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lundi, 12 octobre 2009

1982, les Stones à GERLAND !!! Mésentente ...

1982, ... Et... Au stade de GERLAND !
...LYON, l'avant concert


Dès le 29 mai, nous apprenons en parcourant nos journaux que l’organisation ,du concert des Rolling Stones prévu au stade de Gerland, le 16 juin, rencontre un certain nombre de difficultés face à une levée de boucliers des footeux de Lyon partis en croisade pour défendre leur pseudo-sacro-sainte pelouse.
Et malgré le fait, que de nombreux concerts aient eu déjà lieu dans le Palais des sports (entres autres, ceux des Stones en 1970 et 1976), sans incidents, il est toujours difficile, notamment à Lyon, de faire accepter l’utilisation d’un stade pour une autre manifestation qu’un match de foot (au cours duquel, en général, les supporters se tapent sue la gueule, pendant et après). La réalisation du Stade de France quelques années plus tard leur donnera définitivement tort.

C’est pourquoi nous pouvons lire : « LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND. UN TERRAIN DE MESENTENTE. » ***Les Rolling Stones à Gerland le 16 juin. Un terrain de mécontentement. ------Gerland ne risque-t-il pas d’être transformé en véritable champ de foire, et son terrain d’honneur balayé par le souffle dévastateur d’un public en folie ? « On nous a annoncé l’arrivée des Rolling Stones sans que le moindre accord n’ait été donné par la municipalité » s’étonne le docteur Genety, adjoint aux sports dans la municipalité lyonnaise, scandalisé par cette manœuvre : « Nous sommes victimes d’une campagne d’intoxication de la part des garçons du show business ». *** LE PROGRES, 29 mai 1982.

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Ainsi, à quelques jours de la date prévue, on subissait encore un combat d’arrière garde mené par les sportifs de Lyon. En fait, ne trouvant pas les moyens de pouvoir faire interdire, ils cherchent à contourner en présentant des raisons, pour le moins fallacieuses et d’argumenter avec des propos plus cons les uns que les autres. *** Feu vert…, ou rouge pour cette « première » dans la région Rhône alpes ? « Aucune décision n’a été prise pour l’instant » se borne-ton à déclarer du coté de l’hôtel de ville de Lyon. Seul les sportifs, ceux qui fréquentent Gerland demeurent opposés au déroulement de cette soirée inédite. Un terrain de foot-ball, fut-il municipal, n’a rien à voir avec un théâtre de verdure ou une attraction.------ De la musique Pop à Gerland, certes, mais pourquoi pas un combat de boxe à l’opéra ou à l’auditorium ? A chacun, par conséquent sa vérité et son terrain. Les décibels et le ballon rond n’ont jamais fait bon ménage.*** BERNARD PUILLET, LE PROGRES, 29 mai 1982.

Le 3 juin, avec le droit de réponse accordée le même Progrès titre : ROCK; LES ROLLING STONES AU STADE DE GERLAND. UNE MISE AU POINT DES ORGANISATEURS. Les organisateurs de la tournée, confirment qu’il y avait eu accord préalable avec les affaires culturelles ! Foot ? C’est-il au rayon culturel, Môssieur ? *** Mis en cause par le docteur Genety au sujet de l’organisation du concert des Rolling Stones, Jean-Pierre Pommier, organisateur local pour le compte de KCP à Paris, tient à répondre point par point à ces accusations. « Il serait absurde de croire que nous aurions pu annoncer un tel événement (qui va attirer 50 000 spectateurs et pas 30 000, sans l’accord préalable de la municipalité. Cet accord verbal, nous l’avons obtenu par l’intermédiaire de la division des affaires culturelles de la ville de Lyon. Mick Jagger a annoncé le concert à Gerland et nous avons lancé la billetterie et la publicité. ------ Je tiens à préciser enfin que si à Paris ce n’est pas le parc des princes qui a été choisi, c’est pour une raison technique bien précise : l’accès à la pelouse ne peut se faire que par le tunnel qu’empruntent les joueurs et il était impensable d’y faire passer des milliers de spectateurs». Voilà qui méritait d’être dit. Il semble également inutile de dramatiser cet événement : le public rock n’a rien d’une horde sauvage et dévastatrice. Et ces dernières années, les concerts des Stones se sont toujours déroulés dans le calme. Enfin en matière de violence et de dégâts causés dans les stades, le public sportif a montré en plus d’une occasion, qu’il était autrement redoutable que les amateurs de décibels. *** YVON RONDU, LE PROGRES, 3 juin 1982.


