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dimanche, 25 mars 2012

1971, l'exil.... La ROLLING STONES RECORDS

1971, l'exil
Robin des bois et jeanne d’arc.

Depuis quelques temps, un bruit circule : les Rolling Stones, avec femmes et enfants veulent, paraît-il, s’installer en France. Ils auraient décidé de quitter l’Angleterre. Les semaines s’écoulent, la rumeur s’amplifie. Plusieurs sites de la côte d’azur sont avancés : Grasse, Cap Ferrat. Est-ce bien sérieux ? le plus grand groupe de rock n’roll du monde deviendrait par adoption un groupe français ? La Pop française serait réalité avec eux !

L’installation de nos cinq compères et amis dans le sud de la France soulève une vague d’inquiétude de la part des résidents. Il est certain, que si dans votre voisinage des artistes comme Reggiani, Aznavour ou Ferrat qui sont considérés comme des gens sages sous tous rapports et bien élevés, viennent se reposer, cela sera bien vu. En revanche, la venue du groupe dont la réputation tapageuse qu’on leur a collée ne déclenche pas, on s’en doute, un élan d’enthousiasme ou de sympathie débordante. Un lieu réputé très calme et respectable ne risque-t-il pas de vite devenir, de par leur présence, un enfer malsain qu’il sera urgent de fuir ? Les Rolling Stones ou le choléra, quel serait votre choix ? La publicité sulfureuse que les musiciens traînent avec eux effraie les braves gens.

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Quoi qu’il en soit, cela devient officiel. Les Rolling Stones arrivent avec guitares et bagages et s’établissent dans le midi méditerranéen. *** Les Rolling Stones se dispersent sur la côte d’azur. Le guitariste Mick Taylor s’est installé près de Grasse, le bassiste Bill Wyman a loué pour un an une somptueuse villa avec piscine à la Bastide Saint Antoine ; l’autre guitariste Keith Richard est à Cap Ferrat, alors que le batteur Charlie Watts a préféré acheter un château dans les Cévennes. Mick Jagger, lui, cherche une maison à louer dans le Var. A propos de ce dernier, il semble apprécier la compagnie d’une charmante Sud-Américaine, Bianca Perez Morena, et déjà court le bruit d’un mariage.*** SUPER HEBDO POP MUSIC.

Evidemment, quand on a pour noms Mick Jagger, Keith Richard, Mick Taylor, Bill Wyman, ou Charlie Watts, et que pour joker on fait partie du groupe THE ROLLING STONES, on ne quitte pas sa Mère Patrie l’Angleterre incognito ou avec la fleur au fusil. On ne s’en va pas sans tambour ni trompette. On sort ses guitares. On installe la batterie. On règle les micros, et dans une forme fracassante, on effectue une tournée d’adieu au Royaume Uni. 4 mars 1971, Newcastle ; 5 mars, Manchester ; démentiel ! 6 mars, Coventry ; 8 mars, Glasgow ; 9 mars, Bristol, délirant ! 10 mars, Brighton ; 12 mars, Liverpool ; 13 mars, Leeds ; la folie continue ! 14 mars au roundhouse de Londres où une foule dense vient les acclamer lors de deux concerts mémorables. Mick Jagger, en provocateur averti, portait pour la circonstance un pantalon en satin, un mini boléro noir dévoilant son torse et était coiffé d’une casquette de base-ball.

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Cette tournée britannique est triomphale, ce qui va de soi n’étonne personne. Triomphe d’autant plus éclatant que les fans anglais n’avaient pratiquement plus vu les Stones sur scènes depuis 1966, à l’exception des veinards présents à Hyde Park le 5 juillet 1969. pour couronner le succès de cette cérémonie d’adieu, les Rolling Stones invitent toutes les personnalités du show-biz au Marquee Club (là-même où ils débutèrent leur carrière) et leur annoncent qu’elles vont voir ce qu’elles vont voir…Manière de s’amuser un peu, ils donnent en présence de ce gratin du spectacle un concert comme seuls les Stones sont capables. Ils sont les Majestueux, les Grands, les Fabuleux Rolling Stones. Semblant dire « nous partons, mais nous serons toujours présents ».

