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mercredi, 11 novembre 2009

1990, l'Urban Jungle à Paris

Paris, 22.23.23 juin...

Après la liesse que connurent les Stones à Marseille, c’est le rendez-vous avec la Capitale française qui les attend. Il est prévu 3 soirs, les 22, 23, et 25 qui comme on s’en rappelle a sans doute été rajouté à la place de Lyon !!!!

Là encore, les 3 concerts vont drainer et enflammer un immense public. Tiens, même qu’à Lyon il nous fut possible d’avoir quelques échos dans notre principal quotidien Le Progrès.

« LES STONES AU PARC, SATISFACTION »

L’auteur de la chronique du jour nous commente le passage des Stones comme on le ferait pour une rencontre de foot-ball, stade obligeant sûrement…*** Les Pierres liftées roulent sur l’or mais ils n’ont pas roulé leur public. L’entreprise Jagger a encore du jus. Au Parc des princes, pas de ballon, pas d’arbitre, pas de hooligans, juste une foule bon enfant qui découvre (pour les teen-agers) ou retrouve (pour les papis et mamies rockers) une drôle d’équipe ; le dernier match en 82 n’avait été guère concluant, mis à part la dernière demi-heure de tir-au-tubes. Mais en huit ans, on a le temps d’oublier, de se refaire un mythe, une attente et même un groupe, un bon groupe pour une tournée. Même si le capitaine-entraîneur Jagger s’est entre temps égaré en solo en seconde division.------ Deux heures du mat’ dans un pub rock des halles, devant une petite centaine d’attablés, un obscur trio de jeunots reprend Jumping jack flash entre un Lou Reed et un Who. A un moment donné, le chanteur demande à l’assistance : y’en a qui étaient au « Parc » ? Le oui est quasi général. La plupart des consommateurs vient de passer son bac ou fréquente la fac. La moyenne d’âges des Stones est 48 ans. *** BRUNOS THOMAS, LE PROGRES, 23 JUIN 1990.

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Le lendemain, alors qu’on n’en attendait pas autant, nous avons droit à une deuxième couche : « ET JAGGER APPARUT EN REDINGOTE VERTE… » *** Ils étaient 60 000 au parc des princes pour fêter le retour des Stones. Jubilatoire, géant ! Vingt sept ans de gloire et ça roule toujours plus fort pour les Stones. Hier au parc des princes, les cinq caillasses ont rendu fous de bonheur les 60 000 personnes (ados, curieux, parents mordus et jeunes grands-papis et mamies nostalgiques) massées. Il n’est pas jusqu’aux plus réticents (déçus par leur dernier spectacle de 82) ou au plus mal léchés (victimes du temps maussade) qui n’aient déposé les armes devant la bande à jagger.------ Chaque titre claque comme une victoire scandée par une foule chauffée à blanc. Dans cette pâmoison suprême, arrivent en triomphe les maîtres jockers « Satisfaction », « Brown sugar », « Jumping jack flash » et un feu de bicentenaire du 14 juillet ! Bref, la plus improbable exploration du temps restera la plus dingue de l’histoire du rock. ***MONIQUE PREVOST, LE PROGRES, 24 JUIN 1990.

Nous aurons droit à quelques mots sur le parc en lisant le 24 juin le dossier « LES GRANDS CONCERTS SE MEURENT » que nous avons évoqué lors de l’annulation du concert prévu à Lyon. *** Au cœur de la verdure proche de l’hippodrome d’Auteuil à Paris, la jungle de béton du parc des princes accueille, jusqu’à lundi, la multinationale Rolling Stones, pour trois concerts de cet « Urban jungle Tour » 1990, qui bat tous les records de popularité (cent cinquante mille personnes au total !). Dès les premières mesures, c’est l’évidence ; ce show sera bien meilleur que celui de 1982. le parc des princes explose d’entrée, quand les feux de Bengale jaillissent devant la scène et illuminent l’intro hyper électrique de Start me up. Le départ est fulgurant, et pendant deux heures et demie les Stones ne relâcheront jamais la pression ; *** YVON RONDU, LE PROGRES, 25 JUIN 1990.

Quant à Libération, en avant-première des concerts parisiens, titre « IT’S ONLY ROLLING STONES » « Avant hier, ils transformaient Marseille en feu de Bengale sous la pluie : quel meilleur résumé pour ce gigantesque final enter Jungle rock et Urbanité , Avant Marseille c’était les Pays-Bas, et ce week-end, Paris ». ils nous sortent un papier de plusieurs pages, pour nous présenter, nous représenter devrais-je dire, les Rolling Stones et plus particulièrement Mick Jagger dans une interview qui nous ramène à l‘enfance de Mick Jagger avec le genre de questions dignes d’un Psy : « Quelle type de musique écoutait-on chez les Jagger ?--- Etiez-vous ce qu’on appelle un enfant gâté ? --- Comment avez-vous réagi à la naissance de votre frère ?…. ». It’s pas vraiment rock n’ roll tout ça !….. M’enfin ?

