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mercredi, 14 octobre 2009

1982, les STONES à Nice !

1982, Nice
Nice, Parc des sports de l'ouest !

Après Gerland, les Stones continuent leur virée européenne en passant les 19 et 20 juin à Göteborg. Le 25 juin, premier de 2 concerts à Wembley stadium (2ème le 26) avec plein de beau monde dans le public (75 000 personnes) ; John Mc Enroe, Ringo Starr, Lulu … Le 27 juin, ils sont à Bristol, 29/30 juin à Francfort, puis le 3 juillet à Vienne, les 4/5 juillet à Cologne. Ils donnent 2 concerts à Madrid les 8 et 9 juillet, ainsi qu’à Turin les 11/12 juillet. On les retrouve le 17 juillet à Naples…

Avant d’arriver à Nice le 20 juillet. C’est Nice Matin du 20 juillet qui annonce l’événement « LES ROLLING STONES CE SOIR A NICE » ***Après six ans d’absence les Rolling Stones sont de retour à Nice ce soir. De mémoire d’amateur de rock, jamais un concert n’aura atteint un tel gigantisme sur la côte d’Azur. 40 000 spectateurs sont attendus, au Parc des Sports de l’Ouest, à partir de 16 h. Ni les Who, ni Génésis à Fréjus, ni Police, ni Bob Marley à Toulon n’avaient suscité un tel déploiement au niveau de l’organisation. A ce titre, les Stones demeurent bien le plus grand groupe de rock du monde, même si musicalement les choses sont aujourd’hui un peu moins évidentes.------LE GROUPE LE PLUS AGACANT ET LE PLUS FASCINANT DE L’HISTOIRE DU ROCK AND ROLL…Un concert des Rolling Stones, c’est forcément inévitable, agaçant, fascinant. Attrapez la chose par n’importe quel bout, vous retomberez tôt ou tard sur ces trois mots frontières qui délimitent l’univers des Stones. Inévitable parce que l’on ne peut pas rester à l’écart d’un mouvement historique itinérant d’une telle ampleur lorsqu’il vient vous chatouiller à domicile. Depuis 20 ans que ces chères vieilles pierres roulent de pays en pays, que ce cirque plante ses tréteaux dans les stades du monde entier, il s’en est passé des évolutions et des révolutions dans le monde du rock. Les Stones, eux, n’ont pas bougé.------ Le rock en marche des années 80, n’en déplaise aux vieux adorateurs, c’est plutôt du coté de Clash qu’il faut aller le chercher. Ou des talking Heads, selon que l’o préfère la musique des ghettos londoniens ou celle des campus afro-américains . Rude constat pour Mick super star. J’imagine déjà la contre attaque des hordes jaggeriennes : « Que sera le Clash dans 2 ans » ? Ne dramatisons pas pour autant. Les Stones possèdent un atout majeur. Ils ont été, ils sont, ils seront toujours des papillons fascinants sous les projos. Et je ne suis pas le seul a avoir été piégé en concert. Peu ou pas de groupes possèdent une telle puissance de séduction sur scène, un tel sens du spectacle et de la couleur.***MARIE PIERRE PAULLICEVICH, NICE MATIN, 20 juillet 1982. ------- LE CONCERT : UNE GIGANTESQUE ORGANISATION, Tout a été prévu, du bloc opératoire à la rampe d’accès pour handicapés en passant par 16 000 m2 de bâches pour protéger la pelouse ! Le Parc des sports s’est paré durant ces derniers jours, des couleurs du show-biz. Cirque grandiose aux allures hollywoodiennes, ce lieu, habituellement réservé aux rencontres sportives, s’est progressivement transformé grâce au travail des spécialistes. Une scène complète a été transportée par quinze semi remorques------ Cet énorme « matos » a nécessité, pour être installé, l’intervention de cent cinquante personnes------Par ailleurs, l’un des soucis des organisateurs (et de la ville de Nice) consistait à mettre un système efficace de protection de la pelouse------C’est pourquoi, la scène repose sur un plancher de 1500 m2, le restant du sol étant recouvert de 16 000 m2 de bâche en néoprène------Enfin, trois cars-couchettes, huit minibus, deux cars « pullman », une vingtaine de voitures, six vespas et un avion privé à toute l ‘équipe et aux Stones eux-mêmes de se déplacer sur la côte d’Azur.------Sur le plan du confort, à noter une initiative intéressante et généreuse, puisque les handicapés bénéficieront d’un emplacement spécial, sur uneplate-forme surélevée (avec rampe d’accès) qui leur permettra de profiter du spectacle, sans pâtir à d ‘éventuelles bousculades. La sécurité du public, qui ne représente pas une mince affaire dans ce genre de concert, a fait l’objet de soins particuliers.------Outre les vingt gardes du corps personnels des Stones, cent quatre vingt personnes composeront le service d’ordre, auxquelles il convient d’ajouter trois à quatre compagnie de C.R.S.------- l’équipe médicale, dirigée par le Dr Gorodetzky, pneumologue et passionné de rock, est composée de quarante secouristes, six médecins réanimateurs, trois antennes médicales, un bloc opératoire, cinq ambulances reliées par Talkies-walkies à un responsable, surplombant le stade et surveillant la foule en permanence. Les Stones méritent bien leur surnom de stars du rock. L’ampleur de cette énumération en témoigne : il n’y a jamais eu de phénomène comparable dans l’histoire mondiale de la musique.------Quand le mythe devient réalité ; il n’y a plus qu’à s’effacer. Les mots deviennent impuissants et les superlatifs dérisoires. ***MARC-JEAN TARDY, NICE MATIN, 20 juillet 1982.

