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jeudi, 22 mars 2012

1970, European Tour, PARIS, LYON

Tour'70
L’european rolling stones circus

Les Rolling Stones ont dévasté les Etats Unis qu’ils ont quittés avec le tragique Atlamont. La qualité de leurs disques, nous l’avons constaté précédemment, cherche constamment le perfectionnisme. Le dernier en date GET YER YA YA’S OUT nous permet de revivre le passage du groupe au Madison Square Garden de New York lors de cette triomphale tournée américaine et ne peut que renforcer cette affirmation. Chaque album retrouve cet air de famille du précédent auquel ont été rajoutées de nouvelles trouvailles musicales ou instrumentales pour tenter d’atteindre à cette perfection qui sera toujours leur label. L’arrivée de Mick Taylor renforça les Rolling Stones qui comptèrent sur deux solistes qui se réjouissent d’étaler tour à tour leur immense virtuosité. Mick Taylor est un guitariste de blues, alors que Keith Richard un guitariste de Rock. Ces deux styles de musiciens se mélangeant offrent au groupe de plus grandes possibilités de phrases musicales aboutissant à ce son Stones.

Et sur scène : comment sont-ils maintenant ?

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Leur dernier passage en France remonte à quatre ans(1966). L’annonce de leur venue en France a lieu avant les vacances de cette année 1970. L’European Rolling Stones Circus est en route pour visiter une nouvelle fois, pour le plus grand plaisir des amateurs de rock music, cette bonne vieille Europe : 30 août, Malmoe, 1 septembre, Goteberg, 2 septembre, Helsinki, 4 septembre, Stockholm, 9 septembre, Aarhus, 12 septembre, Copenhague, 20 septembre, Stuttgart, 22. 23. 24 septembre, Paris, 27 septembre Vienne, 29 septembre, Rome, 1er octobre, Milan, 3 octobre, Lyon,7 octobre,Esson, 8 octobre, Amsterdam.

Les Rolling Stones à Paris et à Lyon, voilà un événement que des milliers d’amateurs espéraient, attendaient sans y croire. L’énorme différence avec les années précédentes, est, que cette fois, les Rolling Stones sont attendus par tout le monde, c’est à dire par les fans, par les gens du métiers, par la presse spécialisée ou non. C’est ainsi que des grands journaux comme Paris Match consacrent un grand article sur eux *** Ils restent le premier groupe de rock n’ roll du monde. *** PARIS MATCH. Et tirent une affichette PARIS RECOIT LES ROLLING STONES qui est placée dans tous les kiosques à journaux de France et de Navarre. Les temps ont changés, pas les Rolling Stones. Les gens n’ont pas changés, les Rolling Stones ont peaufiné leur style musical et scénique. Les Rolling Stones sont accueillis avec honneur. Ils sont devenus des stars, traqués par les journalistes. Ils sont adorés par les uns, toujours haïs par les autres. Peu nous importe, ils sont là, ils sont consacrés, nous les attendons avec une impatience à peine déguisée. 22. 23.24 septembre 1970. le Rolling Stones Circus installe sa caravane au Palais des sports de Paris.
*** Le refrain des pierres qui roulent. Palais des sports de Paris : 22. 23. 24 septembre. Complet. Les Rolling Stones sont à l’affiche. Ils se produiront le 3 octobre à Lyon. Leur dernière apparition en France, il y a trois ans, cassa des fauteuils. C’est de la préhistoire. Depuis sa naissance, en 1962, le groupe des Rolling Stones a toujours traduit à la fois les appétits et les frustrations de ceux qui les admirent. Mais ce qui chez leurs rivaux, les Beatles, est humour, tourne chez eux à la dérision. L’insolence vire à la violence et l’ironie à la colère. *** Daniel Heymann, l’EXPRESS.

