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mardi, 20 décembre 2011

1990, Steel Wheels, Vaclav Havel accueille les ROLLING STONES


Pragues... Pour achever cette mémorable tournée européenne 1990 ils acceptent pour la première fois de jouer en Tchécoslovaquie, à Prague.C’est un scoop du Progrès de début août qui nous l’apprend : « *** Le premier concert du groupe Rolling Stones en Tchécoslovaquie aura lieu le 18 août prochain dans un grand stade sportif à Prague devant quelque 100 000 spectateurs, selon le contrat signé hier à Vienne. Le Président Havel assistera au concert a indiqué aux journalistes le musicien Ladislav Kantor, chef du secrétariat du Président havel. Le légendaire groupe de rock présentera dans la capitale tchèque son programme « Rolling Stones Urban Jungle Europe 1990 ».*** LE PROGRES, 11 août 1990.

L’événement historique sera grandement rapporté par plusieurs grands quotidiens français, comme le Journal du dimanche qui remarque : « A Prague, Jagger tire la langue à Staline ».*** « Les tanks sont partis, les Rolling Stones arrivent. ». C’est au son de ce slogan scandé par 110 000 personnes que le groupe anglais a été accueilli, hier soir, pour un concert unique à Prague. Ultime étape de leur tournée mondiale démarrée voici tout juste un an.------Budapest et Varsovie avaient été préalablement choisies par les Stones pour y diffuser leur rock à l’Est. Jusqu’à ce que Vaclav Havel, ami de Lou Reed, de Zappa et de Paul Simon, demande personnellement au groupe de se produire dans sa ville. Le Président-écrivain recevait d’ailleurs Mick Jagger, quelques heures avant le concert.------ Dans la foulée (Mick Jagger) il a même fait placer en ville un logo géant des Stones-La fameuse langue tirée- sur le socle de la statue de Staline.*** CARLOS GOMES, JOURNAL DU DIMANCHE, 19 AOUT 1990.

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Nice matin du 19 annonce « Les Rolling Stones à Prague » *** C’est le Président Havel qui a décidé Mick jagger ». « C’est une grande occasion pour nous de jouer devant des gens qui ne pouvaient pas nous écouter dans le passé », a déclaré le guitariste Keith Richard avant que les Rolling Stones allaient donner hier soir au stade Spartakiadni dans le cadre de leur tournée « Urban Jungle ».*** NICE MATIN, 19 AOUT 1990.
Lyon matin se fit aussi écho de cette date mémorable : « Les Rolling Stones à Prague, 110 000 fans, Vaclav Havel a assisté au concert » *** très populaire en Tchécoslovaquie depuis les années 60, mais sous surveillance après l’écrasement du « printemps de Prague », le rock a triomphé samedi au stade Strahov à Prague avec un concert nostalgie des Rolling Stones qui a rassemblé 110 000 fans enthousiasmes. *** LYON MATIN, 20 AOUT 1990. Et le Progrès, pour ne pas être en reste : « POUR LA PREMIERE FOIS EN TCHECOSLOVAQUIE. Les Rolling Stones en concert à Prague. ».

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dimanche, 27 novembre 2011

1969, 6 décembre, le cauchemar d'Atlamont

Gimme shelter ; donne-moi un abri.

Il y a eu le festival de Woodstock, 3 jours de musique d’amour et de paix. Ou du moins, peut-être ce que l’on a bien voulu nous montrer. ***Woodstock s’inscrivait dans la lignée du désert vivant et le monde du silence, en plus le sujet était à la mode. n’ayez plus l’air d’un con, allez voir Woodstock, vous pourrez causer avec votre voisin de palier.*** SACHA REINS BEST N°32..

Il y a eu Atlamont !!!! Les Rolling Stones effectuent une tournée aux Etats Unis, la 6ème. Gimme Shelter (film sorti en cassette vidéo) montre les principales étapes de cette épopée. Et surtout relate cet incroyable festival d’Atlamont en Californie.

Jumping jack flash. Nous sommes au Madison square garden de New York. Mick Jagger, coiffé d’un haut de forme aux couleurs américaines, un foulard de soie rose autour du cou. La salle est archi-comble. Tout se passe à merveille ; I can’t get no Satisfaction. Il y a Satisfaction, toujours Satisfaction.

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Gimme shelter montre les 5 compères dans les hôtels, prenant possession de leurs chambres avec beaucoup d’agitation. Ils répondent aux questions des journalistes d’une façon désinvolte lors des conférences de presse. A la question êtes-vous satisfaits de votre carrière, Mick Jagger répond « du point de vue sexuel ou philosophique ? Un des grands moments de ce documentaire, c’est la séance d’enregistrement de Sticky fingers. Les Stones écoutent la bande. Les images nous montrent des musiciens amoureux de leur musique. Scène fantastique quand Keith Richard, allongé, les yeux mi-clos mime Wild Horses que chante Jagger. Il y a aussi le passage, sans doute le plus beau, où la poésie des Stones est savamment exploitée. Mick Jagger chante Love in vain, les images défilent au ralenti, découpant les gestes du chanteur que l’on voit en superpositions de face, de profil. La musique traîne, douce, merveilleuse.