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07:46 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : loisirsculture, livre

samedi, 07 novembre 2009

1990, l'Urban Jungle Stade Vél'

Marseille, la presse s'enthousiasme

…. 21 juin, lendemain de concert. Les lendemains qui généralement déchantent après la grande fête, sont moroses. Mais aujourd’hui, nous allons vivre une prolongation, car une fois n’est pas coutume, la presse a décidé, d’une certaine manière, à sa façon, de prolonger, le temps d’une lecture, cette grand’ messe donnée la veille par les Rolling stones. En effet, avec encore plus d’enthousiasme qu’à l’annonce, dans leurs colonnes, du concert, les gros titres fleurissent dans les kiosques marseillais. De mémoire de rockeur, jamais une telle avalanche d’articles et de compte-rendus de concerts sur le rock n’avaient consommé autant d’encre, pour applaudir, et généré un si grand nombre de pages dédiées aux Rolling Stones autrement que pour les conspuer !

« ROLLING STONES : LE STADE VELODROME EN FOLIE ! » s’écrie le Méridional ! *** 55 000 personnes en délire. Les Rolling stones ont fait vibrer le stade vélodrome au moins autant que l’OM ! Bel exploit en vérité. Comme à Barcelone une semaine plus tôt, la pluie a bien failli gâcher, hier soir, le concert des Rolling Stones à Marseille. On eu peur, on a eu chaud, mais finalement touts s‘est bien passé, plus de peur que de mal, la pluie nous a laissé vivre en paix notre amour du rock n roll et notre plaisir de voir et entendre les Rolling Stones.------ Le décor de jungle urbaine se darde de couleurs salies par la météo douteuse : vert passé, orange terne, rouge lointain. Heureusement la musique, elle, est impériale. Et les écrans géants relaient les yeux de ceux qui sont loin.------ Epuisant. Ereintant, magique. Pour les vrais fans –et il y en avait sûrement… 54 999 hier soir—ce concert des Stones restera un souvenir éternel. Hurlé, chanté, dansé avec un bonheur qui se lisait dans tous les yeux et les sourires. Si vous avez chanté tout au long des deux heures et demi, votre voix s’en ressent sûrement ce matin….Mais quel bonheur cela aura été ! Really terrifying !*** PATRICK COULOMB, LE MERIDIONAL, 21 JUIN 1990.

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Apparemment, le Méridional avait détaché un commando au concert pour que nous puissions trouver cet autre titre « NOUS SOMMES 55 000 A AVOIR 20 ANS ! » *** Carrefour des « générations Rolling Stones », le concert marseillais a réuni tous les âges et tous les souvenirs. Qui l‘eut cru : il fut un temps où la musique des Stones était dans les foyers synonyme de discorde, caractéristiques des conflits inter-générations. Autrement dit, il y avis ceux qui écoutaient des chansons, fredonnaient de jolis refrains, sagement « à leur place » dans la société, et ceux qui swingaient sur de la musique, vibraient à la voix de Jagger, et bousculaient, avec la même vitalité, les rangs de la même société. Le temps a passé : une génération. Et magiquement, tous les âges se sont retrouvés hier soir au stade vélodrome. Nul n’y est venu découvrir quoi que ce soit : chacun était là pour retrouver les émotions immanquablement accrochées aux mélodies. Et elles étaient au rendez-vous, dans une ambiance aussi électrique que le vent orageux. *** SILVIE ARIES, LE MERIDIONAL, 21 JUIN 1990.

Et un troisième compère d’écrire : *** SEC, NERVEU, NATURE… Voilà, c’est fini. La fête est terminée. Et le gigantesque feu d’artifice qui indique aux cinquante mille spectateurs encore sous le choc la porte de sortie a quelque chose de triste. Une drôle de sensation. A mi-chemin entre le désir d’exprimer une joie intense, de crier, d’exploser et celui de tout garder pour soi. De savourer de l’intérieur. Et puis, il y a la crainte. Celle que provoque la durée des vacances prises par les « Pierres précieuses » entre deux tournées. Six à huit ans en moyenne. De quoi se dire sérieusement, qu’on vient, cette fois-ci, d’assister à la der des der. Qu’on aura bien le temps de ressasser tout ça et de dire qu’on y était… Les “Rolling Stones” ont hier soir envoyé leurs détracteurs dans les cordes. Ceux-là même, qui depuis plusieurs années les considéraient comme un ramassis de vieux débris tout juste bons à se chamailler, ont dû—on l’espère—revoir leur jugement. Car d’anciens combattants, croulant sous le poids des ans, nous n’en avons pas vus. Bien au contraire. Nos « Papy » préférés ont donné une véritable leçon de vitalité.------ Qu’on était loin, hier, des sons lessive sans saveur que proposent les roitelets du Top 50. Mick Jagger, Keith Richard, Ron Wood, Charlie Watts et Bill Wyman, ont prouvé que si le rock n roll n’attendait pas toujours le nombre des années, il ne détestait pas non plus choisir ses plus fidèles représentants dans les hordes de quinquagénaires pétulants. Rassurant, vous ne trouvez pas ? *** GUILLAUME SINGER, LE MERIDIONAL, 21 JUIN 1990.