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Trois concerts à Paris, des milliers de personnes, des centaines de flics dehors à qui il faut montrer son billet maintes fois pour pouvoir passer. Des gauchistes qui emmerdent le monde avec leurs conneries qui sonnent creux. Un orchestre de blues en première partie : Buddy Guy et Junior Wells. Un bœuf d’Eric Clapton qui n’est pas prévu au programme ! un entracte qui n’en fini plus. La salle est plongée brusquement dans l’obscurité. Une annonce sèche : Ladies and gentlemen… The Rolling Stones... 6000 types qui gueulent dans le noir. Puis tout aussi brusquement une douche de projos, la scène est baignée de jaune,d’orange. La salle se lève, hystérique. Les Rolling Stones sont en place et attaquent leur show à la vitesse du son, chantant le rock, le blues, ou encore une ballade.
*** C’est quand même un drôle de zinzin, ces musiciens presque discrets, réfugiés derrière leur tonnerre, et ce chanteur exhibitionniste. Est-ce ça un groupe ? Et alors, Mick Jagger ? Au cas ou vous ne vous en seriez pas aperçu tout seul, c’est certainement un des meilleurs, sinon le meilleur chanteur de cette musique et quoi qu’on pense de la perfection des disques, un chanteur de scène. *** Hambone Willy, CHARLIE HEBDO. Les Rolling Stones jouent leur musique. Le public est là, vénérant, adulant Mick Jagger qui est tout un symbole sexuel, le dieu Cupidon adoré.*** Mais autant adorer ce dieu là, impie et sexué. Hypersexué même, tortillant du cul comme une poule, ou agressif comme un vrai mec, totalement contraire en tout cas à l’idée journalistique de l’uni-sexe, de toute fusion réductrice à un plus petit dénominateur commun de l’homme et de la femme. Mick c’est le sur-mâle avec pas mal de sur-femelle en lui. C’est pourquoi il excite tout le monde et qu’il excite aussi la hargne de ceux qui refusent de s’identifier à son désir. *** Hambone Willy, CHARLIE HEBDO.
Ils ont décidé une fois encore de jouer du rock, jouer et gagner. Mick jagger et les Rolling Stones dédient Midnight rambler à Jimi hendrix décédé récemment. *** V’la un concert où il s’est passé vraiment quelques choses, simplement tout y était excessif, et pour que toutes indifférentes que jouent les Stones, il s’agit quand même d’une grande claque dans la gueule à toute la grisaille de ce qu’on essaie de faire passer pour du spectacle.***Rambone Willy, CHARLIE HEBDO.

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3 octobre 1970

… Palais des sports, Lyon. Le show était annoncé pour 21 heures. Depuis la veille il y a des campeurs devant cette grande bâtisse. Des Suisses, des Allemands, quelques Anglais, des gens de Châlons.
Dès 19 heures le Palais des sports a fait le plein de ses 12000 spectateurs environ. Pour ce qui nous concerne, toute notre bande composée d’une vingtaine d’âme se trouve confortablement allongée à quelques mètres de lascène.C’est ainsi installés que nous assistons à la première partie qui nous présente les deux invités du jour, les blues-men Buddy Guy et Junior Wells. Ils joueront pendant une bonne heure du blues qui nous paru des plus ennuyeux, nos goûts allant d’avantage au jeu de Jimi Hendrix. En fait, ce duo se produisait au Etats Unis dans de petits clubs avec un certain succès. Les Lyonnais, peut-être moins bons connaisseurs n’ont pas apprécié. Pour être tout à fait honnête, je les trouvais moi-même mauvais. Puis vint le moment tant espéré, le tour des Rolling Stones. En moins de temps qu’il soit nécessaire pour le dire, une marée humaine tel un compresseur obligea notre petite à bande à déclencher le plan Orsec, le temps a peine de rassembler nos effets, et nous voilà pris en sandwich dans cette foule hystérique. Le fait d’être plusieurs eut l’avantage de nous permettre de préserver un peu de notre territoire pour assister à ce fantastique concert marquant à plus d’un titre.Une machine à spectacle( scène, sonorisation,éclairage, roadies) parfaitement rôdée, et sans faille qui attend les spectateurs. Les Rolling Stones à la hauteur de leur réputations qui nous offrent pendant plus de soixante dix minutes ce que beaucoup de groupes ne donnent plus. Du rock n’roll, Carol, Let it rock, Roll over beethoven, avec un salut a papa Berry. Du blues, Love in vain.***Mick Jagger, à l’inverse d’un Claude François auquel il pourrait faire penser, ne chante pas des marches pour boy scouts attardés ou des romances pour lectrices de Confidences. *** Dan Yack, LA VIE LYONNAISE.