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Le mot de la fin de cette tournée française sera pour Geneviève Brunet :« STONES » A NICE : J’Y ETAIS ! ***Les Rolling Stones à 150 km de chez moi, ce n’était vraiment pas raisonnable de les rater. Mercredi, donc, à 14 heures, billet mille fois vérifié dans la poche, départ pour la grande aventure du rock.------Entrée en douceur avec un service d’ordre irréprochable. « pas de bouteille dans votre sac ma petite dame ? » Ma parole on se croirait plus à un récital de Jack Lantier qu’à un concert des Stones. Ou sont passés les Hells Angels ?------Pas de doute, sur scène, les Stones auront toujours vingt ans. D’où je suis les têtes ont une grosseur d’un petit pois, mais on peut distinguer les musiciens d’après leur jeu de scène. Keith Richard se contorsionne avec violence. Bill Wyman ne bouge pas d’un poil. Ron Wood faitle fou et Charlie Watts tabasse ses « drums ». Quand même, j’aurais bien aimé distinguer les grimaces de Mick jagger, et voir de plus près son collant-caleçon-barboteuse légendaire (oh !).Jagger n’a vraiment pas peur de se remuer, il saute, court, gesticule, se déhanche, un vrai plaisir. Côté musique, la perfection est de mise. Le mélange est savant enter les nouvelles chansons et les vieilles valeurs sûres. Tout le monde craque sur Time is on my side et attend le must de la soirée Satisfaction. Il nous est offert en apothéose et en rappel, s’il-vous-plait, un usage souvent dédaigné des Stones. Cette fois ils sont bien partis. Mais ne ratent pas de nous en mettre une dernière fois plein les yeux avec un feu d’artifice éclaté sur fond de musique wagnérienne : la grand classe ! « A la prochaine ». C’est Mick Jagger lui-même qui l’a promis. Preuve qu’ils n’ont pas fini de venir brûler leurs ailes au feu des projecteurs. Mais moi, ça m’est égal, je les ai vus au moins une fois et je pourrai dire à mes petits-enfants : « les Stones. J’y étais ! ».***GENEVIEVE BRUNET, NICE MATIN, 22 juillet 1982.

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Et c’est à Leeds, le 25 juillet qu’a lieu le concert de clôture de cette tournée européenne. Mick Jagger y fête ses 39 ans. En première partie de cette dernière joueront Joe Jackson, George Thorogood et J. Geils band.

En cette année 1982, la venue des Rolling Stones incite l’autre presse, pas spécialement rock à publier à qui mieux- mieux ses petites phrases sur les Stones, car apparemment, maintenant ça fait vendre. Télé 7 jours par exemple :LES IDOLES DES « SIXTIES » TOUJOURS BRANCHES. ***Mais dans ce firmament d’étoiles, la foudre frappera encore à nouveau à l’hippodrome d’Auteuil, le 13 juin avec les « Stones ». Suspense entretenu jusqu’au dernier moment, le Conseil de la ville de Parisen concertation permanente avec Albert Koski n’arrivait pas à trouver le lieu adéquat pour le groupe mythique. A quarante ans, Mick jagger électrise toujours. La « Stonemania » reste un virus en pleine santé. En 81 ces pierres qui roulent ont amassé de l’or pendant leur tournée de douze semaines aux USA. Jagger, s’il n’a rien perdu de son charisme, est considéré, dans le milieu du show-biz, comme l’homme d’affaires le plus redoutable depuis Bob Hope et Frank Sinatra . ***MARTINE DE RABAUDY, TELE 7 jours, mai 1982.