Puis ce sont les préparatifs de ce concert gratuit qui devait avoir lieu à San Francisco et qui se voulait un nouveau Woodstock. On change plusieurs fois de cites (les autorités de la ville ayant refusé la permission de jouer dans le parc attenant au Golden gate bridge). Les avocats et autres hommes d’affaires des Rolling Stones s’affairent. Il y a les problèmes administratifs qui paraissent insurmontables (assurances, parkings, sanitaires, etc…), ça va très mal. Enfin l’autodrome d’Atlamont est choisi. Le propriétaire offre gratuitement le circuit de vitesse, à la seule condition de bénéficier de la publicité. Le podium est monté à la hâte. Les jeunes américains (the boys comme dit l’avocat à l’énorme cigare) sont déjà en route pour ce concert gratuit. Ce concert qui est un remerciement des Stones pour l’accueil triomphal qui leur a été réservé durant cette tournée. Des files de voitures s’étalent sur plusieurs kilomètres. Une foule immense qui marche pour se rendre là-bas. Les vendeurs d’herbes.
Le service d’ordre est assuré par les redoutables Hell’s Angels californiens ! Ces hirsutes barbus motorisés qui rappellent les sinistres nazis qu’ontconnu nos Parents. Ces individus qui ont pour dieu un monstre d’acier avec un moteur sans âme, et pour religion la violence sauvage et gratuite. Dès le début du concert on se sent mal à l’aise (pourtant, nous ne sommes que dans une salle de cinéma !),les Hell’s Angels se croient obligés,en pire que leurs homonymes policiers d’état, à faire respecter l’ordre ! Ils frappent notamment le chanteur de Jefferson Airplane qui assurait une première partie de ce show. Ils occupent constamment la scène arrogants, plein de suffisance, daignant de temps à autres, laisser un peu de place pour que les musiciens puissent jouer ? Les Hell’s Angels armés de queues de billard frappent systématiquement, avec rage, tous ceux, qui à leur goût, s’approchent un eu trop près du podium.

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Les Stones sont enfin sur scène. Il fait nuit. L’atmosphère est de plus en plus lourde, de plus en plus explosive. Nous sommes bien loin, très loin de cette ambiance de paix et d’amour que voudrait voir planer Mick Jagger (nous sommes le 6 décembre 1969, à quelques jours des fêtes de fin d’année). Les Stones jouent apparemment sans conviction, le cœur n’y est plus, la peur est sous-jacente. Sympathy for the devil ! On se bat devant le podium. Les stones arrêtent de jouer une première fois ! Mick réclame le calme en essayant quelques mots de plaisanterie « nous avons toujours des ennuis avec le diable ! ». les morceaux se succèdent mais Mick le showman, le violent, le rocker est immobile. Il ne saute pas comme il le fait à chaque concert. Les Stones sont nerveux, les Stones ne maîtrisent pas ! Rien ne va plus, ils ne sont plus maître du spectacle. Que faire ? Arrêter de jouer ou continuer le show ? Ils optent pour la continuation du concert. Ont-ils fait le bon choix, il fallait se décider vite. Interrompre le show c’eut peut-être, sûrement déclencher le détonateur qui aurait donné libre court à une gigantesque explosion de violence. Under my thumb. Ce qui va se dérouler est hallucinant. Le drame, ce Noir, vêtu d’un costume vert, qui revolver en main se précipite. Un Hell’s Angel le maîtrise, un autre a un poignard, il l’utilise, frappe. Un mort ! les Stones essaient vainement de ramener le calme. Ils sont crispés.

Ce groupe qui depuis ses débuts déclenche l’enthousiasme, voire l’hystérie des foules, est là, abasourdi. Les Stones sont stupéfaits, désemparés face à cette masse incontrôlable, indomptable. Ils sont pourtant rôdés aux publics houleux et à certains débordements. Les Stones, les Grands ont dû se sentir bien petits ce triste 6 décembre 1969. Le spectacle s’achève dans une atmosphère d’angoisse. Ce sont des Stones complètement affolés qui fuient cet endroit en s’engouffrant à qui mieux-mieux dans l’hélicoptère surchargé et les emmènent loin de ce cauchemar d’Atlamont, dont malheureusement il sera très souvent question dans les médias. *** l’hélicoptère personnel des Stones qui emporte le groupe après le concert semble quitter la terre où grouille une forme difforme, droguée, hurlant à la violence et à la mort, pour une planète lointaine où les dieux impuissants à aider le bonheur des mortels, pourront connaître l’indifférence en toute quiétude. Malheureusement, la planète lointaine n’est qu’une salle de montage où les dieux, solitaires et silencieux, revivent les évènements avec stupéfaction et dégoût. *** JACQUES PRAYER, EXTRA SEPTEMBRE 1971.
Les dernières images du film nous montrent un Mick Jagger visionnant le meurtre.

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Il mesure sans doute son impuissance, lui, le leader charismatique du groupe de rock le plus célèbre et le plus fascinant du monde depuis Elvis Presley. Ce film laisse une impression malsaine. Ces Hell’s Angels qui apparaissent sur leurs chevaux d’acier. Cette poignée de brutes saoules qui sèment la terreur envers des milliers depersonnes, venues se distraire. Cela amène à nous poser des questions qui dépassent largement le cadre d’un simple concert des Rolling Stones. Qu’est le fascisme, et où commence-t-il ? La principale cause du succès de l’aboutissement de ce fascisme naissant n’est-elle pas la passivité des individus ? *** Les protagonistes de Gimme Shelter ne sont pas, contrairement aux apparences, les Rolling Stones, mais une foule apathique, exubérante, mais jamais dangereuse, se laissant imposer par une minorité d’Angels, une loi de haine et de violence.*** JACQUES PRAYER EXTRA SEPTEMBRE 1971.

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Gimme shelter, donne-moi un abri ! d’accord, mais il faut se battre pour le garder cet abri.

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