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Le même 3 juin, l’autre grand quotidien rhône-alpin nous annonce : ***LES « STONES » A GERLAND AU STADE DE GERLAND LE 16 JUIN. C’EST CONFIRME ! LA BANDE A MICK JAGGER SERA PERCHEE SUR UNE SCENE DE 20 METRES DE HAUT. La venue des Stones au stade de Gerland aura constitué une sérieuse pomme de discorde au sein de la municipalité. Mr Jean Genety, adjoint aux sports, était farouchement opposé à la venue de la bande à Jagger le 16 juin prochain. Il l’a dit haut et fort, expliquant qu’il s’agissait d’une campagne d’intoxication et que l’accord n’avait pas été donné. Les raisons de sa colère : l’envahissement du stade et les risques encourus pour la pelouse sacrée. Pourtant les Stones seront bel et bien là , installés sur une scène de 20 mètres de haut ! Me Joannes Ambre a obtenu l’accord de M. Francisque Collomb et hier les organisateurs parisiens et locaux tiraient des plans sur la comète… Depuis les tribunes du temple de foot-ball. ------Viendront, viendront pas, Les plus folles rumeurs ont couru au sujet du concert exceptionnel qui sera donné à Lyon par les Rolling Stones le 16 juin. Il y a quelques jours M. Jean Genety, adjoint au maire avait jeté le pavé dans la mare ! Catégorique il avait lancé : « La municipalité n’a pas donné son accord. C’est une intoxication. Un coup de bluff bien organisé ! ». Déjà les fans se lamentaient. ------ Désormais, l’affaire est réglée. Les Stones évolueront bel et bien dans le cadre prestigieux de Gerland sur une scène de 20 mètres de haut ! Pour la petite histoire, signalons que pendant quatre jours 150 personnes travailleront 24 heures sur 24 pour installer des tonnes de matériel. On parle de 18 semi-remorques ! De mémoire de Lyonnais, on n’avait jamais vu ça. ------ Ce n’est pas tout. Le soir du concert, 150 employés de Securidog’ seront chargés du bon déroulement de la fête sans compter le « bataillon » de policiers. Au total 400 personnes travailleront pour les Rolling Stones. Qui dit mieux ? *** JEAN PIERRE GUILLOT, LYON MATIN, 3 juin 1982. le 15 juin,

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La veille du concert, et du match de coupe du monde France-Angleterre, Lyon Matin

 

nous gratifie d’une pleine page :*** 50 000 PERSONNES ATTENDUES DEMAIN SOIR A GERLAND POUR LE TRIOMPHE DES ROLLING STONES. Qui dit Stones dit mythe ! Même John Lennon considérait le phénomène comme plus qu’étonnant. « La chose extraordinaire, ce n’est pas la séparation des Beatles : c’est au contraire que les Stones soient toujours là ». La phrase est de lui.------Drôle de mercredi tout de même. Lorsque les teen-agers enrobés (le poids des ans !) assiègeront le stade, la bande à Platini, elle, attaquera une bataille de tranchée contre les footballeurs d’outre manche. Dans les annales, pour ne pas faire de jaloux, on marquera cette date de deux croix : l’une pour les « coqs », l’autre pour les « cinq épouvantables singes » (titre de la presse anglaise en 1964) devenus milliardaires.