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medium_1971_pop_2.jpgCe concert, nous avons eu la chance de le voir pratiquement en intégralité, en France, retransmis pendant l’émission POP 2. Je profite de l’occasion pour filer un coup de chapeau, et les remercier, à Maurice Dumay et Patrice Blanc-Francart, producteurs de l’émission et rares défenseurs du Rock sur les antennes TV de l’époque.

Voici donc les Rolling Stones installés dans le pays de Jeanne la Pucelle. Il est évident que ceux qui n’ont rien compris diront qu’ils sont fiers de ce choix ! En réalité qu’est-ce que cela a bien pu changer ? L’endroit où ils se trouvent importe peu puisque leur monde c’est la musique que l’on dit universelle. En France ou ailleurs, ils sont et restent ce groupe internationalement reconnu. Leur atout est dans leurs chansons qui bannissent toutes les frontières humaines qui n’ont aucune signification et ne signifieront jamais rien. Ils sont Anglais de naissance, certes, Français d’adoption, quelle importance ? Sur scène ou dans leurs disques ils ne seront que les Rolling Stones ! Midnight Rambler craché par Mick Jagger matraquant furieusement le sol avec son ceinturon, ou encore Prodigal song interprété par deux troubadours des temps modernes que sont Mick Jagger et Keith Richard. Love in vain qui arrache les tripes avec une tendresse sauvage, ou bien Satisfaction et son érotisme furieux. Où sont les frontières ? L’amour la contestation ou tout simplement la vie avec son âpreté que chantent les Rolling Stones sont-ils l’apanage d’un seul peuple, particuliers aux noirs, aux blancs ou encore aux jaunes ? Non, les Stones ne sont pas devenus Français, ils ne sont pas notre possession, ils ne sont pas à leurs publics, ce sont leurs publics qui sont aux Stones. ***Car les Stones n’appartiennent à personne. Ils ne viennent pas à nous, c’est nous qui allons irrésistiblement vers eux. Leur univers c’est l’infini, leur loi est la musique, leur corps une frontière, et si vous avez le privilège de la franchir pour arriver à eux par la voix de Mick Jagger, alors, oui, vous aurez vécu avec eux dans le plus beau pays du monde. *** JEANNINE DARLES, BEST N°34.
Les Rolling Stones ne sont la propriété de personne même si Mick Jagger décide néanmoins d’unir sa vie en cette année 1971 à Bianca, cette fille que des milliers d’autres ont dû envier, sans se l’avouer. La cérémonie a lieu dans le célèbre Saint Tropez. Beaucoup de monde connu ou anonyme avec la retransmission en direct sur les ondes du oui traditionnel. Mick Jagger a remplacé Bardot dans la presse. Mick Jagger marié, voilà sans doute de quoi surprendre plus d’un fan des Stones. *** Très récemment Mick Jagger s’est marié. Cela me chagrine car si il y avait quelqu’un qui n’avait pas à devoir signer un papier pour aimer une femme, c’était bien lui ? Et puis après tout il fait ce qu’il veut pourvu qu’il ne s’arrête pas de chanter. *** SACHA REINS, BEST N° 36.


1971, DECCA, le divorce
La rolling stones records.


En cette année 1971, leur coup d’éclat numéro un, c’est incontestablement leur départ d’Angleterre accompagné de toute l’agitation médiatique appropriée.

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Leur deuxième coup, à cette même époque, est la création de leur propre maison d’édition. Pour cette occasion ils déposent Leur marque sous les traits de l’irrespectueuse et voluptueuse LANGUE ROUGE placée comme logo sur les pochettes d’album. Cette LANGUE qui deviendra l’incontournable bannière des Rolling Stones. Ils ont décidé de rompre leurs relations avec DECCA. Ils vont désormais enregistrer et distribuer eux-même leurs productions de disques et promouvoir par la même d’autres artistes comme Peter Tosh notamment. ROLLING STONES RECORDS contre DECCA, cela entraînera des situations des plus cocasses. Ainsi les Stones s’insurgent par presse interposée contre DECCA lors de la sortie de STONES AGE. DECCA a réalisé , sans les avertir, cette compilation avec des titres anciens comme It’s all over now, The last times, Around and around…