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Photo Daniel Vieu

Ils apparaissent sur scène avec un accoutrement très agressif, tant au niveau des couleurs qu’à celui du bon goût. Mick Jagger porte un énorme crucifix. Il est vêtu d’un pantalon noir clouté. Sur les épaules il a une longue tunique à rainures oranges, violettes, jaunes. Keith Richard est habillé d’une veste de trappeur en daim, avec de longues franges aux manches. Mick Taylor et Charlie Watts sont simplement en T-shirt. Bill Wyman se présente avec un ensemble jaune pailleté. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les couleurs sont vives. Jumpin jack flash, Midnight rambler, Mick Jagger est devant nous, à genoux, puis il rampe sur la scène. Il marque le tempo avec son ceinturon dont il frappe le sol en excitant la foule hurlante qui ne semble pas comprendre que ce morceau est leur nouveau Satisfaction. Prodigal song, un peu de calme et de frissons avec seulement Mick et Keith à la guitare acoustique. Le reste du groupea quitté pour un instant la scène. Dead flowers, Brown sugar, sans oublier Sympathy for the devil. La qualité du son sur scène égale très largement celle de leurs disques. Le public ?
Dans la salle, deux catégories de spectateurs. Les amateurs de pop music ou autres, et les fanatiques d’idoles comme Hallyday. Les premiers sont contraints et forcer de subir le crétinisme lamentable et ultra développé des seconds qui confondent toujours et encore un concert de rock avec un concourt de hurlements organisés par les Hallyday, C.François et consoeurs. Factory girl, Honky tonk woman, Live with me, les morceaux se succèdent, vite, trop vite.

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Les Stones sont soutenus par Jim Price au saxo, Bobby Keys à la trompette, Ian Stewart au piano. Nous vivons en direct, là, à Gerland, le gigantesque album GET YER YA YA’S OUT. Le public n’en peut plus, on appelle MIIICK ! c’est dément, c’est triste, les mecs sont cons à chialer. De seize à trente ans, ils n’ont pas changé, si ce n’est la barbe ou parfois un peu moins de cheveux. Et puis, c’est Street fighting man, la révolution chantée. Dans la salle plus de dix mille personnes veulent être le plus près possible de la scène qui ne fait quelques mètres de large. Les filles tombent dans les pommes, les Stones nous envoient des fleurs. Ils s’en vont. Ils laissent derrière eux un vide sonore et physique. *** Ils terminèrent le spectacle avec Honky tonk woman et Street fighting man. Ils quittèrent la scène très rapidement et le public ne songea même pas à réclamer une autre. Les Rolling Stones ne reviennent jamais, ils ne sont pas à notre disposition, nous, si. *** Sacha Reins, BEST N°28.

Dehors, il fait froid. Dehors il fait triste

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07:32 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : rockin'daddy

lundi, 30 janvier 2012

1970, ROLLING STONES'music

La musique des Rolling Stones, c’est d’abord une grande claque dans la gueule. Elle est brutale et directe. C’est parfois du rock n’ roll, très dur : I just want to make love to you, Not fade away, Satisfaction. Un rock qui balance terriblement, qui puise son essence dans le blues (Muddy Watters). Le rock n’ roll est essentiellement tripal. Le contact public/chanteur est direct, presque physique. On dit couramment que les réactions se situent bien souvent au niveau du nombril ! c’est une musique qui vous pénètre par le ventre. Il faut que ça bouge, la défonce, à l’origine, étant le but à atteindre. Pour preuve, le blues que chantent les Stones est empreint de cette sauvagerie, dont ils vont devenir l’image qui va leur coller à jamais. I’m a king bee, chantée avec cette voix éraillée à l’excès, avec ce rythme qui secoue les tripes. Une agression musicale dont vous vous délectez, en en redemandant toujours plus.
Parfois, la musique s’adoucit étrangement, Ruby Tuesday, Love in vain, Lady Jane. Elle peut même devenir très belle, sans jamais tomber dans la niaiserie ou la médiocrité chères à beaucoup de chanteurs et chanteuses que ma bonté m’interdit de nommer ici. La beauté du diable pourrait dire à l’écoute de leurs disques. Les stones ont donc une image rassurante. Ils nous exposent leurs petits cotés sentimentaux.