 
 
 
 
 

jeudi, 17 septembre 2009

1976, les ROLLING STONES à LYON-GERLAND


9 juin 1976 ,

Palais des Sports de LYON-GERLAND

Et à Lyon ? … Il faut se rappeler que le 26 mai nous sommes allés applaudir une des Idoles des Stones (dont ils interprétèrent plusieurs titres à leurs débuts : Carol, Come on…), Mister Chuck Berry. la veille, toujours dans le même palais des sports de Gerland nous étions venus voir les WHO qui nous jouèrent de très larges extraits de TOMMY et QUADRIPHONIA.



Une foule dense agglutinée aux alentours du palais prouve si besoin était que le grand jour est arrivé.
Certains ont du arriver tard dans la nuit, et toute la longue journée d’attente avant l’ouverture de ce qui va devenir pour quelques heures le temple où officieront leurs satanics majesties. L’entrée dans la salle, après la fouille qui est devenue une coutume, se fait sans trop de soucis. C’est donc sans encombre que nous nous retrouvons dans cette grande salle ultra-bondée. Nous découvrons au-dessus de nos têtes, suspendu au plafond, un immense miroir qui traverse la salle de part en part… la première partie est assurée par un groupe dont j'ai oublié le nom; je dois dire que je ne me déplacerais pas pour aller le voir (j’allais dire applaudir) en concert. Comme quoi on peut aimer les Stones et ne pas partager complètement les mêmes goûts.

Arrive l’entrée des Stones avec le déluge de lumières dorénavant incontournable dans les concerts. En fait les projecteurs sont placés derrière le mur d’amplificateurs (qui servira au cours du concert de passerelle à Mick Jagger), et lancent leurs jets de lumière contre le miroir qui renvoie les lasers de toutes les couleurs, tels des rayons de défense anti aérienne qu’ont connu nos parents pendant la sinistre période que l’on sait, pour éclairer les Stones en retour. Les Rolling Stones nous offrent un panaché de morceaux anciens comme Gimme Shelter, Street fighting man, et de titres plus récents issus pour la plupart de leur dernier album : Fool to cry ou Hot stuff. Coté scénique le plus étonnant, voir gênant, c’est incontestablement Mick Jagger, qui ce soir s’est pris pour LA grande folle du rock n’ roll Little Richard.

Mick Jagger l’androgyne apparaît vêtu d’un pantalon collant et d’une extravagante cape verte, bordée de rouge laissant apparaître le torse nu. Il est outrageusement maquillé, poudré, fardé comme une Honky tonk woman. Il joue les prostituées, se faisant de l’air avec un éventail, en feignant une cour assidue à Billy Preston (pendant le concert, il était aux claviers comme accompagnateur) venu le rejoindre le temps de chanter Hey Negrita dont on se serait volontiers passé. Il nous étonna tout au long de cette soirée où seront servis dans le désordre : Jagger se balançant au bout d’une corde au-dessus du public des premiers rangs, le dragon de décor en carton pâte au bout de son tuyau en plastic , ou encore le pénis géant qui après s’être gonflé pointe sa gueule vers le ciel avant que Mick ne l’enjambe pour une chevauchée épique alors qu’il chante Star fucker et que le phallus nous crache une multitude de confettis ; Au final, les spectateurs de devant la scène recevront un seau d’eau jeté par Mick lors de son salut….

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C’est vrai que pendant ces quelques moments, on s’est un peu éloigné de la musique rock n’ roll…. A noter que pour la première fois, nous n’avions plus fait l’erreur d’être dans la fosse, mais sagement assis dans les gradins….