Le premier disque de la firme Rolling Stones records, STICKY FINGERS , est un album travaillé, où rien n’a été laissé au hasard. Des titres méticuleusement choisis : Brown sugar (repris plus tard par The King of rock n’roll Little Richard, une référence), Can you hear me knockin, Dead flowers. Un somptueux mélange de rythm and blues, de rock, de blues ainsi que des ballades merveilleusement élaborées. On ne peut que se laisser planer à l’écoute de Sister morphine, râlée par Mick Jagger et pleurée par les guitares. C’est sans nulle doute une des nombreuses grandes chansons que les Stones ont offertes à leur public. Dans cet album on remarquera l’apport de deux saxos et du piano de Nicky Hopkins. Le cinquième Who, comme certains l’ont nommé, ne dédaigne pas, à l’occasion, de devenir le sixième Stones. Fin de la polémique, puisque l’important réside dans le fait que sa présence ajoute de nouveaux sons dans les morceaux des Stones. Les musiciens qui complètent le groupe dans ce disque sont d’ailleurs ceux qui accompagnaient les Rolling Stones lors de la tournée européenne de 1970 : Jim Price et Bobby Keys. Nous assistons désormais à une espèce de course de vitesse entre les Rolling Stones et DECCA. En effet leur ancienne maison de disques sort dans le commerce le fameux Stones Age cité précédemment, alors que les Stones gravent et distribuent Sticky fingers (doigts gluants) évoqué ultérieurement. La pochette signée Andy Warrol représente le haut d’un blue-jean avec la braguette qui s’ouvre. Une vraie fermeture éclair coulisse pour laisser entrevoir le système pileux qu’on imagine ?
Ce fût une réussite dans le genre, bien des albums ont du être vendu grâce et pour la pochette. Les Stones ne sont plus censurés, comme ils le furent pour la parution de BEGGAR’S BANQUET dont la pochette originale fut interdite par DECCA. Ce chiotte qui fit tant de bruit, les Rolling Stones n’y ont-ils pas songé en signant Sticky fingers ? Après Sticky fingers ,qui fit un tabac du coté des ventes (70 000 exemplaires vendus en quelques mois en France ; disque d’or aux Etats unis avant sa mise en vente), Decca sursaute et à l’occasion de la sortie du film Gimme shelter en France édite un album de même nom avec beaucoup de titres qui ne sont que des reprises des précédents albums. Toujours sur sa lancée, toujours avec beaucoup d’avance sur les Stones, DECCA inondent le marché avec la compilation MILESTONES : Satisfaction, I wanna be your man, Not fade away…. Quand le filon est bon, pourquoi ne pas l’épuiser jusqu’à la limite. En tout cas c’estce qu’on est obligé de penser face à ces nombreuses sorties inattendues de disques avec de vieux titres !!! 10 ans ???

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JOUJOUKA , souvenez-vous de Brian Jones de Brian Jones qui a quitté les Rolling Stones et la vie ce soir de juillet 1969. Rolling Stones Records sort ce disque produit et enregistré par l’ami disparu Brian Jones. Album fortement coloré de musique arabe. Brian Jones qui ne joue pratiquement pas a voulu nous offrir cette œuvre mettant en avant la musique marocaine. Il faut rappeler que Brian affectait divers instruments dont le sitar indien par exemple, et que, semble-t-il, une des raisons de se séparation d’avec les Stones, c’est qu’il souhaitait s’éloigner un peu des chemins du rock en entraînant le groupe dans un environnement musical plus large. Cet album prouve néanmoins que les musiciens pop en général et les Rolling Stones en particulier ne se referment pas sur leur seule musique mais s’ouvrent à d’autres styles dont ils puisent des thèmes d’inspiration pour leurs propres créations. Rolling Stones Records, c’est bien sûr un studio d’enregistrement. Ry Cooder qui gratte quelques notes sur sa guitare, Nicky Hopkins (toujours lui) qui tapote son piano, Bill Wyman avec sa basse impatiente, Charlie Watts installé derrière ses tambours et Mick Jagger qui s’essaie la voix. Toutes les conditions sont remplies pour passer un bon moment en se laissant aller à l’improvisation. C’est rapidement chose faîte alors que Mick Jagger, à la manière d’un félin miaule. Derrière lui, Charlie Watts et Nicky Hopkins entament un dialogue musical avec beaucoup de bonne humeur, de joie de jouer, de chanter. Quelques rires et quelques blagues pour marquer le souvenir de cet instant ; toute cette ambiance se retrouve sur une bande, puis un album JAMING WITH EDWARD. Un disque livrant une musique spontanée qui vous donne le désir irrésistible de bouger et de laisser votre cafard dans un coin.