LADY JANE

Ma douce Lady Jane
Quand je vous reverrai,
Votre serviteur je serais
Et le demeurerai humblement

Ecoutez-moi mon amour,
Vous supplier à genoux
Je me voue à vous, Lady Jane

Ma chère Lady Anne
J'ai fait ce que j'ai pu
Je dois prendre congé
Car je suis promis
Cette pièce est jouée, mon amour
Votre heure est venue, mon amour
Je me suis engagé sur serment
auprès de Lady Jane

Oh ma douce Marie
Je suis à ta disposition
Le sable s'est écoulé
Pour ta lady et moi

Le mariage est proche mon amour
Sa condition est appréciable mon amour
La vie est sécurisante avec Lady Jane


Amour/violence ? La musique des Rolling Stones est bourrées de contrastes. Tout comme eux ,d’ailleurs, qui par leur façon d’être, de paraître au yeux du public, lancent un défi permanent à la bonne conscience de ceux qu’il est convenu d’appeler les braves gens. La musique des Rolling Stones s’inspire dès le début, et reste très proche de celle des musiciens de couleurs, Bo Diddley, Muddy Watters, Willie Dixon. Leur maître n’est-il pas Chuck Berry, à qui, au cours de chaque concert, ils adressent un petit salut en interprétant plusieurs de ses compositions telles Carol, Roll over beettoven, ou encore Little Quennie.
Comme celle des Noirs, dont ils ont hérité, leur musique qui se bonifie par l’apport des nouvelles connaissances techniques qu’ils acquièrent avec le temps et l’expérience, et qu’ils jouent par conséquent avec une très grande aisance est toujours imprégnée de révolte. Elle est aussi toujours souvent teintée d’humour, parfois grinçant. On trouve fréquemment dans les textes une bonne dose de contestation, un fond fortement tinté de social, voire un appel à la révolution, Street fighting man.
Contrairement aux Beatles, les Rolling Stones ne se veulent pas rassurant dans leurs chansons. Si les Beatles clament que tout va bien, Revolution, les Rolling Stones hurlent que non, Sympathy for the devil . *** Et s’ils chantent, c’est un peu pour que ces enfants-là (qui ne parlent pas encore) soient plus heureux que leurs pères…..*** DAN YACK LA VIE LYONNAISE.

"SYMPATHIE FOR THE DEVIL" SYMPATHIE POUR LE DIABLE

S'il vous plaît, permettez-moi de me présenter,
Je suis un homme riche et de goût.
J'étais là tout près pendant de longues,longues années, pour voler l'âme et la foi de beaucoup d'hommes.
J'étais là tout près quand Jesus Christ eut son instant de doute et de foi.
Et bien sûr, je fis damner ce Pilate qui s'en lavait les mains et scellait son destin

Content de vous rencontrer, j'espère que vous devinez mon nom,
Mais ce qui vous intrigue (ou rend confus), c'est la nature de mon jeu.

J'étais à St Pétersbourg quand j'ai vu que le temps était venu pour un changement.
J'ai tué le Tsar et ses ministres? Anastasia criait en vain.
J'ai conduit un tank, j'étais général quand la guerre éclair faisait rage et que les cadavres puaient.

J'ai veillé avec joie pendant que vos rois et reines se battaient
Pour dix décades pour les dieux qu'ils ont fabriqués.
J'ai crié "qui a tué les Kennedys ? car après tout c'étaient vous et moi.

S'il vous plait, permettez-moi de me présenter, je suis un homme riche et de goût.
Et je tends des pièges pour les troubadours qui sont tués avant d'atteindre Bombay.

Tout comme chaque flic est un criminel, et tout pêcheur un saint.
Comme la tête est la queue, appelez-moi Lucifer, à cause des conventions.
Aussi, si vous me rencontrez, soyez courtois ayez de la sympathie et du goût.
Usez de votre plolitesse bien apprise ou alors je perdrais votre âme.