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Enfin, il nous reste toujours, pour les longues soirées d’hiver, la possibilité de voir ou revoir ce concert en visionnant la cassette vidéo du film de « la plus grande tournée de l’histoire du rock ! », de Hal Ashby. De manière à trouver de la patience d’attendre…
Attendre tout simplement la prochaine tournée….
Mick Jagger l’a promis….

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mardi, 13 octobre 2009

1982, Stones' again, enfin le 16 juin !

1982, LYON, 16 juin
GERLAND, C’est enfin le grand jour,

Ce 16 juin douloureusement attendu. A Gerland, nous y sommes arrivés vers 15 heures. Nous avons garé la voiture devant la fenêtre de mes Parents pour qu’il la surveille. D’autres amis attendus en ont fait de même. Direction le stade qui se trouve à quelques enjambées de la maison familiale. Aux abords de palais des sports (où nous avons vu les Stones en 70 et 76), qui se situe face au stade, nous devons franchir les barrières gardées par le service d’ordre composé de dizaines de types habillés de blanc, avec le logo sécurité inscrit en noir sur le T.shirt. fouille bon enfant, mais très efficace. Il faut rappeler que durant toute la semaine précédent le concert une méga-campagne d ‘affichage avait été placardée sur les murs de la ville avec un communiqué interdisant, sous peine de confiscation du matériel, tout enregistrement, prise de photo ou film.

Toutes ces tracasseries passées, nous entrons dans le stade où sous un soleil de plomb, nous découvrons en bout de pelouse, dressée dans le virage, cette monumentale scène, haute comme l’immeuble où habitent mes Parents.

Ouaaahhh ! C’est bien la première fois que nous est donnée l’occasion de voir un tel décor, d’une telle dimension ! Epoustouflant, vous laissant bouche bée.
Coté pelouse, vers 17 heures, elle est quasiment noire de monde. Près de la scène, les pompiers arrosent à coup de lance à incendie les premiers rangs et évacuent de temps à autres quelques personnes victime de malaises dus à la chaleur conjuguée à l’empilement contre les barrières qui protègent l’accès de la scène.

Et c’est comme dirait les sportifs, le coup d’envoi. Jean-Marie et les Garçons bouchers ouvrent les festivités. Les pauvres gars ont sûrement paniqué sur cette grande scène face à cet innombrable public, et ont du se demander où ils étaient tombés. Ils n’ont pas été sifflés, c’est déjà çà !

George Thorogood, inconnu du grand public d’aujourd’hui. J’ai tous ses disques, du blues ,du rock, du vrai, du dur. Très bon guitariste, plein d’humour, il nous fait savourer avec sa bière et son bourbon un magnifique duo guitare-trombone. Il nous ravit les oreilles pendant un long moment avant de laisser la place à J. Geils band et son chanteur Peter Wolff. J’aime beaucoup moins que Thorogood, mais c’est seulement une question de goût puisque J. Geils band firent une bonne prestation et quittèrent la scène sous les applaudissements bien mérités.

Commence la dernière attente.

C’est le moment qu’ILS ont choisi de faire traverser le ciel du stade par une montgolfière qui passe au-dessus de nos têtes avant de se diriger de l’autre coté de la Saône pour se poser (pour ceux qui connaissent) à la Mulatière, pour être dégonflée, transportée, et regonflée pour un deuxième passage pendant le show des Stones. Pour l’anecdote, quelle ne fut pas la surprise de ma Mère lorsqu’elle vit arriver ce camion qui déchargea la toile. Elle assista au gonflage du dirigeable une fois, puis une seconde fois … ! Il faut dire qu’elle était accoudée à la fenêtre de la chambre qui fut la mienne durant toute mon enfance, jusqu’à mon départ pour cause de mariage.