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Plus tard, les Rolling Stones font aménager un studio mobile qui leur permet, tout au long de leurs tournées, d’enregistrer leurs concerts et d’en tirer le meilleur pour nous proposer des albums live. Ce studio sera utilisé par d’autres artistes tels Ten Years After ou encore Johnny Hallyday au Palais des sports de Paris.

Les Rolling Stones, et leur Boss Mick jagger sont devenus Rolling Stones hommes d’affaires.

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dimanche, 27 novembre 2011

1969, 6 décembre, le cauchemar d'Atlamont

Gimme shelter ; donne-moi un abri.

Il y a eu le festival de Woodstock, 3 jours de musique d’amour et de paix. Ou du moins, peut-être ce que l’on a bien voulu nous montrer. ***Woodstock s’inscrivait dans la lignée du désert vivant et le monde du silence, en plus le sujet était à la mode. n’ayez plus l’air d’un con, allez voir Woodstock, vous pourrez causer avec votre voisin de palier.*** SACHA REINS BEST N°32..

Il y a eu Atlamont !!!! Les Rolling Stones effectuent une tournée aux Etats Unis, la 6ème. Gimme Shelter (film sorti en cassette vidéo) montre les principales étapes de cette épopée. Et surtout relate cet incroyable festival d’Atlamont en Californie.

Jumping jack flash. Nous sommes au Madison square garden de New York. Mick Jagger, coiffé d’un haut de forme aux couleurs américaines, un foulard de soie rose autour du cou. La salle est archi-comble. Tout se passe à merveille ; I can’t get no Satisfaction. Il y a Satisfaction, toujours Satisfaction.

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Gimme shelter montre les 5 compères dans les hôtels, prenant possession de leurs chambres avec beaucoup d’agitation. Ils répondent aux questions des journalistes d’une façon désinvolte lors des conférences de presse. A la question êtes-vous satisfaits de votre carrière, Mick Jagger répond « du point de vue sexuel ou philosophique ? Un des grands moments de ce documentaire, c’est la séance d’enregistrement de Sticky fingers. Les Stones écoutent la bande. Les images nous montrent des musiciens amoureux de leur musique. Scène fantastique quand Keith Richard, allongé, les yeux mi-clos mime Wild Horses que chante Jagger. Il y a aussi le passage, sans doute le plus beau, où la poésie des Stones est savamment exploitée. Mick Jagger chante Love in vain, les images défilent au ralenti, découpant les gestes du chanteur que l’on voit en superpositions de face, de profil. La musique traîne, douce, merveilleuse.


Puis ce sont les préparatifs de ce concert gratuit qui devait avoir lieu à San Francisco et qui se voulait un nouveau Woodstock. On change plusieurs fois de cites (les autorités de la ville ayant refusé la permission de jouer dans le parc attenant au Golden gate bridge). Les avocats et autres hommes d’affaires des Rolling Stones s’affairent. Il y a les problèmes administratifs qui paraissent insurmontables (assurances, parkings, sanitaires, etc…), ça va très mal. Enfin l’autodrome d’Atlamont est choisi. Le propriétaire offre gratuitement le circuit de vitesse, à la seule condition de bénéficier de la publicité. Le podium est monté à la hâte. Les jeunes américains (the boys comme dit l’avocat à l’énorme cigare) sont déjà en route pour ce concert gratuit. Ce concert qui est un remerciement des Stones pour l’accueil triomphal qui leur a été réservé durant cette tournée. Des files de voitures s’étalent sur plusieurs kilomètres. Une foule immense qui marche pour se rendre là-bas. Les vendeurs d’herbes.
Le service d’ordre est assuré par les redoutables Hell’s Angels californiens ! Ces hirsutes barbus motorisés qui rappellent les sinistres nazis qu’ontconnu nos Parents. Ces individus qui ont pour dieu un monstre d’acier avec un moteur sans âme, et pour religion la violence sauvage et gratuite. Dès le début du concert on se sent mal à l’aise (pourtant, nous ne sommes que dans une salle de cinéma !),les Hell’s Angels se croient obligés,en pire que leurs homonymes policiers d’état, à faire respecter l’ordre ! Ils frappent notamment le chanteur de Jefferson Airplane qui assurait une première partie de ce show. Ils occupent constamment la scène arrogants, plein de suffisance, daignant de temps à autres, laisser un peu de place pour que les musiciens puissent jouer ? Les Hell’s Angels armés de queues de billard frappent systématiquement, avec rage, tous ceux, qui à leur goût, s’approchent un eu trop près du podium.