Il y a la saveur des textes qu’accompagne une grande richesse musicale reconnue.*** L’université de Californie, à Los Angeles, insiste sur le fait que les élèves qui font une licence es-musique étudient les Rolling Stones. Le professeur de musique pense qu’ils ont apporté des éléments importants à la musique moderne. *** DAILY SKETCH. 4 janvier 1968.
A sa création, le groupe est comme beaucoup d’autres avec son chanteur Mick Jagger, ses trois guitares, Keith Richard, Brian Jones, Bill Wyman et sa batterie, Charlie Watts. Les morceaux tombent bien et la technique impeccable , les disques se succèdent. Ils nous offrent plusieurs classiques du rock n’roll qui ne sont pas vraiment celui de Gene Vincent ou bien d’Eddy Cochran. Leur rock est plus imprégné de celui de Chuck Berry. Les Rolling Stones sont dans leur première période d’interprètes, avec quelques timides compositions sous le pseudo Nanker Phelge. THE ROLLING STONES avril 1964; AROUND AND AROUND, fin 1964; DOWN HOME GIRL, janvier 1965; trois albums qui témoignent de cette époque. Le dernier soulignant déjà les progrès musicaux de ce groupe, et où apparaissent les premiers travaux Jagger/Richard (What a shame, Off the Hook, Grown up wrong). Les Rolling Stones sont très populaires en Angleterre, il en est de même en France. Ils arrivent ainsi à imposer un vieux blues Little red rooster, qui est classé n°1 au hit parade. Il leur reste cependant les U.S.A à toucher. Mick Jagger et Keith Richard se sont mis au travail.
The last times remporte un succès relatif. Il faut attendre août 1965 et la bombe baptisée Satisfaction qui les consacre aux Etats Unis, et par conséquent au niveau mondial. Dès lors, Mick Jagger et Keith Richard imposent leurs talents d’auteurs compositeur. Simultanément les Rolling Stones s’ingénient à utiliser une large palette d’instruments qui enrichissent fortement leur musique. c’est ainsi qu’ils emploient tour à tour le piano, le sitar, le dulcimer ou encore des violons ou même des chœurs de grandes chorales londonienne.
Cette maîtrise permet de peaufiner cette sauvagerie qui est leur marque, leur son, leur Style. La simplicité caractéristique du Rock n’roll cède sa place à plus de finesse. Un nouveau relief leur permet de mieux exprimer cette rage musicale assez confuse au début, donc souvent incomprise, ou tout simplement méconnue. OUT OF OUR HEADS, septembre 1965 ; AFTERMATH, avril 1966;

"PAINT IT BLACK " PEINT LE EN NOIR

Je vois une porte rouge et je veux qu'elle soit peinte en noir.
Plus de couleurs, je veux qu'elles tournent au noir.
Je vois les filles se ballader vêtues de leurs vêtements d'été.
Je dois détourner la tête jusqu'à ce que ma "noirceur" s'en aille.

Je vois une file de voitures et elles sont toutes peintes en noir.
Avec des fleurs et mon amour, tous deux ne devant jamais revenir.
Je vois les gens tourner la tête et rapidement regarder au loin.
Comme un nouveau né, cela arrive chaque jour.

Je regarde en moi et vois que mon coeur est noir.
Je vois ma porte rouge et je veux qu'elle soit peinte en noir.
Peut-être m'évanouirai-je et n'aurai pas à faire face aux faits.
Ce n'est pas facile de faire face quand votre monde est tout entier noir.

Plus jamais ma verte mer ne virera à un bleu profond
Je ne pouvais pas prévoir ces choses qui t'arrivent.
Si je regarde assez fort dans le soleil couchant
Mon amour rira avec moi avant que ne revienne le matin
je peux voir ton visage peint en noir, noir comme la nuit, noir comme le charbon,
Ne plus pouvoir voir le soleil volé haut dans le ciel
Je peux le voir peint, peint, peint en noir, oui...