Pendant que nous patientions, le Maire de Lyon était reçu par Mick Jagger.
***C’est vers19 H30, dans les vestiaires du stade de Gerland, que le Maire de Lyon, M. Francique Collomb et Me Ambre ont offert à Mick Jagger et Keith Richard des coffrets de disques de l’orchestre de Lyon et des livres. Cadeaux symboliques et l’on ne pouvait pas penser à ces antiques cérémonies,lorsqu’on remettait les clefs à l’hôte de marque… sous les voûtes sombres, après avoir franchi cinq ou six « barrages » d’un service d’ordre ferme, la poignée d’heureux mortels qui assistaient à cet échange de politesses et civilités avaient vraiment le sentiment d’être témoin d’une poignée de main historique.*** LE PROGRES, 17 juin 1982.

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(Je manquais de très peu cette chance en n’ayant pu avoir un Back stage que ne put obtenir Jean Louis Bigot, mon ami du Progrès, ni mon disquaire, qui pour consolation, m’offrit la grande affiche officielle du concert de Gerland.)

Pas de mêlée ouverte sur la pelouse, mais une immense ovation, quand après les quelques notes de pianos de Duke Ellington, pète l’intro de Under my Thumb et qu’arrivent en courant nos Rolling Stones.

Mick Jagger en tenue de joueur de foot américain, en rouge et rayures blanches. Il saute, il fait de grands gestes à notre encontre.

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Keith Richard, le cheveu plus noir que jamais qui fait ressortir son teint blafard.

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Et Ron Wood en replis avec son éternel clope au bec. Bill Wyman encore et toujours dans sa transparente discrétion regarde attentivement son ami Charlie bien calé derrière ses batteries. Beaucoup de standard qui font balancer les bras : Let’s spend the night together, Going to a go go,Time is on my side, Start me up....
Une bonne surprise quand ils interprètent Twenty flight rock de Eddy Cochran. Beaucoup de bonheur, rien qu’un immense bonheur, ils sont bien là, Jagger qui court d’un bout à l’autre de la scène qui s’étale sur toute la largeur du stade, on entend bien…. Seulement, il y a un hic ! Nous réalisons que nous sommes dans un stade (c’est vraiment bien plus grand que le palais des sports), la scène est à la taille de ce gigantisme, mais les Stones, EUX, ils sont tout petits, minuscules, ils sont loin, là-bas à l’autre extrémité du stade…. Ils nous faudra utiliser les jumelles pour les voir « mieux ». Cela ne nous empêchera pas de voir Mick jagger survolant le public perché dans une nacelle, ou encore d’apprécier Keith Richard jouant au tennis avec les ballons multicolores lâchés pendant Satisfaction, qui malheureusement nous fait savoir, encore une fois, que le concert est fini. Un feu d’artifice tiré derrière la scène nous salue et pendant la demi-heure qui suivit le stade fut rapidement vidé, sans bousculade, ni incidents.

Dehors, nous retrouvons le silence, et nous attendrons demain, pour faire durer, le temps de la lecture des comptes rendus de la presse, le plaisir de revivre par la pensée les instants inoubliables procurés par ce concert des Rolling Stones.

Il y a donc le lendemain, il y a toujours un lendemain, plus triste après le passage des Stones, et le lendemain, il y a la presse. Que vont-ils écrire ?