Pour le Provençal qui détacha 5 correspondants, « C’était la grande kermesse du rock au stade vélodrome. 55 000 FANS POUR LES STONES » *** Malgré la pluie, ils étaient encore plus nombreux que prévus, venus de tout le sud de la France. Beaucoup de tout jeunes dans la foule. En revanche, moins de quadragénaires. Les fidèles de la première heure, les fans des sixties n’étaient pas tous au rendez-vous.***. C’était aussi « only rock n’ roll et DIABOLIQUEMENT STONES » *** Je n’écoute jamais nos vieux albums. Parce que cela ne m’intéresse pas. C’est maintenant qu’ils m’intéressent (Mick jagger). ------ Mais Mick Jagger sait bien que face à un public large de 30 ans d’adolescence rebelle, il importe de piocher dans la vingtaine de disques marqués de l’emblématique langue rouge. Et il ne s’en prive pas.------ Mais l’image qui restera à jamais collée au corps des 55 000 furieux d’une nuit, outre le final somptueux « Jumping jack flash-Satisfaction » (avec un feu d’artifice en prime), c’est le rictus menaçant de Mick jagger sur Sympathy for the devil, incantation au malin, décharge de lucidité avouée à trente mètres de hauteur. Et puis surtout ce solo de guitare anguleux sabordé par le père Keith, contrepoint parfait du défi vocal de l’ami Mick, mise à mort d’une guitare qui semblait brûler de jouissance sous l’attaque acerbe d’un médiator qui n’a pas fini de rouler… Tout simplement grandiose. Et nécessaire. *** FRED GUILLEDOUX, LE PROVENCAL, 21 JUIN 1990.

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Et enfin la Marseillaise de clamer « Stones à Marseille : SATISFACTION » *** La première étape française de la tournée européenne des Rolling Stones a réuni plus de 50 000 personnes au stade vélodrome de Marseille, qui a vibré pendant deux heures au rythme de Mick jagger et les siens. Le plaisir d’écouter une voix singulière et des sons qui ont conquis le monde.***, Et de crier « HOURRA, STONES RAGEURS, STONES ENCORE » *** La jungle urbaine des Stones a déferlé sur 55 000 marseillais enthousiastes. ------ soudain Mick jagger et les siens, les baroudeurs du rock se trouvent face à face avec près de trois générations de fans. Pas de préambule. Le mot est donné, le show démarre sur les riffs assurés d’un Start me up irrésistible. ------ Hier soir Mick Jagger a subjugué les teen-agers autant que ses plus vieux fidèles. D’Angie à Steel Wheels le pont a été jeté avec succès. Mission accomplie, pour le plus grand groupe de rock du monde. *** ANTONIO MOREIRA, LA MARSEILLAISE, 21 JUIN 1990.

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Et de surenchérir « MARSEILLE EST « STONE » » *** Environ cinquante mille personnes de tous âges au stade vélodrome de Marseille pour l’événement rock de l’année dans cette ville. Les rolling Stones sont passés. Ni les novices ni les fans ne les ont loupés.------ Minute, papillon, encore un instant, les voici, les voilà, Mick jagger en tête. Tonnerre de bravos, de sifflets, de trépignements. De jeunesse. Lorsque l’écran géant cadre la silhouette longiligne de Mick qui fait déjà des siennes, le grondement et les ovations redoublent d’intensité.------ Alors, à ces moments-là, la nuit est complète au-dessus de l’arène enflée de musique, et des briquets, par myriades, dressent leur flamme vers le ciel au rythme du slow. Cela fait comme une micro-ville dans la nuit qui tient dans le stade. Comme si tout Marseille était là. Non, tout Marseille n’était pas là. Mais les cinquante mille personnes présentent auront l’occasion de lancer cette phrase qui dit enfin, simplement, le plaisir : « j’y étais ! ». *** ALBERT LAMMERTYN, LA MARSEILLAISE, 21 JUIN 1990.

07:45 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : loisirsculture, livre