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Les Stones sont enfin sur scène. Il fait nuit. L’atmosphère est de plus en plus lourde, de plus en plus explosive. Nous sommes bien loin, très loin de cette ambiance de paix et d’amour que voudrait voir planer Mick Jagger (nous sommes le 6 décembre 1969, à quelques jours des fêtes de fin d’année). Les Stones jouent apparemment sans conviction, le cœur n’y est plus, la peur est sous-jacente. Sympathy for the devil ! On se bat devant le podium. Les stones arrêtent de jouer une première fois ! Mick réclame le calme en essayant quelques mots de plaisanterie « nous avons toujours des ennuis avec le diable ! ». les morceaux se succèdent mais Mick le showman, le violent, le rocker est immobile. Il ne saute pas comme il le fait à chaque concert. Les Stones sont nerveux, les Stones ne maîtrisent pas ! Rien ne va plus, ils ne sont plus maître du spectacle. Que faire ? Arrêter de jouer ou continuer le show ? Ils optent pour la continuation du concert. Ont-ils fait le bon choix, il fallait se décider vite. Interrompre le show c’eut peut-être, sûrement déclencher le détonateur qui aurait donné libre court à une gigantesque explosion de violence. Under my thumb. Ce qui va se dérouler est hallucinant. Le drame, ce Noir, vêtu d’un costume vert, qui revolver en main se précipite. Un Hell’s Angel le maîtrise, un autre a un poignard, il l’utilise, frappe. Un mort ! les Stones essaient vainement de ramener le calme. Ils sont crispés.

Ce groupe qui depuis ses débuts déclenche l’enthousiasme, voire l’hystérie des foules, est là, abasourdi. Les Stones sont stupéfaits, désemparés face à cette masse incontrôlable, indomptable. Ils sont pourtant rôdés aux publics houleux et à certains débordements. Les Stones, les Grands ont dû se sentir bien petits ce triste 6 décembre 1969. Le spectacle s’achève dans une atmosphère d’angoisse. Ce sont des Stones complètement affolés qui fuient cet endroit en s’engouffrant à qui mieux-mieux dans l’hélicoptère surchargé et les emmènent loin de ce cauchemar d’Atlamont, dont malheureusement il sera très souvent question dans les médias. *** l’hélicoptère personnel des Stones qui emporte le groupe après le concert semble quitter la terre où grouille une forme difforme, droguée, hurlant à la violence et à la mort, pour une planète lointaine où les dieux impuissants à aider le bonheur des mortels, pourront connaître l’indifférence en toute quiétude. Malheureusement, la planète lointaine n’est qu’une salle de montage où les dieux, solitaires et silencieux, revivent les évènements avec stupéfaction et dégoût. *** JACQUES PRAYER, EXTRA SEPTEMBRE 1971.
Les dernières images du film nous montrent un Mick Jagger visionnant le meurtre.

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Il mesure sans doute son impuissance, lui, le leader charismatique du groupe de rock le plus célèbre et le plus fascinant du monde depuis Elvis Presley. Ce film laisse une impression malsaine. Ces Hell’s Angels qui apparaissent sur leurs chevaux d’acier. Cette poignée de brutes saoules qui sèment la terreur envers des milliers depersonnes, venues se distraire. Cela amène à nous poser des questions qui dépassent largement le cadre d’un simple concert des Rolling Stones. Qu’est le fascisme, et où commence-t-il ? La principale cause du succès de l’aboutissement de ce fascisme naissant n’est-elle pas la passivité des individus ? *** Les protagonistes de Gimme Shelter ne sont pas, contrairement aux apparences, les Rolling Stones, mais une foule apathique, exubérante, mais jamais dangereuse, se laissant imposer par une minorité d’Angels, une loi de haine et de violence.*** JACQUES PRAYER EXTRA SEPTEMBRE 1971.

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Gimme shelter, donne-moi un abri ! d’accord, mais il faut se battre pour le garder cet abri.

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