Les titres que nous découvrons dans les deux principaux quotidiens lyonnais (plus tard fusionnés pour n’être plus que Le Progrès) nous laissent quand même assez satisfaits. Ainsi Lyon Matin : LE JOUR LE PLUS LONG DU ROCK ! SATISFACTION ».*** Qui l’eut dit, qui l’eut cru ! Pourtant les Stones ont bien eu droit à l’antre de Gerland. Un stade chauffé à blanc qui a navigué dans l’hystérie collective, des heures et des heures durant. Lorsque Jagger est apparu bariolé de rouge et blanc, ce fut le délire. 50 000 personnes étaient massées dans les gradins et sur la pelouse. Démentiel. C’est sans conteste le plus grand, le plus génial, le plus époustouflant et provoquant spectacle de rock and roll du monde. Hier, Lyon a acquis ses lettres de noblesse. Avant que les Stones ne déchaînent les passions, MM Francique Collomb, maire et Joannes Ambre, adjoint à la culture sont venus remettre des cadeaux souvenirs à ces irréductibles Anglais ? Dans les coulisses souterraines de Gerland, Jagger s’est vu gratifier d’un coffret… De l’Orchestre de Lyon dirigé par Serge Baudo ! ------ Enorme, géant, grandiose, démentiel, dantesque, apocalyptique ! Les Rolling Stones, c’est tout cela à la fois. Jamais personne n’a eu autant le sens de la démesure que ces diables d’anglais. Ce n’est pas possible : tout petits déjà, ils durent tomber dans la potion magique du music hall ! Gerland, usine à rock pour un jour, a réveillé les pulsions de 50 000 personnes massées dans les gradins et pelouse et devenus pantins désarticulés. Jamais, non jamais, la province n’avait enregistré pour un concert une telle marée humaine. On parlait toujours de Woodstock, de Wembley, de Copenhague, de Paris ou d’ailleurs, mais de Lyon que nenni ! Et bien la deuxième ville de France a acquis, enfin, ses lettres de noblesse du rock. Toutes les énergies à la recherche d’un passé, d’un présent, d’un devenir étaient concentrées dans cette antre devenue diabolique.------ « Miss you », « Honky tonk woman”, “Emotional rescue”, toute la gamme y passe. Et la pochette surprise c’est, bien sûr, « Satisfaction ». Vous avez dit « Satisfaction » ? Et comment ! ***JEAN PIERRE GUILLOT, LYON MATIN, 17 juin 1982.

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On trouve l’apothéose dans le gros titre du Progrès : LA GRANDE FETES DES STONES. ILS ETAIENT CINQUANTE MILLE VENUS DE TOUTE LA REGION ET D’AILLEURS, POUR ACCLAMER CALMEMENT CES VIEILLES IDOLES SOLIDES COMME LE ROC, ET QUI ROULENT TOUJOURS. Et de lire en première page, cote à cote, l’autre gros titre du jour : « ON A PERDU », s’agissant bien entendu que l’équipe de France avait été battue par celle d’Angleterre. Mais ça, nous le savions déjà, puisque Mick jagger avait regardé le match à la Télé et nous l’avait dit lors de son arrivée sur la scène. Avec le mauvais esprit qui me caractérise, je n’ai pas manqué de faire remarquer, en insistant beaucoup, à mes copains amateurs de foot que nous : « ON A GAGNE ». Et qu’en plus leur pelouse était toujours praticable, puisque non endommagée. *** MICK JAGGER TIENT LES STONES A BOUT DE BRAS. 50 000 spectateurs et … 400 évanouissements hier au stade de Gerland pour le second concert français des Rolling Stones. Commençant avec une demi-heure d’avance par le traditionnel Under my thumb accompagné d’un lâché de ballons, Mick Jagger en pleine forme, toujours sautillant, courant, dansant, parcourant la scène de long en large, n’a eu aucun mal à enthousiasmer le public. Mais pour tous ceux qui étaient là, ce 16 juin, fut, avant tout l’occasion d’être ensemble pour une grande fête. ------ Bien plus que la musique elle-même la grande foule s’est déplacée hier à gerland, pour voir en chair et en os, ces personnages de légende qui n’apparaissent guère en public que tous les six ans. On ne pouvait s’attendre en effet qu’à près de quarante ans de moyenne d’âge les Rolling Stones nous étonnent par leur musique, par leur jeu de scène.*** YVON RENDU, LE PROGRES, 17 juin 1982.

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1982_bilan.jpg Quelques jours plus tard, le 20 juin, le même Yvon Rendu surenchérit en titrant : « LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND : UN BILAN CENT POUR CENT POSITIF ». Et de confirmer le bilan dressé par les organisateurs et la municipalité : En résumé tout s’est bien passé. La pelouse est intacte et a déjà retrouvé ses couleurs printanières, sans compter que les mètres-cubes d’eau déversés par les membres de la Croix rouge sur les premiers rangs pour les rafraîchir, permettront à Topalovic le goal de l’O.L, de retrouver quelques pousses vertes fraîchement plantées….
Un peu plus tard, en me remémorant ces heures passées à Gerland, j’écoutais le Live de la tournée STILL LIFE, sur la pochette j’avais écrit :

« 20 juin 1982, en souvenir de ce gigantesque concert des Stones à Gerland. Puissions-nous rêver que ce ne fut pas le dernier ».