...GOT LIVE IT WANT IT, 1966 enregistré en public au Royal Albert hall de Londres; BETWEEN THE BUTTONS, janvier 1967; puis le merveilleux THEIR SATANIC MAJESTIES REQUEST, décembre 1967 ont fixé sur la cire cette évolution, ces recherches entreprises par Les Stones. Les amateurs découvrent au fil des albums une bande de musiciens talentueux qui vivent une superbe musique. Durant cette période sont nés Ladie Jane et sa tendresse, le très nerveux Under my thumb ou encore le génial Goin home. ***Goin home dure onze minutes trente cinq. Une véritable douche écossaise où la tendresse succède à la démence. Jagger va au finish. Un morceau de roi. Bis. Les Stones for ever.***Extrait magazime LUI.
Ensuite pour les Rolling Stones, il semble que ce soit la panique. Ils abordent une période difficile : la drogue, la prison, leur mauvaise réputation qui s’amplifie jour après jour. L’échec commercial de THEIR SATANIC MAJESTIES REQUEST ! Sont-ils arrivés à une impasse ? Ils semblent subir un passage à vide qu’ils comblent par un retour musclé avec des textes encore plus brillants : Sympathy for the devil, Street fighting man. Le sursaut ressemble à celui d’une éruption volcanique. Les paroles plus que jamais sont agressives, percutantes au possible. Le mauvais rêve des Rolling Stones a pris fin. BEGGARS BANQUET, décembre 1968 effacent les quelques doutes, s’ils en étaient, quant à une décadence prématurée de ce grand groupe. LET IT BLEED, décembre 1969, le dernier où joue Brian Jones ; GET YER YA YA’S OUT, septembre 1970 ; et enfin STICKY FINGERS, avril 1971, sont des albums conçus et enregistrés par un groupe qui a atteint une rare perfection musicale.
Ce groupe qui ne néglige pas l’apport d’autres musiciens talentueux comme Nicky Hopkins (piano), Bobby Keys (saxo), Jimmy Price (trompette, trombone), Ry Cooder (guitare acoustique : écoutez JAMMING WITH EDWARD), Jimmy Miller (percussions). THE ROLLING STONES, 1964 ….. STICKY FINGERS, 1971.
En sept années, les Rolling Stones ont conservé l’aspect viril du Rock n’ roll des années 55 tout en modifiant l’ambiance musicale, l’embellissant grâce à l’adjonction de tous ces nouveaux instruments. Ils ont créé des monuments : Satisfaction ou encore Midnight rambler qui sont venus égaler des incontournables tels Tutti frutti, Long tall sally des inégalables Jerry Lee Lewis, little Richard, Gene Vincent.. Les Rolling Stones ont écrit leur MUSIQUE ouvrant la voie à des musiciens comme Jimi Hendrix qui effectua un retour aux sources du Blues plus marqué que les Stones , en jouant une musique encore plus écorchée, brûlée vive au propre comme au figuré (immolation de la guitare).

"MIDNIGHT RAMBLER" LE RODEUR DE MINUIT

Avez-vous entendu parler du rôdeur de minuit?
Qui fait fuir tout le monde.
Avez-vous entendu parler du rôdeur de minuit?
Celui qui ferme la porte de la cuisine?
Il ne met pas en route une sirène d'alarme,
Enveloppé dans un collant noir,
Il ne marche pas dans la lumière du matin.
Il est crevé à l'heure où le coq chante.
Avez-vous parlé du rôdeur de minuit?
Celui que vous n'aviez jamais vu avant
L'avez-vous vu sauter le mur du jardin?
Reprenant son souffle, si tristement,
Ecoutez et vous entendrez son gémissement.
Et bien oui, je suis en train de vous parler du rôdeur de minuit.
Qui fait fuir tout le monde.
Avez-vous entendu parler du rôdeur de minuit?
Et bien poupée, ce n'est pas un spectacle de rock n'roll.
Et oui je parle du rôdeur de minuit,
Oui, celui que vous avez vu avant,
Alors, vous en avez entendu parler, de Boston...
Ce n'est pas un de ceux-là...
Alors, parlons de celui qui, à minuit...
Celui qui ferma la porte de la chambre.
On m'appelle le violeur en colère qui la frappe et s'enfuit
Le pas feutré, à couteau tranchant,
Ou simplement le carillonneur qui fait sauter les cervelles.
Vous savez celui que vous n'avez jamais vu avant.
Aussi, si vous ne rencontrez jamais le rôdeur de minuit
Glissant sur le sol en marbre de votre hall.
Et bien il rôde comme une panthère noire gonflée d'orgueil.
Vous pourrez dire que je vous ai averti.
Alors, ne voudrez-vous jamais écouter parler du rôdeur de minuit?
Faites cela facilement comme vous marchez
Je vais casser toutes les vitres de tes fenêtres
Donner un coup de poing à travers ta porte d'acier.
As-tu entendu parler du rôdeur de minuit?
Il laissera sa trace de son pas imprimé à travers tout ton hall.
As-tu entendu parler du rôdeur de minuit,
J'vais t'voler ta maitresse sous ton groin
Alors, va doucement avec ton froid Fandango.
Je vais te planter mon couteau jusqu'au fond de ta gorge,
Baby, et ça fait mal....