Ce fut quand même une grande soirée, dehors, nous avons retrouvé la grisaille du train-train quotidien qui nous attendait pour demain. C’est avec une certaine fébrilité que nous feuilletons LE PROGRES qui nous livre ses impressions sur ce concert ; *** Pour les amateurs de musique rock et pop, c’était hier soir sans aucun doute une date marquante. Les Rolling Stones se produisaient au Palais des sports à Lyon et comme dans toutes les villes visitées au cours de leur actuelle tournée européenne, ils ont joué à guichets fermés. Des faux billets avaient été distribués et l’on craignait des violences. Mais si ce n’est quelques heurts individuels, aucun acte grave ne fut à déplorer.------Treize ans après avoir connu leur premier succès, les Stones sont fidèles à leurs sources, ils restent dans leur musique, leurs textes et leurs jeux de scène, vibrants, parfois touchants et délibérément provocants.------Les Stones, c’est presque du classique…. Et les 15 000 spectateurs l’ont écouté chanter des succès anciens ou plus récents avec calme, presque religiosité. La grande majorité de ces spectateurs étaient très jeune : nombre d’entre eux devaient tout juste marcher quand les Stones montèrent sur les planches. Et ces jeunes-là ne les écoutent certainement pas comme les jeunes, il y a 10 ans. C’est la preuve que les Rolling Stones ont su bien vieillir.*** PATRICK EBERHARD, LE PROGRES, 10 juin 1976.

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On retrouve les Rolling Stones en août au festival de Knebworth, dans la grande banlieue de Londres. Ce festival réunit 200 000 personnes et les Stones interprètent une trentaine de chansons pour un concert de défonce de près de 3 heures. Rock et Folk était là pour nous.***Il fallait hélas traverser la Manche pour se joindre à quelque fête galante. Knebworth en fut une et des mieux réussies. Surtout quand la nuie venue, ILS démontrèrent en un show fantastique qu’on les avait enterrés un peu vite.----- il est plus de minuit. La massa immense remue dans l’ombre, et c’est déjà trop d’attente dans le bleu perlé. On espère les Stones, on sait le prix des minutes avant eux, et même on les savoure. Mais trop, c’est trop.. Alors, à son sommet, l’attente au-dessous de la scène se gonfle en une gigantesque lèvre supérieure, gavée de rouge, et l’avant-scène en langue tirée jusqu’au château ou presque. Musique de foire, qui décroît, et le meneur de jeu, tout doux qui chuchote un extatique « Ladies and gentlemen, the Rolling Stones », cette lâche provocation. Juste les projecteurs sur le groupe qui envahit l’espace, Keith, guitare dans la hanche, grimace alléchée, et tout de suite un grand écart, les épaules aux oreilles , LE riff de guerre, l’inattendu riff de toutes nos guerres depuis dix ans, et au bout du chemin, là-bas, droit, très loin, l’autre silhouette d’avant hier, Jagger en blouson noir et pantalon de soie, cuir aux épaules, émeraude aux jambes, qui petit-patte, les main sur les yeux, en aviateur, vite, plus vite, jusqu’au grand pied dressé sur le parjure : SATISFACTION ! Oh non bien sûr qu’il ne peut pas l’obtenir, il n’est plus temps, et c’esttellement la balle perdue que les deux cent mille têtes en flanchent, touchées par surprise.------ Je ne sais pas si ce concert fut le dernier des Rolling Stones, et je m’en fiche. Si oui, tant pis, sinon que les prochains soient ne serait-ce qu’un dixième aussi grandioses. On ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut, mais on peut s’en donner une idée : que le rock, comme ce soir à Knebworth, tire sa langue rougeoyante au vieux monde, ou qu’on l’oublie. *** FRANCOIS DUCRAY, ROCK ET FOLK ? Octobre 1976.

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Quant à nous, nous réalisions que nous avions déjà pris de très mauvaises habitudes d’apprécier les bonnes choses que nous souhaiterions être sans fin : 31 mars 1966…., 3 octobre 1970….., 9 juin 1976……
Alors on s’est dit, pourquoi serait-ce fini ?

En fait, on attendait déjà la prochaine tournée européenne qui passera, pour sûr, à Lyon.

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08:20 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : loisirsculture, livre