avaient été cassés plus de trois cent fauteuils…. Pour faire partie des cinq mille spectateurs de l’Olympia ce soir, il fallait faire la queue sur le trottoir du Virgin des Champs Elysées. Enfin, le précieux bracelet bleu au poignet, et le billet dans l’autre main, on pouvait aller enfin se coucher (certains étaient venus directement du concert de Longchamp). *** YVES BERTON, LE PARISIEN, 3 JUILLET 1995.

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Et arrive le grand soir, ou plutôt la soirée de gala qui donna lieu à plusieurs reportages dans nos journaux télé visés du fait de la présence du gratin parisien dans lequel on trouve, eux aussi avec le fameux bracelet, l’ancien-« toujours » ministre de la Culture et de la musique Jack Lang, ou encore Emmanuelle Béart, les Rita Mitsouko,

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Paul Personne, et même Patrrriiick Bruel… *** Comme prévu, l’Olympia a été pris d’assaut, hier soir, pour voir les Rolling Stones… Les yeux dans les yeux. Nombre de leurs fans étaient déjà là aux aurores pour être au premier rang… C’est la cinquième fois que le groupe anglais se donne en concert à l’Olympia après ceux de 1964, 1965, 1966 et 1967. Ce qui a fait dire hier soir à Jean Michel Boris, son directeur : « nous sommes très fiers et très heureux qu’ils aient choisi une fois de plus notre maison »…. Au total, un show très réussi, en dépit de quelques critiques à la sortie qui faisait état d’une sono un peu forte --- comme pour le concert de Joe Cocker,mardi dernier --- et d’une sécurité trop pointilleuse. *** YVES BERTON, LE PARISIEN, 4 et 5 juillet 1995.

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Les Rolling Stones, eux, sont accompagnés, chacun de sa petite famille ; c’est ainsi que cote à cote aux balcons sont installés Jerry Hall (Mme Jagger), Patti Hansen (Mme Richard), Joe Wood (l’épouse de Ron), le père de keith, les trois filles et le fils de Jagger, les enfants de Ron et les deux filles de Keith Richard . Et pour fermer ce chapitre sur l’Olympia, c’est Le Progrès qui tire ses conclusions avec son titre « Les Rolling Stones à l’Olympia : Stars et Stones » où il est écrit que pour ce concert réservé à quelques initiés, et une poignée de fans patients, il y avait presque plus de stars dans la salle que sur la scène.
medium_1995_la_longue_marche.gif*** C’est un étonnant paradoxe, souvent souligné par Jagger en personne, de voir un groupe ayant fondé sa légende sur ses mauvaises manières et ses habitudes sulfureuses, d’être aussi apprécié de la jet-set, tout pays confondus….. Voir les Stones dans un salle de la dimension de feu Palais d’hiver de Lyon, après deux shows à Longchamp devant 50 ou 60 000 personnes, permet de trouver à ces vieilles pierres le ciment qui leur convient….Il y avait du surréaliste de voir ce papa guitariste, archétype du rocker-voyou, envoyer des mimis à ses Filles pendant Jumping Jack Flash. Savaient-elles, ces petites blondes de six et sept ans, que leur papa avait donné son premier concert français sur cette même scène le 20 octobre 1964… Et que son précédent show à l’Olympia datait de 1967, avec Brian Jones. On fêtait justement lundi soir le 26ème anniversaire du décès du premier guitariste des Stones. *** THIERRY MEISSIREL, LE PROGRES, 5 juillet 1995 .

Après une nuit de fête chez Castel, avec la présence remarquée de Jack Nicholson, les Rolling Stones quittent Paris pour effectuer un crochet par l’Angleterre où ils doivent jouer à Sheffield et au stade de Wembley, pour 4 concerts très attendus, avant de retrouver une salle intime puisqu’ils joueront au Royal Albert hall à Londres.

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Photo "prêtée" par l'ami TWIS "ROB

Ensuite ils retraverseront la Manche pour se rendre dans le sud de la France où les attend en piaffant la « Province » à Montpellier, le 27 juillet.
Nous allons dès lors, pendant trois bonnes semaines assister à un véritable festival, avec un déluge de superlatifs dans les articles de la presse régionale. Une effervescence qui ira croissante de jour en jour jusqu’à LA DATE du concert du siècle !!!!

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Une des plus belles chansons des ROLLING STONES

Salt Of The Earth

Buvons aux travailleurs
Buvons à tous ceux d'origine modeste
Levez votre verre au bien et au mal
Buvons au sel de la terre

Dites une prière pour le simple fantassin
Ayez une pensée pour son travail à se casser les reins
Dites une prière pour sa femme et ses enfants
Qui brûlent les feus et qui labourent encore la terre

Et quand je fouille une foule sans visage
Une masse tourbillonnante de gris et de noir et blanc
Ils ne me paraissent pas vrais
En fait, ils ont l'air si étranges

Levez votre verre aux travailleurs
Buvons aux innombrables têtes
Pensons aux millions vacillants
Qui ont besoin de leaders mais qui ont à la place des petits joueurs

Ayez une pensée pour l'électeur qui reste chez lui
Ses yeux vides contemplent d'étranges spectacles de beauté
Et une parade d'escrocs en costume gris
Le choix entre le cancer et la polio

Et quand je fouille une foule sans visage
Une masse tourbillonnante de gris et de noir et blanc
Ils ne me paraissent pas vrais
En fait, ils ont l'air si étranges

Buvons aux travailleurs
Pensons à tous ceux d'origine modeste
Ayez une pensée pour la racaille
Buvons au sel de la terre

Buvons aux travailleurs
Buvons au sel de la terre
Pensons aux deux milliards
Pensons à l'humble de naissance

06:48 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : loisirsculture, livre