Et toujours cette révolte que l’on perçoit en filigrane. Comme eux, nous sommes issus d’un milieu populaire, nous avons ressenti et vivons peut-être très sûrement les mêmes problèmes, les mêmes angoisses face aux adultes qui détiennent si maladroitement les rennes du pouvoir de décision et de commande. Ainsi, chaque nouvelle chanson est une nouvelle attaque contre cet état de faits, contre les tabous idiots, ces principes établis désuets. La musique des Rolling Stones est en quelque sorte comme un chant révolutionnaire. *** Et si un prochain jour ce quelque chose (dans le genre mai 68 ou juillet 89) se produisait aux U.S.A ou en Angleterre , il est sûr que la Marseillaise d’alors serait des tubes des Rolling Stones. Quant aux Français, ils peuvent dormir tranquilles : Johnny Hallyday ne sera jamais Rouget De l’Isle.*** DAN YAK LA VIE LYONNAISE.

"SISTER MORPHINE" SŒUR MORPHINE

Ici je repose, sur mon lit d'hopital
Dis-moi sœur Morphine
quand reviens-tu par ici ?
Oh, je ne pense pas que je pourrais
attendre longtemps.
Oh, tu vois bien que je ne suis pas
si fort que ça

le hurlement de l'ambulance
résonne dans mes oreilles
Dis-moi Soeur Morphine,
depuis combien de temps suis-je couché ici ?
Qu'est-ce que je fous ici ?
Pourquoi le docteur n'a-t-il pas de visage ?

Oh, je n'arrive pas à ramper sur le sol
Ah, ne vois-tu pas Soeur Morphine, j'essaie de marquer des points.

Bien que tout ça prouve bien
Que les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être
S'il te plaît Soeur Morphine
Change mes cauchemars en rêves,
Oh, ne vois-tu pas que le m'affaiblis vite
Et que ce shoot sera mon dernier

Douce Cousine Cocaïne; pose ta main fraîche, fraîche sur ma tête
Ah, viens Soeur Morphine
Tu ferais mieux de faire mon lit
Car tu sais qu'au matin je serais mort.
Oauis, et tu peux t'assoir à mon chevet, et tu peux regarder
Les draps propres et blancs tachés de rouge.


C’est sans doute cela qui explique la haine qu’éprouvent les adultes pour ce groupe de Rock. Beaucoup d’autres formations ont laissé les parents indifférents. Certains ont bénéficié, comme les Beatles, d’une approbation attendrie (il faut bien que jeunesse se passe). Mais des Rolling Stones, groupe maudit, il est fortement déconseillé de parler. Aimer la musique des Rolling Stones équivaut à une sévère condamnation morale (heureusement pour leurs admirateurs, l’inquisition tristement célèbre n’a plus cours). Comment est-il possible, quand on a une excellente moralité, d’être en admiration pour cette bande de voyous ? Voyous ! peut-être, si cela peut vous rassurer !
Grands musiciens, indiscutablement. Grand nombre de compositions de Jagger et Richard furent reprises par d’autres grands noms.***Chris Farlow:Think, Out of times, Ride on babe, Yestedrday’s papers, Paint it black. Marianne Faithfull : As tears go by,. Cliff Richard: Polue turns to grey. Gene Pitney: That girl belong to yesterday. Otis Redding, Aretha Franlin, Jimi Hendrix, Eddy Mitchell, Satisfaction. Muddy Watters, let’s spend the night together..Mélanie, Richard Anthony: Ruby tuesday. Marie Laforêt, Paint it black. Joan Baez: No expectations. Eric Burdon and the Animals, puis avec War: Paint it black. Ike and Tina Turner, Joe Cocker: Honky tonk woman. The Who: Under my thumb, the last time. Rod Stewart: Street fighting man. Blood Sweet and Tears: Sympathy for the devil. Little Richard: Brown sugar.***En partie d’après BEST N°28.

09:09 Publié dans MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : rockin'daddy